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April 2007

les yeux dans les yeux

Et dire que j'ai failli commettre un post très critique récemment sur mes confrères photographes américains. J'étais en effet ulcérée par la manie systématique des médias, ici ,à publier des photos très peu flatteuses d'Hillary Clinton.  En revanche, Barack Obama, lui, toujours impeccable, classe, pour ne pas dire sexy. J'essaie d'être objective là. Et puis, après deux jours en Caroline du Sud, à suivre les candidats démocrates en campagne, j'ai bien dû me rendre à l'évidence.

Hillary n'est pas photogénique, mais alors PAS DU TOUT! Et je vous assure que je l'ai mitraillée, sans succès. Surtout, si quelqu'un a le bras long, qu'il dise au plus vite à ses conseillers en images de la sommer de cesser immédiatement d'écarquiller les yeux à chaque fois qu'elle salue quelqu'un!


Hillary_2


A few weeks ago, i almost wrote a post to condemn my colleagues photographers who keep publishing very unflattering pictures of Hillary Clinton. As if they have an agenda. In comparison, Barack Obama alway comes out as a perfect, classy, handsome, and well, sexy, man. After a couple of days spent in South Carolina to cover the democratic campaign, i can only admit that Ms Clinton is not photogenic.

As hard as i tried, i couldn't come up with a better picture. So if anyone knows anyone close to her image consultants, please pass the word out. She has to stop making that eyes thing whenever she shakes a hand. And she does shake a lot of hands these days.

Gardez la monnaie

Quand on tombe sur un candidat à la présidentielle américaine, accompagné d'un seul sous-fifre, qui ne lui tient même pas son porte-documents pendant qu'il paie son lunch avant de prendre son avion, on se dit que ses collectes de fonds ne sont pas à la hauteur des espérances et surtout du chemin à parcourir. C'est ce que j'ai pensé tout à l'heure, en tombant sur Bill Richardson, gouverneur du Nouveau-Mexique et accessoirement candidat démocrate à la Maison-Blanche, fouillant ses poches pour payer son paquet de chips Lay et sa limonade Mermaid, à l'aéroport de Columbia, en Caroline du Sud.

Comparé aux trois bulldozers bardés de fils leur sortant des oreilles qui accompagnaient Barack Obama hier en Caroline du Sud, ça m'a conforté dans l'idée que Richardson est dans la course à la vice-présidence. Ses créances en matière de politique étrangère feraient de lui un excellent second pour Obama, voire même pour Hillary Clinton. Les deux Bill, Richardson et Clinton, sont d'ailleurs assez proches. Le second avait nommé le premier ambassadeur à l'ONU avant de lui offrir le Ministère de l'Energie sous son deuxième mandat.

When you bump into a presidential candidate, paying for  his lunch in the waiting area of a terminal before taking his plane, that's when you know his finances are in trouble. That's what i thought when i saw Bill Richardson, having to sort his change to buy his pack of Lay Chips and a Mermaid Lemonade at the airport of Columbia, SC.

Compared to the three bodyguards following Barack Obama everywhere he goes, it just convinced me more that Richardson is in the race for VP. I even think he would be a formidable second on a ticket with Obama, thanks to his credentials in foreign affairs, a domain where the young senator of Illinois still seems to struggle. Or just waiting for Hillary to call him in. After all, the two Bill, Richardson and Clinton, have always been close. Richardson served first as the UN ambassador and then as Secretary of Energy under Clinton's presidency.

America's birth name

Cela fait 500 ans aujourd'hui que le nom "America" fit son apparition pour la première fois sur une carte pour désigner le continent qui porte aujourd'hui ce nom. Elle est l'oeuvre du catographe allemand Martin Waldseemüller et fut publiée a Saint Dié, en France. Tirée à plus de 1000 exemplaires, un fait en soi remarquable pour l'époque, il n'en resterait plus qu'un, acquis par la Librairie du Congrès en 2003.

"America" servit d'abord à désigner la partie sud du Continent. L'histoire veut que Waldseemüller aurait cherché par la suite à corriger son erreur d'avoir attribué à Amerigo Vespucci la découverte de l'Amérique plutôt qu'à Christophe Colomb. Mais l'insistance de Colomb à penser qu'il avait atteint la côté Est de l'Asie et non un nouveau continent aurait joué en faveur de Vespucci. Dans des cartes successives, Waldseemüller aurait même éliminé le nom America. C'était visiblement trop tard.

