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April 2006

Happy Birthday

Img_1129_stdIl sera entièrement plongé dans le noir ce soir, pour donner une idée d'à quoi ressemblait le ciel New Yorkais avant sa construction. Dès demain et pour une semaine, il sera éclairé de blanc comme aux premiers jours immédiatement après la fin des travaux. L'Empire State Building fêtera le 1er mai officiellement son 75e anniversaire. Plus haut building de New York en 1931, il a repris ce titre depuis le 11 septembre. Pour les curieux, l'historique du bâtiment est ici, moi j'aime surtout m'amuser à deviner, à chaque fois que je le regarde de nuit, ce que symbolisent les couleurs de son éclairage. Le quiz est plus ardu qu'il n'y paraît. Tenez, l'Empire est tout en rouge aussi bien pour la St-Valentin, la journée nationale du diabète que le jour de Gala des pompiers....Pas chauvin, l'Empire se pare de noir, rouge et jaune pour la réunification allemande, ou de vert, blanc et vert encore pour le jour de l'indépendance du Pakistan. La France n'est pas en reste avec son bleu, blanc, rouge le 14 juillet qu'on a baptisé ici Bastille Day. Enfin, l'Or célèbre la semaine des Oscars et histoire d'honorer un vrai New Yorkais, le rose, rose, jaune arboré la semaine dernière était un hommage à De Niro et son Tribeca Film Festival. (détails des couleurs).

The Empire State Building will go black tonight to remind New Yorkers what the skyline looked like in New York before the completion of the tallest building in town, a title sadly regained since 9/11. From tomorrow on and for a week, the building will be lighted in white the way it was during its early days to celebrate its 75th birthday. New Yorkers are familiar with the constant changing of colors at its top, but i bet few know exactly what all these colors stand for. Do you know for instance what the pink, pink, yellow stood for last week? (please, do not go here for the answer).

New Orleans Spirit

Img_1198_2A peine arrivée, une amie me glisse:"Il y a longtemps que je n'étais plus allée à une exposition à la fois aussi puissante et aussi peu prétentieuse à New York". Etait-ce l'endroit? Un loft sur Hudson Street comme on n' en trouve plus à Manhattan?. Ou l'esprit de la Nouvelle Orléans soufflé sur New York par ces 14 artistes évacués après Katrina et qui ont trouvé un refuge temporaire à New York grâce au Lower Manhattan Cultural Council qui leur a généreusement mis à disposition un espace pour travailler? C'était pour la plupart leur premières retrouvailles avec un public depuis l'ouragan. Plusieurs ne savent toujours pas de quoi leur futur sera fait. Christopher Saucedo fait la navette entre la côte où il donne des cours de sculpture à l'Université de la Nouvelle Orléans et New York où sa famille vit en attendant la reconstruction de leur maison submergée par près de trois mètres d'eau. Stephane Collier vit étrangement son statut de visionnaire. Six mois avant Katrina il avait peint sur les murs de sa galerie à la Nouvelle Orléans une épaisse ligne brune horizontale symbolisant la hauteur qu'atteindraient les eaux si un ouragan frappait sa ville. Sa ligne a envahi tous les murs de la Nouvelle Orléans depuis. Elizabeth Bick a couvert une paroi de portraits d'évacués. Elle a donné à son mur l'aspect moisi et décrépit des maisons inondées. Même l'odeur dans son studio est intenable, mais le regard de ses portraits ne vous lâche pas. Mon ami Bernard, dont je vous ai parlé ici, aussi était là. C'est la première fois que j'entendais sa trompette.

BernardThe usual hipster New York crowd was nowhere to be seen on Friday night for the last Lower Manhattan Cultural Council "open studios" event and it was not missed. Fourteen artists, all from New Orleans, all granted a temporary relief in New York by the LMCC, were showing their current work in one of those last beautiful Manhattan lofts on Hudson Street. Christopher Saucedo is still traveling between New Orleans where he teaches sculpture at NOU and New York, where his family is staying until their totally destroyed house will be rebuilt. Stephen Collier made quite an impression. Last spring he draw a dark thick brown line in his New Orleans gallery to remind people where the water would stand should a Hurricane hit his town. His line was on every New Orleans walls after Katrina. Elizabeth Bick displayed portraits of Katrina evacuees on a muddy, sticky wall who looks exactly like the interior walls of many New Orleans soaked houses. Even the smell, probably from the material used by Bick, was intolerable. My friend Bernard, whom i already told you about, was also playing that night.

only in New York

Grâce à mon ami Eugène, j'ai découvert aujourd'hui le blog "overheardinNewYork", un concentré de dialogues ahurissants entendus à New York. Un régal!!!

