you really wanna meet?

Virginia Vitzthum, une amie de mon amie Anne vient de publier "I love you, let's meet", un recueil d'histoires de rencontres amoureuses via Internet. J'aime l'idée de la bande annonce pour la sortie du livre, de surcroît réalisée entre amis. Il y a même eu la première de la bande annonce, mercredi soir à Park Slope, Brooklyn. A en croire Anne, qui a fait partie du comité de lecture pendant que l'oeuvre prenait forme, le livre est passionnant, même pour celles et ceux qui ne "datent" plus depuis longtemps.

(tiens, on n'arrive pas à se mettre d'accord sur la definition du dating chez wikipedia)

Via Anne, I like the idea of promoting a book with a trailer, and of having a "premiere" for the trailer. The book is "I love you, let's meet", by Virginia Vitzthum, a compilation online dating0s stories. Anne, who was part of the close circle of first readers while the book was being written, says it's riveting, even for non serial-daters.

(well, writers and daters, get ready, wikipedia still can't come up with a proper page for "dating").

le graffiti par la petite porte

Coïncidence. A un mois de l'ouverture d'une exposition prometteuse au Musée d'Art de Brooklyn sur les graffiti du métro New Yorkais, symboles pour certains de la décadence de la ville dans les années 70 et 80, pour d'autres de la naissance d'un art nouveau qui a révélé Keith Haring ou Jean Michel Basquiat pour ne citer qu'eux, la mairie de New York s'en prend à nouveau aux artistes/vandales du métro. Cette fois-ci, ce ne sont plus des tags peints dont se plaignent les autorités mais de marques indélébiles, laissées par le biais d'un acide, apparues il y a quelques mois sur les vitres des voitures. En décembre dernier, elles décrétaient illégale la possession de cet acide (utilisé notamment par les graveurs sur verre) par les mineurs. On a presque cru que cela passerait sans heurt. Que nenni. Une plainte a été déposée la semaine dernière pour atteinte à la liberté d'expression. Le bon vieux débat sur les graffiti oeuvres d'art ou actes de vandalisme est donc relancé. 

Les graffiti des années 80 avaient alors fait partie du New York que je découvrais les yeux émerveillés. Ils habitaient complètement le métro, lui donnait une âme, inquiétante parfois, mais une âme. Ils m'ont souvent manqué depuis. Surtout sur la ligne L que je prenais alors pour rentrer chez l'amie qui m'hébergeait, dans l'East Village déjà. Une autre ville, assurément. Quant à la qualité de ces tags d'un genre nouveau, je vous laisse seuls juges. Quelques exemples photographiés ce week-end sur la ligne F.

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Strangely, just when the Brooklyn Museum of Arts is announcing a important exhibition on graffiti, New York authorities have decided once again to crack down on taggers in the subway. This time around, they are not after the usual paint graffiti, they want to get rid of the new signs left on subway windows with an etching acid, called Armor etch-all. Back in December, the city declared illegal the possession of such acids by people under 21. They thought everything would go smoothly. But last week, a group of young people led by fashion designer Marc Ecko, sued the city in the name of Free Speech. The old debate between art and vandalism is back, full speed.

I remember those painted tags. To me, they were part of the soul of the city when i first discovered New York in the early eighties. I remember my first subway trips on the L line to get back to the East Village where i was staying then. Another Village obviously, than the one i inhabit today. I still miss those beautiful graffiti, especially when taking the L. Nostalgia, all over.