Waldseemullermap

It will be 500 years today, that the first map of the world with the name "America"on it was published in Saint Dié, France. The map, work of the German cartographer, Martin Waldseemüller, is also known to be the first map to outline the continents in a way close to what we know today.

It is said that Waldseemüller tried, years after his impressive work, to correct the assumption that Amerigo Vespucci discovered America. He even published successive maps without the name America. It was obviously too late. Not that Waldseemüller ignored Columbus findings, but Vespucci was the first to insist on the fact that those new discovered lands were indeed part of a new continent and not the East Coast of Asia, as Columbus long believed.

60000$ les dix minutes

Hillary Hillary Clinton était de passage à New York ce soir pour un fundraising event (collecte de fonds). L'évènement avait lieu au Pier 94, un centre de convention sur les bords de l'Hudson. Hillary est arrivée sur scène un peu après 20h20, après avoir été présentée comme "le prochain président des Etats-Unis" par son ex- président de mari. Chelsea, leur fille, était là aussi.

Hillary est restée sur scène, montre en main, 18 minutes, dont deux au moins, à se bagarrer avec un micro qui avait décidé de se taire et six ensuite pour trouver la sortie en serrant quelques pinces. La salle n'était pas comble, loin de là. A vue de nez, j'aurais dit 600 personnes, un collègue pense qu'ils étaient au moins 1000. Peu importe. A 100 dollars la soirée, ça fait tout de même un minimum de 60 000 $ les 10 minutes. Pas mal pour un passage éclair.

Hillary Clinton was in town tonight for a fundraising event, at Pier 94, on the West Side. She was accompanied by Bill and Chelsea. She finally got on stage at around 8.20 pm, when she left it was 8.38 pm. Of those 18 minutes, 2 at least where spent trying to get some sound trough the mic, and six to shake hands on her way out.

The room was far from filled. But still, i guessed about 600 people, a colleague of mine put it at 1000. Knowing that each person paid 100 $ to get in, you do the maths.

Sarkozy Président à New York

On savait les Français de New York à droite. Mais là, ils ont fait fort. S'il n'en tenait qu'à eux, Nicolas Sarkozy, avec un score de 52,2%, aurait été élu au premier tour. Ségolène Royal arrive bien deuxième, mais loin à la traîne, à 22, 9%, suivie par François Bayrou à 18, 8%. La bonne surprise, c'est Jean Marie LePen, relegué ici à seulement 1,9%.

La petite foule rassemblée au café Opia, sur la 57e Rue, reflètait bien le vote de ces expats. Il fallait chercher les royalistes. Curieusement, chez tous ces sarkozistes expatriés qui réclament le changement, ils ne s'en trouvent pas un seul pour louer le système social à l'Américaine. Triangulation difficile, ils aiment aussi bien la dérégulation économique américaine qu'ils chérissent les acquis sociaux français. Y a comme un problème. 

Chose intéressante, les Français de Montreal ont placé Ségolène en tête autour de 35% devant Sarkozy à une trentaine de pourcent. A croire que l'environnement social exerce une influence sur le choix des candidats. Le filet social canadien est l'un des plus généreux qui soient.

Enfin, si vous voulez quelques avis d'Américains sur la question

ps: les résultats définitifs des Français de l'étranger:

Nicolas Sarkozy:  38,49%
Ségolène Royal:  29,92%
François Bayrou:  21,54%
Jean Marie LePen:  3,27%
Dominique Voynet:  1,98%
Olivier Besancenot:  1,33%
José Bové:  1,20%
Philippe de Villiers:  0,89%
Marie-George Buffet:  0,56%
Arlette Laguiller:  0,49%
Frédéric Nihous:  0,21%
Gérard Schivardi:  0,12%

Participation: 40,3%            

la politique, une affaire de sexe?

Je n'avais vu Barack Obama qu'à la Convention démocrate de 2004, à Boston, où j'avais pu constater, comme la foule en délire, le charisme du personnage et ses excellences oratoires et plus récemment, à la Nouvelle Orléans, dans un environnement trop politico-journalistique pour que je puisse franchement juger de son impact sur l'électeur moyen. Cet après-midi, il était à NewObama1_2 York devant un parterre rassemblé par la National Action Network d'Al Sharpton, composé à 90% d'Afro-Américains.