Ecouter_1Un exemple?
une touriste: est-ce que ce métro va au 11 septembre (elle dit nine eleven)?
un homme: pardon?
la touriste: je voudrais voir nine eleven
l'homme: vous voulez dire le World Trade Center?
la touriste: non nine eleven
une autre touriste: oh non, il vous faut prendre le métro E! J'ai eu ce problème hier. Les New Yorkais sont tellement peu cordiaux.

Silence de plomb jusqu'à la 42e Rue.

Entendu dans le métro C, à la hauteur de la 50e Rue.

Allez un autre:
la fille: je cherche une pièce de théâtre pour l'école
le libraire: vous connaissez le titre?
la fille: Antigène
le libraire: vous voulez dire Antigone
la fille: c'est quoi la différence?
le libraire: la première est une pièce sur une fille et son frère mort, l'autre est une pièce qui n'a pas encore été écrite sur les hydrates de carbone et les protéines.
la fille: l'histoire du mort alors.

entendu à la libraire Barnes and Noble sur Court Street

Thanks to my friend Eugène, i discovered today "overheardinNewYork". A must.

the doctor's office

S03460u_1Tant qu'à être malade, autant rester dans le sujet. Je lis cette nouvelle étude du Commonwealth Fund à New York parue aujourd'hui disant que 41% des Américains gagnant entre 20 000 et 40 000$ par année ont été à un moment donné sans assurance maladie en 2005. Ils n'étaient que 28% en 2001. Le pourcentage passe même à 53% pour les revenus annuels inférieurs à 20 000$. C'est en général sur ce genre d'indicateurs que je jauge la santé économique réelle d'un pays, vous me direz que je ne suis pas économiste à Wall Street. Ce qui me ramène à ces scènes toujours étonnantes vécues ou observées dans les cabinets médicaux américains.

Quant je suis allée voir pour la première fois, l'an dernier, le Docteur A., son assistante m'annonce d'emblée le montant à payer "upfront": 250$. Cela m'étonne, en Europe le prix des visites varie en fonction des actes médicaux posés. On m'explique qu'il s'agit là de la première visite pour établir le dossier, dresser mon bilan médical, etc...et que je payerai moins par la suite. Comme j'ai une assurance, je ne m'inquiète guère. Arrivée sur place, je remplis les nombreux formulaires d'usage avant de passer à la caisse - upfront n'est-ce pas, donc avant d'avoir vu le médecin. Quand je sors ma carte de crédit, l'assistante me lance assez sèchement: "le médecin n'accepte que du cash."

Mes nerfs lâchent. Je pars dans une tirade sous les yeux mi-amusés, mi-ébahis des autres patients de la salle d'attente-aire-de-réception. L'assistante s'esquive vers le bureau du docteur, revient gênée, et me dit, tout bas pour que personne n'entende, que pour cette fois ça ira, on accepte ma carte, mais à l'avenir....

Hier, avant de prendre rendez-vous, j'ai le docteur A. au téléphone, qui me dit après avoir décidé de me revoir: "bon 100 $, ça ira?. Je suis aussi pantoise que la fois précédente. On me demande d'abord du cash, c'est ensuite le médecin qui négocie son tarif, on aurait dit qu'il s'attendait presque à ce que je tergiverse: "heu, 80 ça le ferait pas, non?".

Evidemment, ces marchandages de poissonniers ne sont que le triste corollaire d'un système de santé défaillant. On en vient à comprendre les médecins qui vous demandent de sortir le cash avant même de mentionner ce qui vous amène. Trop de chèques en bois, de patients non assurés qui finissent par admettre une fois auscultés que, "ben, pour cette fois, non, ils n'ont pas de quoi payer". Le serpent qui se mord la queue.

