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November 2007

La tempête parfaite

J'ai reçu il y a quelques jours ce texte d'une amie de la Nouvelle Orléans, Elizabeth Cook, militante pour le droit au logement et au retour de tous les évacués de l'ouragan Katrina. Elle a finalement décidé de le publier intégralement dans indymedia. J'ai traduit ce texte dans une version légèrement abrégée que je publie avec sa permission: 


"Avec la démolition annoncée de quatre complexes de logements sociaux, probablement à la mi-décembre, les habitants de la Nouvelle Orléans vont perdre quelques 5000 appartements à loyer modéré, probablement pour toujours.

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Je disais ce matin à un ami que la ville se désintégrait. Une explosion de vols, certains commis par des adolescents, à ce que qu'en disent les autorités; un augmentation vertigineuse du nombre de sans-abri; des politiciens qui préfèrent regarder ailleurs quand la corruption les sert si bien. Cela me fait penser, lui dis-je, au personnage du dessin animé Bugs Bunny, dans une scène où il est furieusement occupé à creuser un tunnel sous-terrain pour trouver son chemin vers le paradis, ou une plage, ou un endroit agréable, je ne me souviens plus exactement.

Quant sa tête surgit enfin du trou, il est au milieu du Pole Nord et dit un truc du genre: "J'ai du faire fausse route à Albuquerque".

Je ressens les choses comme ça parfois. Il suffit d'une erreur à un croisement pour se retrouver dans un environnement glacial.

Le genre d'environnement où 17000 de nos habitants, citoyens, résidents sont sans abri. Le genre d'environnement où les politiciens sont prêts à démolir des logements viables pour une "théorie", celle qui voudrait que l'amalgame de pauvres crée la pauvreté.

Le genre d'environnement où nos "leaders" élus caquètent sur des questions d'éthique et sur la réforme du gouverment, mais préfèrent regarder ailleurs quand le chef de notre agence fédérale, supposée créer des logements pour les pauvres, est l'objet d'une enquête criminelle pour des deals sulfureux conclus dans le but de démolir des logements publics abordables pour les travailleurs pauvres de la Nouvelle Orléans.

Et n'est-ce pas un concept corrompu, que celui de vouloir détruire des quartiers entiers habités par des pauvres, au nom du combat contre la pauvreté, alors qu'il y a eu peu d'efforts, à ce jour, pour remplacer ces logements? Il faut en conclure qu'il s'agit bien dans ce cas, de détourner le regard, loin de la souffrance des autres.

Oui, il y a bien eu un peu de raffut en faveur des "chèques"de logement, 3000 pour être exact, selon la conseillère communale Stacy Head. Nous prendrons les 3000 chèques, s'ils seront véritablement distribués. Mais, Madame Head, et avec vous le reste du Conseil, vous continuez à plaider pour la destruction de 7000 logements sociaux, alors que vous réclamez 3000 chèques pour des logements "permanents et de secours". Quel meilleur moyen de fournir des logements de secours que les structures existantes?

Allez comprendre!

Ensuite, nous entendons Mme Head dire qu'elle est prête à avoir quelques uns de ces appartements de secours dans son district d'uptown. Il en faudra bien plus que quelques uns, Mme Head, pour régler le problème.

Deux  leaders politiques de New Orleans East, la conseillère communale Cynthia Willard Lewis et la sénatrice Ann Duplesis sont opposées à la construction de complexes d'appartements familiaux dans l'est de la ville. Les loyers proposés oscilleraient entre 700 et 1300 dollars, ce qui ne sont pas à proprement parler des loyers modérés, avec emphase placée sur "ceux qui peuvent payer par leurs propres moyens". Il ne s'agit donc pas d'appartement pour les plus bas salariés de la ville.

Refuser des nouveaux logements au prétexte du manque de services publics ne résoudra pas le problème du manque de services publics dans ce quartier. En général, les services publics suivent les gens, surtout si nous finançons correctement ces services.

Ajoutez à cela la décision de la FEMA (apparemment soutenue par la ville) de fermer les campements de caravanes. La FEMA a déjà discrètement fermé plusieurs sites depuis août. Cette décision implique la fermeture de 2797 caravanes et touche plus de 5000 personnes. Plusieurs résidents se demandent où ils vont aller.