Obama a fait un tabac. Son discours est convaincant, surtout lorsqu'il parle d'éducation, son humour corrosif, son charme...(bon je passe). L'audience, qui ne lui était pas acquise, a répondu chaleureusement. Un petit sondage rapide à la fin de son speech m'a pourtant laissée songeuse. Les femmes étaient conquises. Il sera leur candidat. Il a touché une corde en parlant de santé publique, d'éducation et de la place de l'homme dans l'éducation des enfants. 

J'ai senti en revanche beaucoup plus de résistance chez les hommes. Certains pensent que l'Amérique n'est tout simplement pas prête pour un président noir. D'autres, à ma grande surprise, ont parlé d'Hillary. "On ne peut pas la lâcher après ce que Bill a fait pour les noirs en général, pour Harlem en particulier Les Clintons ont une histoire d'amour avec les Noirs". Je n'avais pas pensé à ça. En revanche, pas un seul de mes interlocuteurs n'a relevé le fait qu'Obama n'était pas assez "afro-américain", comme la presse américaine a un instant voulu le faire croire.

Racontant cette dichotomie homme-femme à mon coiffeur, un activiste de gauche très impliqué dans les questions sociales à New York, il m'a répondu d'une traite: "il est temps que les hommes noirs aient plus confiance en eux, ils feraient mieux d'écouter leurs femmes, elles ont compris, elles". Pour info, mon coiffeur votera Obama aux primaires démocrates. "Du sang neuf, marre de ces dynasties qu'on veut nous imposer".

Grosplan_2 I had seen Barack Obama only twice before. The first time at the Democratic national convention in Boston in 2004, where i had to agree that he has charisma and excellent oratory skills. The second time was in New Orleans, more recently, for a senate hearing, which didn't allow me to really measure his impact on regular Joes and Janes. Today, i saw him at an event organized by the National action Network, of Al Sharpton, in front of an audience composed by of 90% of African-American.

The crowd was more than charmed, he obviously scored points. Whether he talked about the war (he opposed it), health care (he wants an universal coverage plan) or the education (he wants to reform the property taxing system that pays for public schools), he got nods, applauses and, at time, standing ovations. At the end of his speech, though, a quick survey left me wondering.

The women i spoke too were all unanimous. Obama will be their candidate in the primaries. He brought issues home. The men, surprisingly, though fairly pleased by his speech, felt ambiguous. One told me: "America is not ready for a black man". Another, a reverend from Harlem, said that Hillary would be hard to beat in the African-American community. "The Clintons did so much for black people in the US, and especially in Harlem. They have a love story with black America", he told me. No one though brought the issue that Obama is not "African-American" enough, a storyline that made headlines back in january, and which i think, is totally fabricated by a certain press.

Later on, when i told the story to my hairdresser, a leftist activist in New York, he wasn't surprised at all. "It's time for black men to finally start trusting themselves, they would be better off listening to their wives". He has made his choice. Obama will be his candidate for the primaries.

blacksburg diaries

Il est des coïncidences ironiques! Je m’étais rendue en 2002 sur le campus retiré et bucolique de Virginia Tech, à Blacksburg, dans les Appalaches, pour y interviewer Stephen Prince , professeur de cinéma, spécialiste de la violence sur les écrans et auteur de plusieurs ouvrages sur la question, pour un documentaire sur l’impact de la violence à la télévision sur les jeunes spectateurs. Dans un email reçu peu après la tragique tuerie qui a causé 33 morts à Blacksburg hier, le professeur Prince ne manquait pas de relever à quel point notre conversation théorique d’alors le ramenait « littéralement » au cœur de sa réalité.   

Dans cet entretien, Stephen Prince disait déjà sa conviction sur l’effet de la violence au cinéma sur les spectateurs, les plus jeunes en particulier. Le matraquage d’images fortes – un Américain moyen verrait près de 20 000 morts violentes simulées sur écran au cours de sa vie – désensibilise le spectateur, expliquait Prince, « raison pour laquelle les cinéastes travaillent tellement leurs scènes de violence, toujours plus longues, plus étoffées et sophistiquées dans leur mise en scène et leur montage, avec gros plans, ralentis, mouvements de caméras inattendus, pour à chaque fois, capter l’attention ».