A part ça, mon médecin est un type bien. Il me file à chaque fois les médocs gratuitement, j'ai beau lui dire que j'ai une assurance, et hier, je suis même partie sans payer....En bonne Suissesse d'éducation que je suis, ai rappelé aujourd'hui pour le leur dire. "Vous payerez la prochaine fois". J'ai dû les rassurer avec mon histoire d'assurance.

John_mcpherson_stethoscope_storage_1I just read today that 41% of Americans earning between 20 000 and 40 000 $ annually were without health insurance in 2005 for at least one part of the year, an increase of 28% from 2001, according to a study by the Commonwealth Fund in New York. Talk about economic growth.

Hearing about health insurance in America always brings me back to these surrealist scenes (surrealist for a European obviously) i witness or go through at doctor's offices. The first time i went to see Doctor A., i was asked to pay upfront. Well, i knew the rule, having been here for 12 years, even if i find it preposterous, since the doctor doesn't really know at that point what brings me in. Anyhow, being insured, i didn't care too much.

When i arrived, i took my credit card out after filling the dozen or so prerequisite papers, only to hear a very loud: "the doctor takes only cash". Well, i lost my temper, in front of all the other patients in the reception-waiting-room area, lost it so bad, that the nurse rush to the doctor's office. When she finally came back, she told me, the credit card was OK but in the future....

Yesterday, i had the same doctor's on the phone, who said he wanted to see me again and quickly added: "it's going to be 100$, is that OK for you?". I couldn't believe my ears. The doctor negotiating its prices on the phone with a patient? But then of course, you can only understand, in a country where almost a third of the people can't rely on health insurance, money IS the issue, both for patients and obviously for doctors, who often time keep seeing patients without warranty of being ultimately paid.

By the way, my doctor is great. He always gives me, and other patients, free drugs, and yesterday i even left without paying a penny. In order to keep my reputation untarnished, i called today to mention i didn't pay, to which i was told. "Don't worry, you'll pay next time around". Apparently, knowing i am insured is re-assuring.....

climate change

Pc_maladeLe réchauffement climatique a réveillé des milliers de petites bêtes microscopiques qui ne demandaient que ça. New York n'a pas été épargnée, ce blog non plus. Promis, dès que le virus aura été terrassé, je reprendrai un rythme de publication plus soutenu.

Well, despite all my attempts, i couldn't avoid the virus' attacks that stroke New York. Is it climate change? pollution? Fact is i have been unabled to honor a sustained publication on this blog. Promise, i will resume posting as soon as i find the right anti-virus.

United 93, revisited

Vous avez sans doute déjà entendu parler du film United 93  qui retrace la rébellion des passagers du 4e avion du 11 septembre, celui qui s'est finalement écrasé dans un champ de Pennsylvanie. Vous avez probablement surtout entendu parler de la bande annonce du film qui a fâché les New Yorkais. Trop cruelle pour certains spectateurs dont les blessures du 11 septembre sont encore vives. Qu'à cela ne tienne, Paul Greengrass, le réalisateur, en a concocté une seconde (voir plus bas), estampillée du sceau "agrée par les familles des victimes du vol", malgré les premiers commentaires d'Universal Pictures se refusant à la retirer.

C'est celle que j'ai vue aujourd'hui dans une salle new yorkaise, même si le site officiel du film, lui, a conservé la première version plus "musclée". Le trailer a été accueilli par un silence glacial. Pas un mot, pas un soupir. Visiblement tout aussi remué par les premères critiques de presse l'accusant de propagande à cause du carton final qui disait "la guerre américaine contre le terrorisme a commencé", Greengrass l'a substitué par un plus neutre et plus sensible "Ce film est dédié à la mémoire de tous ceux qui ont perdu leur vie le 11 septembre 2001". La première aura lieu demain au Tribecal Film Festival de New York et sa sortie en salle est prévu dès la fin de la semaine.

