le pouvoir du NY Times
Un journaliste du New York Times s'invite en ville et la Nouvelle Orléans toute entière se plie en quatre pour l'accueillir. Nicolai Ouroussoff, spécialiste en architecture, s'intéresse de près aux fameux "Projects", les 10 complexes de HLM que le Département fédéral du logement veut démolir et reconstruire tout en supprimant au passage plus du deux tiers des appartements subventionnés de la ville. (Un trend en vigueur depuis une dizaine d'années dans tout le pays. Katrina vient juste d'offrir une opportunité en or à l'administration Bush pour en raser une dizaine d'un coup à la Nouvelle Orléans).
Depuis deux semaines, l'agitation est à son comble. Un groupe d'activistes, d'avocats, de révérends et sans doute de quelques opportunistes, opposés à la démolition de ces bâtiments, remuent ciel et terre, multiplient les rencontres, épluchent leur Rolodex, pour ouvrir les portes au journaliste et le débriefer en profondeur sur le sujet. Ce soir, ils étaient une petite trentaine à s'être réunis pour un repas créole chez Lil Dizzy's. M. Ouroussoff a pris des notes, posé quelques questions, écouté très poliment, pris les numéros de tous les participants pour des follow up interviews. Demain, nous partons en goguette à plusieurs, pour une viste des HLM toujours vidés de leurs habitants depuis Katrina, quant bien même certains n'ont pas été inondés).
Comme le soulignait un activiste, un article dans le NY Times c'est une ordre direct de Wall Street à Perdido Street (ie, l'adresse de la Mairie de la NO). En bref, on espère que l'article de M. Ouroussoff lancera un débat national sur le véritable scandale de l'après-Katrina: les obstacles placés au retour des pauvres, noirs surtout, dans leur ville. Les premières études montrent que si trois blancs sur quatre sont revenus, seul 1 noir sur 4 a pu le faire, pour des raisons financières principalement.
M. Ouroussoff est en ville pour 24 heures, montre en main. Avant la visite avec les pro-HLM, il aura droit à une première virée dans certains logements sociaux, en compagnie de responsables du Département fédéral (qui ne se sont pas donnés cette peine pour la presse locale). On s'imagine bien que ceux-ci lui montreront les appartements les plus abîmés par l'ouragan. Et tout le monde d'attendre le verdict. Quelle version des faits soutiendra M. Ouroussoff dans trois semaines, quand l'article sortira? L'avenir de milliers de personnes en dépend. Ou du moins, le croyait-on ferme ce soir chez Lil.
A New York Times reporter is in town and New Orleans goes into a frenzy activism. People silent so far on the issue of Public Housing are suddenly stepping to the plate, to make sure the journalist, Mr Ouroussoff, architecture's critic, get the story straight and understands that thousands of people, mostly poor, mostly black, have been denied the right to return to their home by HUD, the Housing and Urban Department. (the first studies show that 3 whites out of 4 have been able to return, but only 1 black out of 4, mainly for financial reasons).
For the past two weeks, activists, local small businesses, reverends, have spent hours to ensure Mr Ouroussoff access and got the proper information on the issue. Tonight, 30 of them, had dinner with him at Lil Dizzy's, a well known creole diner. I am not sure yet of the real intentions of all the participants. But their message tonight was clear. "Do not demolish public housing and bring the people back, it's their right".
Tomorrow morning, some of them will tour the different sites with Mr. Ouroussoff. A couple of hours before, he will visit some of these same complexes with HUD officials (who haven't done such a favor to the local journalists). Everybody will then hold his breath until the article is published, in about three weeks. Which side will Mr. Ouroussoff be on?




se ho ben capito, se dovessero demolire quegli edifici ci sarebbero persone povere che non saprebbero come fare, dove andare? sarebbe terribile.
Ma quanto può il reporter?
un saluto
fabio
O.T. se non ho capito bene la storia è perchè il mio inglese e il mio francese sono decisamente scarsi.
un saluto
fabio
Posted by: serafico | October 28, 2006 at 10:44 AM
Ciao Fabio,
Hai capito benissimo, purtroppo è la tragica storia che sta succedendo in New Orleans. L'articolo può aprire una discussione nazionale dato la reputazione del New York Times.
cosa si dice nel Sud?
Posted by: MariaPia | October 28, 2006 at 11:01 PM
Bonjours
il y a un article dans "Le Temps" sur le Blogwiese aujourd'hui
http://www.letemps.ch/template/societe.asp?page=8&article=193031
et le Blogwiese est pour une fois en français aussi
http://www.blogwiese.ch/archives/448
Salutations,
Jens
Posted by: Jens-Rainer Wiese | November 03, 2006 at 05:20 AM