Il avait analysé pour nous plusieurs films, dont Bonnie and Clyde d’Arthur Penn
, Orange Mécanique de Stanley Kubrik et le désormais incontournable « Basketball Diaries », avec Leonard di Caprio dans le rôle de l’étudiant psychopathe et tueur. C’est ce film qui aurait, croit-on, inspiré les deux jeunes tueurs de l’école Columbine, l’autre tragédie qui avait secoué l’Amérique, le 19 avril 1999, à Denver, au Colorado. On avait beaucoup glosé alors sur « l’effet copycat », l’effet d’imitation, que ces films induisent sur des jeunes gens perturbés, mal dans leur peau, rejetés parfois par leurs pairs.

Rien n’indique qu’une situation similaire ait été à l’œuvre à Blacksburg, mais cette tragédie, comme les précédentes à Columbine (15 morts), Jonesboro en 1998 (5 morts, les tueurs avaient 11 et 13 ans) ou plus près dans le temps, l’automne dernier dans la petite communauté Amish de Bart Township (5 morts), ramène à ces mêmes questions. Pour d’autres spécialistes, la violence sur les écrans ne serait que le reflet de la violence inhérente à la société américaine, et non l’inverse. Et de citer pêle-mêle, l’origine violente des premières années de l’histoire du pays, la mentalité des pionniers de l’ouest ne pouvant compter que sur eux-mêmes dans un environnement hostile, et plus près de nous, la violence des ghettos.

Ce qui surprend surtout à chacune de ces tragédies de masse, c’est, malgré le choc, le degré d’acceptation de cette brutalité. Les confrères américains, lors de la première conférence de presse de la police, quelques heures après la tuerie, s’étonnaient des faibles mesures de sécurité autour du campus, s’inquiétaient du manque de préparation de l’Université face à un tel événement, comme si il était évident qu’une école ou une université devaient désormais compter avec ce type de raptus homicide.

En filigrane bien sûr, l’éternel débat qui ne manquera pas de rebondir sur la libre circulation des armes à feu aux Etats-Unis, intouchable au nom du sacro-saint deuxième amendement de la Constitution qui garantit le droit à la libre défense et au port d’arme. Le tueur se serait servi de deux armes, un 9mm et un 22 calibre. Depuis Columbine pourtant, et malgré l’onde choc qu’avait créé ce massacre, aucune nouvelle législation sur le port d’arme n’a été déposée au Congrès. Pire, le moratoire de dix ans sur la vente des armes d’assaut semi-automatiques, adopté au début du mandat de Bill Clinton en 1994, n’a pas été reconduit en 2004.

 

 

Google Gaffe

Mapsgooglepreview_2 C'est une bien étrange histoire. Jeudi dernier, une dépêche AP fait le tour des médias pointant Google Earth du doigt pour avoir replacé des images satellites de la Nouvelle Orléans datant d'avant Katrina. Revenu le Lower 9th ward et ses chênes lièges, ripolinés les Champs Elysées du Sud. Bref, une Nouvelle Orléans prête à accueillir le touriste comme si rien ne s'était passé au matin du 29 août 2005.

Les conspiracy theories ont rapidement fusé, en particulier à la Nouvelle Orléans, où il n'est un secret pour personne que les autorités, le maire en tête, en dépit des énormes défis encore à relever, souhaiteraient donner l'image d'une ville "tourists-ready" et "open for business", ce qu'elle est en partie, mais en partie seulement. Google affirme qu'il n'a subi aucune pression pour revenir à des images Pre-K. La compagnie californienne avait justifié sa démarche par la nécessité de publier des images de qualité.

Et puis hier, apparemment ébranlé par le tohu-bohu généré, Google a fait marche arrière et reposté des images satellites post Katrina sur son site. Reste à savoir pourquoi ce changement a eu lieu. Le directeur de l'imagerie satellite de Google, John Hanke, se réfugie, via son blog, derrière un fort curieux: "comme les événements ayant affecté la Nouvelle Orléans se sont produits il y a longtemps, nous avons été un peu surpris par ces récentes réactions". M. Hanke n'a visiblement pas mis les pieds à la Nouvelle Orléans depuis un bail.

Mais l'histoire ne va pas s'arrêter en si bon chemin. Le Congrès a déjà promis des auditions sur le sujet, même si aucune date n'a encore té fixée. 

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