By now, you have probably heard about the controversy surrounding the trailer of United 93, the film that recounts the rebellion of the passengers of the plane that crashed in Pennsylvania on September the 11th. Moviegoers complained to be forced to see that trailer without warnings. Other said it was way to early for such a film to come out.  Not so, thinks the director Paul Greengrass,  who despite first comments by Universal Pictures saying they were not going to change the trailer, did finally shoot a second one showing relatives of the victims of Flight United 93 giving him their blessing for the movie. I saw it today in New York, at the Loews Theater on 3rd Avenue. It was met with a resounding silence by the audience. 

Obviously also shaken by critics accusing him of propaganda because of an ending title card which read "America's war on terror had begun", Greengrass changed that too with a more compassionate and politically correct one: "Dedicated to the memory of all those who lost their life on September the 11th". United 93 will premiere Tuesday at the Tribeca Film Festival and will be released nationally by the end of the week.

cado

Il a troqué ses belles dreads pour un drôle de look iroquois, mais il n'a rien perdu de sa verve. Saul Williams lisait, slammait, rappait aujourd'hui des extraits de son dernier livre "The Dead EMCEE scrolls" à la librairie Hue-Man à Harlem.

NGH WHT? poème phare, poème clef qui fera sûrement froncer des sourcils. Comme YVH, mais aussi comme Nigger. Silences gênés et rires se télescopent dans l'audience. Le débat ne s'est jamais arrêté. "I am the timeless Nigger", avait déjà scandé Saul en début de lecture.

Il a ensuite parlé de lui, de son enfance dans une ville pourrie d'upstate New York, où la plupart de ses potes ont fini en taule ou sacrifiés sur l'autel du crack dans ces terribles années 80. Il évoque son père, révérend baptiste, à qui il doit, dit-il, de n'avoir pas sombré. "Les potes passaient les joints au dessus de ma tête, ils me protégeaient parce que mon père avait officié aux funérailles de tous leurs proches". Il rappelle encore son dû aux mentors,  Paul Robeson, Jimi Hendrix et Public Enemy, entre autres. 

On se souvient bien sûr de Slam, le film. Un rôle en or qui l'avait alors mis sur orbite, comme poète, lui qui pensait devenir acteur. Il a alors repris l'écriture, loin des planches. "Je n'avais pas franchement envie de jouer des rôles de flic, je suis devenu un acteur sans travail". Tant mieux, le chômage profite si bien à sa plume.


 

l'info? c'est quoi?

BondyblogDepuis la naissance des premiers blogs, on a beaucoup glosé (ici, ou pour ne prendre que quelques exemples) sur l'apport des blogs au journalisme, allant parfois jusqu'à opposer l'activité des blogueurs à celle des journalistes. Des études ont été publiées, des statistiques pondues. Certains ont poussé le concept jusqu'au Blognalisme (que ce terme est laid!). On y a constaté que de nombreux blogs ne sont souvent que des chambres d'échos de news parues ailleurs, souvent du reste dans cette presse qu'il est de bon ton de critiquer. 

Personnellement, et tant que journaliste blogueuse depuis peu, je ne vois guère l'utilité du débat d'autant que l'on a par trop brouillé les pistes. Les blogs ont souvent permis d'amplifier une news et de la rendre de fait "présente", mais ils sont souvent aussi le lieu de la dissémination de rumeurs sans aucune vérification. Mes amis Laurent et Guillemette se sont amusés le 1er avril à diffuser une fausse info immédiatement reprise par deux blogs derrière eux (voir les commentaires de la note de libé).

Quand le blog n'est au fond qu'un support supplémentaire (à la portée de chacun et c'est révolutionnaire) permettant la transmission d'une information, d'une pensée, etc... En revanche, le journalisme lui continue à devoir répondre à des critères stricts de déontologie, comme la vérification des faits, l'enquête sur le terrain, la variété des sources etc. Ce qui n'empêche nullement un citoyen de devenir un bon....journaliste-citoyen s'il applique les règles de base de la profession.

Les blogs de journalistes, le mien dans la masse, sont aussi variés que nombreux. Difficile souvent de ne pas se faire le simple échotier d'une information parue ailleurs, de n'être qu'un commentateur de plus sur une info que l'on est pas allé chercher soi-même et parfois, c'est vrai tout de même, d'être à l'origine d'une info, aussi ténue soit elle. Ces activités en soi ont  leur mérite respectif, mais ne relèvent pas toutes du journalisme.

