la morale des sages
Le hasard du
calendrier a voulu que j’assiste hier à deux conférences à la fois réconfortantes
et profondément déprimantes, de celles qui me redonnent confiance en l’Amérique
que j’aime et me désespèrent de celle qui est au pouvoir.
Je suis d’abord
allée écouter l’ancien président Jimmy Carter appeler à la modération sur la
nouvelle donne entre Israël et la Palestine. Il a d’abord remis un peu d’ordre
dans un concert confus d’informations : 1. Abou Mazen est toujours le président
de l’Autorité palestinienne. 2. Il a le soutien de 70% de son peuple. 3. Le
Hamas, malgré sa victoire électorale, le considère comme son négociateur en
affaires étrangères. Carter a aussi invité Israël à remettre aux Palestiniens
les droits de douane qui leur appartiennent et rappelé que le cessez-le-feu du
Hamas tient depuis 18 mois, une preuve que le contrôle des militants de base
par la centrale est réel. Bref, une voix apaisante et constructive dans le
brouhaha qui veut nous faire croire aux scénarios catastrophes pour la région.
Personnellement, je suis de ceux qui pensent que la victoire du Hamas pourrait
de fait accélérer les négociations, car la paix ne se signe qu’entre ennemis,
surtout quand ils sont de part et d’autre des faucons.
livre écrit à quatre mains: « The Big Empty ». Norman Mailer a livré
une critique sans appel de la société américaine qu’il observe depuis plus de
60 ans. Et de mettre dos à dos les multinationales et l’administration Bush,
« interchangeables ». Concert d’applaudissements dans l’audience
composée de « libéraux », comprenez ces progressistes de gauche en
voie de disparition. « Les deux excellent à leurs tâches, et les deux sont
sans morale », a dit le vieux sage. Sur l’Irak, il est inflexible. Le
régime irakien était certes cruel, reste une évidence.
« La démocratie ne peut pas s’injecter dans un pays malade, un pays doit
conquérir la démocratie par lui-même ». Il a fini en mouchant les démocrates,
qui ne font que « voler aux républicains, alors que nous avons besoin
d’une nouvelle forme de démocratie ».
I first went to listen former prez Jimmy Carter, calling for
moderation when it comes to Palestine and Israel. He started by remembering a few points lost by many analysts. 1. Abu Mazen is still president of the PLO. 2. 70% of his people support him. 3. Hamas has made clear they want him to negotiate on their behalf. Carter then urged Israel to
release the money that belong to the Palestinian and pointed that Hamas
self declared cease-fire has lasted for 18 months, showing they have their base
clearly under control. I found that speech refreshing and
constructive, since I believe that peace can be signed only between enemies,
especially those who like to see themselves as hawks. I then went to listen to Normal Mailer and his son John Buffalo
talking about their book “The Big Empty”. Sharp as always, Mailer pinned down
two equally dangerous and “interchangeable” bodies in American structure: the
corporations and the administration. “Both
are very good at what they do and they are without moral”. Sounding very
pessimistic about the future, he lambasted democrats for “stealing republicans,
when we need a new brand of democracy” and predicted that it would take two to
three decades for the democrats to get rid of the corporate influence. On Iraq, he repeated
his belief. Iraq
was certainly one of the worst countries around but fact is “democracy cannot
be injected in a sick country; a country has to arrive at democracy by itself". Great speeches, emphasizing real humanistic values, but
despite that I felt blue when I got home. I had spent the day listening to a
wise president who nobody cares to take advice from and a fantastic writer
labeled a “leftist” by mainstream America



Intéressant papier, mais en effet déprimant ! Les Vieux n'ont jamais fait recettes mais je pense tout de même que la victoire du Hamas peut faire changer les choses. Les Arabes finiront par admettre que les Palestiniens veulent vivre et bosser normalement et que même le Hamas aspire à cet état de choses. Viendra un moment où les gens du Hamas diront merde à Téhéran et à Damas.
Posted by: mimi | March 03, 2006 at 10:31 PM
Sacré optimisme Mimi.
Posted by: mad | March 04, 2006 at 02:14 AM
MariaPia, ton copain Norman a reçu la Legion d'Honneur francaise, si ca peut te consoler...
US writer Norman Mailer, 83, was decorated with France's highest award, the Legion of Honor, on Friday, and recalled his ties to France and love for its tongue, which he "never could master."
Posted by: mimi | March 04, 2006 at 01:33 PM
From Aljezeera site: "Hamas has rejected al-Qaida criticism for taking part in the Palestinian elections, saying the movement had contested the polls on the basis of "Islam as the solution". The comment was made by Mahmoud al-Zahar, the leader of the Hamas bloc in the Palestinian Legislative Council (PLC) on Sunday.
Al-Zahar was responding to the criticism by Ayman al-Zawahiri, al-Qaida's second-in-command, who blasted Hamas for taking part in the elections alongside those he called "seculars"."
So ? Always too optimistic mad ? je suis certain que le Hamas va vouloir voler de ses propres ailes maintenant qu il est au pouvoir et il ne peut le rester qu en prenant ses distances avec les extremistes. Dire merde a Al Queda est un immense premier pas. Je crois qu une fois de plus la presse occidentale ne fait pas son boulot et refuse de voir les elements determinants dans la strategie du Hamas. Je peux me tromper bien sur mais je crois qu il ne faut pas s interdire de voir les choses sous un angle tout nouveau.
Posted by: mimi | March 06, 2006 at 10:47 PM