Ces caravanes ne sont pas la solution idéale, elles sont même dangereuses si l'on prend en compte le problème des taux de formaldehyde détectés dans certaines unités. Mais leurs locataires se retrouvent entre le marteau et l'enclume: il n'y a tout simplement plus suffisamment de logements abordables à la Nouvelle Orléans en ce moment.

Il y a bien sûr une alternative à tout cela: et si le gouvernement fédéral fournissait les ressources nécessaires pour reconstruire nos quartiers et nos infractructures, ce qu'il aurait dû faire depuis le début? Pourquoi ne  pas créer un programme fédéral d'emplois pour reconstruire la Nouvelle Orléans et le reste de la Côte du Golfe? Pourquoi nos élus continuent-ils à lobbyer en faveur des mauvais projets, au lieu de réclamer des ressources pour des logements abordables?

C'est qu'il y a un intérêt derrière tout cela: le réduction du nombre de logements sociaux sert à empêcher les gens de rentrer. Quelle autre conclusion en tirer?

Nous nous réveillons tous au milieu d'une tempête glaciale, dans un paysage soufflé par les vents où nos concitoyens dorment dans des tentes, sans sanitaires, dans un campement devant la mairie de la ville. Nos amis se plaignent de maladies liées au stress, certains en meurent. De nombreux résidents se battent pour la réouverture des  logements sociaux tout en ayant à faire face au stress de ce qui est devenue la lutte pour leur survie quotidienne entre l'augmentation des prix de l'électricité, de la nourriture, l'inefficacité des transports publics, le sous-financement des écoles publiques.

Et puis, il y a ceux qui ont tout simplement abonné, renoncé à leur rêve de retour. N'est-ce pas ce que ce les gens au pouvoir souhaitaient?

La démolition des logements sociaux ne résoudra pas le problème. Il ne fera que l'exacerber. Et nous courons le risque d'avoir une population permanente de sans abri.

Alors quoi? le slogan serait-il "habituez-vous?"." 

My friend Elizabeth Cook wrote this article for Indymedia a few weeks ago.


With demolition of public housing set to begin mid-December, New Orleans residents are about to loose over 5000 units of public and affordable housing, possibly forever.

 

New Orleans: The Per...
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I told my friend this morning, I think the city is coming apart. An outbreak of robberies, some perhaps by teenagers, authorities believe; homeless population exploding; politicians looking the other way when corruption serves their purpose. I'm reminded, I tell her, of the Bugs Bunny cartoon, where he is busy, furiously, digging underground, trying to tunnel his way to paradise, or a beach, or somewhere pleasant; I can't remember exactly.

He pops his head up, in the middle of the North Pole, and says something to the effect, "I must have taken a wrong turn at Albuquerque".

It can feel like that sometimes. That one wrong turn and you wind up in a very cold environment.

The kind of cold environment, perhaps, where 17,000+ of our residents, citizens and neighbors are homeless. The kind of cold environment where politicians are willing to tear down viable public housing, for a "theory", and a poor one at that, that clustering the working poor together creates poverty.

The kind of cold environment where our elected "leaders" prattle on about ethics and reform in government, yet look the other way while the head of our federal agency, entrusted with creating housing for the working poor, is under criminal investigation for sweetheart deals that will demolish, viable, public housing for the working poor in New Orleans.

And if there were ever a corrupt concept, than that of destroying neighborhoods where poor people live, in order to combat poverty, particularly when there has been little effort, to date, to replace that housing before it is destroyed, well, you almost have to conclude that it is, truly, about learning to look the other way, to look away from the suffering of others.

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Only in San Francisco

Onlynsf Depuis plus de deux ans, Gene et Line, qui cumulent à elles deux 20 ans de vie à San Francisco, nous font visiter en mots et en images les recoins de la perle de la côte ouest avec poésie souvent, avec enthousiasme toujours. Leur blog a été et reste pour moi un vrai bol d'air et un constant rappel qu'il me faudra absolument revoir avec leurs yeux San Francisco.

Leur passion a été communicative. L'éditeur PIPPA vient de sortir une version livre de leur blog. Leur regard sur la ville est une véritable invitation à découvrir ou redécouvrir San Francisco. Bravo GeneLine!

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