Reste que la forme du blog permet des expériences journalistiques originales. Je pense par exemple à celle de l'Hebdo (oui, oui, je collabore depuis plusieurs années et de manière plus ou moins régulière à ce magazine suisse) qui a installé ses journalistes pendant trois mois dans la banlieue de Bondy pour y décrypter son quotidien via "Le BondyBlog".

L'expérience est une belle réussite et prouve que les blogs peuvent réellement amener un plus à l'info. D'autant qu'après trois mois sur le terrain, l'Hebdo a remis les clefs du blog à une équipe de jeunes gens de Bondy, préalablement formés au b.a ba du journalisme à la rédaction de Lausanne, qui continuent, jour après jour, à nous raconter la vie de leur cité. Signe de ce succès, le livre Bondy Blog est sorti il y a une petite semaine.

Well, yes another French story, this time about blogs and journalism. The two concepts have often time been opposed when i think the debate is way too often biased. A blog is just another tool to yes, write diaries, comment on news (which is not journalism yet), publish novels, disseminate information, found most of the time elsewhere (often in the mainstream media). Blogs have some time been accused of being just an echo chamber for news published elsewhere. We could argue for hours.

Bondbloggde_1But i raised the topic to mention an interesting journalistic experience from the Swiss magazine l'Hebdo, (yes, i do write in it once and a while). During the riots in France, in November, they send a team of journalists for three months, to report, day after day, via the BondyBlog, on life in a French suburb with a tough reputation. It was a full success for this small team of journalists, even mentioned in the New York Times. After the three initial months, they gave the blog over to the young people they were reporting on. L'Hebdo trained them to the basics of journalism. A book is now out, for those who read French.

pâques à New York

Cendrsparmodig72_6C'est la première fois en douze ans à New York que j'ai pensé à Blaise Cendrars, ces jours derniers. Comme une urgence, il a fallu que je trouve les Pâques à New York, un poème que j'avais lu et relu cent fois, adolescente et jeune adulte, mais ma vieille édition n'a jamais franchi l'Atlantique. Chasse fructueuse même si un peu décevante, puisque que je n'ai trouvé qu'une édition américaine des poèmes, avec l'original français en fin de recueil, mais si mal mis en page. Alors, je l'ai relu assise sur un tabouret de la librairie, en ai recopié ces passages sur mon agenda:

 

Seigneur, l'aube a glissé froide comme un suaire
Et à mis tout à nu les gratte-ciel dans les airs

Déjà un bruit immense retentit sur la ville
Déjà les trains bondissent, grondent et défilent

Les métropolitains roulent et tonnent sous terre
Les ponts sont secoués par les chemins de fer.

La cité tremble. Des cris, du feu et des fumées.
Des sirènes à vapeur rauquent comme des huées

Une foule enfiévrée par les sueurs de l'or
se bouscule et s'engouffre dans de longs corridors

Trouble, dans le fouillis empanaché des toits
le soleil, c'est votre face souillée par les crachats.

.... New York, avril 1912

Que n'a-t-on dit des Pâques, qu'elles ont été à l'origine de la poésie moderne, qu'elles sont LE premier poème moderne, inspirant follement Zones d'Appollinaire. J'ai toujours préféré Cendrars au maître. Toujours. Plus fou, plus sincère, plus brut d'une certaine manière, moins maniéré. Je me suis demandée ces jours ce qu'il écrirait aujourd'hui de New York.

portrait par Modigliani

a window on china

Gillesphotos_1Depuis le départ de Pierre Haski et la disparition soudaine et fort mystérieuse de Pas folle à Pékin qui nous avait vraiment dépaysés avec ses aventures texanes, le continent asiatique n'existait que trop peu dans mes ballades quotidiennes sur la blogosphère. L'oubli est réparé depuis l'installation de Gilles, un pote photographe, à Pékin. Gilles a franchi le grand pas après avoir passé dix ans à New York et il a ouvert  son blog il y a quelques jours. De belles photos, comme toujours, et des histoires déconcertantes, amusantes, toujours touchantes. A bientôt, Gilles!

Gilles writes in French, but i notheless recommend you go see his pictures of China here.

Photo de Gilles

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