dog's night
Dans le taxi qui me ramène chez moi, le chauffeur me demande quelle profession j'exerce.
Moi: "journaliste".
Lui: "permettez moi de vous dire une chose Madame, il y a deux métiers pourris sur cette terre, militaire et journaliste, parce qu'ils relaient le message des politiques, les premiers en faisant la guerre, les seconds en ne l'arrêtant pas".
J'essaie d'argumenter. Peine perdue. Sa position est ferme.
"Je me fous de ce que vous pensez, je ne vous reverrai de toute façon plus jamais de ma vie", assène-t-il avant de me déposer devant chez moi.
Pendant deux secondes, j'hésite à couper sur le pourboire. Je me ravise. Et lui souhaite une bonne nuit. Je me demande dans quelle catégorie il range la profession de politicien.
In the cab home tonight, the Pakistani cabdriver asks me what profession i do:
My answer: "journalist"
His reply: "well, there are two rotten professions, military and journalist, because they both carry politicians' messages, the first by going to war for them, the second by not stopping them".
I try to argue, but he doesn't even listen to me.
When he finally drops me home, i almost thought of cutting his tip. Then, i thought it over and just wished him goodnight. I am wondering in which category he puts politicians.




C'est très joli --même si assez violent. Et très Nouillorkais, non ? Dans la version anglophone il est paki : ceci expliquerait-il une part de cela ?
Mais je l'ai lu comme un hommage : voilà quel devrait être votre devoir ; et vous n'en avez rien fait : honte sur vous ; vous n'etes pas à la hauteur de votre mission ? J'ai bon ? Ou c'était juste méprisant ?
(peut être avait-il un PhD d'herméneutique dans son pays ?)
Posted by: yves duel | May 15, 2006 at 04:35 AM
T'as bien fait pour le pourboire, ça n'alimentera pas sa psychose :)
Posted by: sophie | May 15, 2006 at 06:46 AM
Yves, son phd il m'assuré l'avoir en sciences po, j'ai préféré ne pas en savoir plus. Le ton était tellement sec.
oui Sophie, couper le pourboire eut été un peu minable de ma part.
Posted by: MariaPia | May 15, 2006 at 07:44 AM
Bonsoir,
Politicien, ça ne doit plus seulement être le métier qui est pourri, mais l'être lui-même.
Rien à sauver dedans !
En ce moment, en France, certains nous offrent un spectacle lamentable, mais au moins, ils n'envoient pas des gens au casse-pipes pour montrer à papa !
Tiens, finalement, sont pas si mal !
Lol
Posted by: Marie-Hélène | May 15, 2006 at 05:38 PM
C'est drôle je pensais que l'animosité à l'encontre des journalistes était plutôt française. Peut-être que les Américains sont trop bien élevés ou politiquement corrects pour me dire ce qu'ils en pensent vraiment. Quoique je dise ils me répondent toujours "very interesting" avec un grand sourire. Il faudrait essayer par exemple "je suis croque-mort" -- pour voir.
Posted by: Clémentine | May 16, 2006 at 04:11 PM
Beh io ho anche alcuni parenti che sono dei politici e loro si lamentano della stessa cosa (e anche dei giornalisti)...
Posted by: Sogni | May 18, 2006 at 01:00 AM
Ton taxi driver nous rappelle une vérité immémoriale : le porteur de nouvelles est toujours maudit. Et ce au moins depuis la bataille de Marathon. Dès lors, il ne reste plus qu’à assumer - nous autres journalistes - notre rôle d’emmerdeur professionnel. But with attitude.
PS: je te décerne le mulot de diamant pour ton excellente chronique new yorkaise.
Posted by: fred | May 18, 2006 at 05:53 PM
Merci fred, tes diamants me consolent de la souris que je n'ai pas gagnée.
Posted by: MariaPia | May 18, 2006 at 08:24 PM
Je reviens sur la question d'Yves qui m'a aussi frappé: pourquoi noter qu'il était Pakistanais dans la version anglaise?
Merci,
A.
Posted by: Adrienhb | May 21, 2006 at 01:02 PM
Adrien, Yves, à vrai dire je ne sais trop pourquoi je mentionne sa nationalité dans la version anglaise et pas dans la française, il m'avait demandé ma nationalité et je lui ai demandé la sienne en retour.
Yves, il était plutôt méprisant et ne cherchait pas le dialogue.
Posted by: mariapia | May 22, 2006 at 05:41 AM
Such an interesting story! i'm in agreement with you, but it enough to see the scandal of soccer in Italy, to explain the suspicion towards the journalistic category, or not? it's true, the next time, you could ask what he thinks about the politicians...BYE! Simone
Posted by: ::. EXPLOSION99 .:: | May 28, 2006 at 08:45 AM
Il ne t'a pas dit ce qu'il pensait de la corporation des taxis ? Comme propagateurs de rumeurs et de mauvaises vibrations, ils font souvent mieux que les journalistes...
Posted by: Hugues | June 05, 2006 at 04:07 AM