New Orleans Spirit

Img_1198_2A peine arrivée, une amie me glisse:"Il y a longtemps que je n'étais plus allée à une exposition à la fois aussi puissante et aussi peu prétentieuse à New York". Etait-ce l'endroit? Un loft sur Hudson Street comme on n' en trouve plus à Manhattan?. Ou l'esprit de la Nouvelle Orléans soufflé sur New York par ces 14 artistes évacués après Katrina et qui ont trouvé un refuge temporaire à New York grâce au Lower Manhattan Cultural Council qui leur a généreusement mis à disposition un espace pour travailler? C'était pour la plupart leur premières retrouvailles avec un public depuis l'ouragan. Plusieurs ne savent toujours pas de quoi leur futur sera fait. Christopher Saucedo fait la navette entre la côte où il donne des cours de sculpture à l'Université de la Nouvelle Orléans et New York où sa famille vit en attendant la reconstruction de leur maison submergée par près de trois mètres d'eau. Stephane Collier vit étrangement son statut de visionnaire. Six mois avant Katrina il avait peint sur les murs de sa galerie à la Nouvelle Orléans une épaisse ligne brune horizontale symbolisant la hauteur qu'atteindraient les eaux si un ouragan frappait sa ville. Sa ligne a envahi tous les murs de la Nouvelle Orléans depuis. Elizabeth Bick a couvert une paroi de portraits d'évacués. Elle a donné à son mur l'aspect moisi et décrépit des maisons inondées. Même l'odeur dans son studio est intenable, mais le regard de ses portraits ne vous lâche pas. Mon ami Bernard, dont je vous ai parlé ici, aussi était là. C'est la première fois que j'entendais sa trompette.

BernardThe usual hipster New York crowd was nowhere to be seen on Friday night for the last Lower Manhattan Cultural Council "open studios" event and it was not missed. Fourteen artists, all from New Orleans, all granted a temporary relief in New York by the LMCC, were showing their current work in one of those last beautiful Manhattan lofts on Hudson Street. Christopher Saucedo is still traveling between New Orleans where he teaches sculpture at NOU and New York, where his family is staying until their totally destroyed house will be rebuilt. Stephen Collier made quite an impression. Last spring he draw a dark thick brown line in his New Orleans gallery to remind people where the water would stand should a Hurricane hit his town. His line was on every New Orleans walls after Katrina. Elizabeth Bick displayed portraits of Katrina evacuees on a muddy, sticky wall who looks exactly like the interior walls of many New Orleans soaked houses. Even the smell, probably from the material used by Bick, was intolerable. My friend Bernard, whom i already told you about, was also playing that night.

cado

Il a troqué ses belles dreads pour un drôle de look iroquois, mais il n'a rien perdu de sa verve. Saul Williams lisait, slammait, rappait aujourd'hui des extraits de son dernier livre "The Dead EMCEE scrolls" à la librairie Hue-Man à Harlem.

NGH WHT? poème phare, poème clef qui fera sûrement froncer des sourcils. Comme YVH, mais aussi comme Nigger. Silences gênés et rires se télescopent dans l'audience. Le débat ne s'est jamais arrêté. "I am the timeless Nigger", avait déjà scandé Saul en début de lecture.

Il a ensuite parlé de lui, de son enfance dans une ville pourrie d'upstate New York, où la plupart de ses potes ont fini en taule ou sacrifiés sur l'autel du crack dans ces terribles années 80. Il évoque son père, révérend baptiste, à qui il doit, dit-il, de n'avoir pas sombré. "Les potes passaient les joints au dessus de ma tête, ils me protégeaient parce que mon père avait officié aux funérailles de tous leurs proches". Il rappelle encore son dû aux mentors,  Paul Robeson, Jimi Hendrix et Public Enemy, entre autres. 

On se souvient bien sûr de Slam, le film. Un rôle en or qui l'avait alors mis sur orbite, comme poète, lui qui pensait devenir acteur. Il a alors repris l'écriture, loin des planches. "Je n'avais pas franchement envie de jouer des rôles de flic, je suis devenu un acteur sans travail". Tant mieux, le chômage profite si bien à sa plume.


 

pâques à New York

Cendrsparmodig72_6C'est la première fois en douze ans à New York que j'ai pensé à Blaise Cendrars, ces jours derniers. Comme une urgence, il a fallu que je trouve les Pâques à New York, un poème que j'avais lu et relu cent fois, adolescente et jeune adulte, mais ma vieille édition n'a jamais franchi l'Atlantique. Chasse fructueuse même si un peu décevante, puisque que je n'ai trouvé qu'une édition américaine des poèmes, avec l'original français en fin de recueil, mais si mal mis en page. Alors, je l'ai relu assise sur un tabouret de la librairie, en ai recopié ces passages sur mon agenda:

 

Seigneur, l'aube a glissé froide comme un suaire
Et à mis tout à nu les gratte-ciel dans les airs

Déjà un bruit immense retentit sur la ville
Déjà les trains bondissent, grondent et défilent

Les métropolitains roulent et tonnent sous terre
Les ponts sont secoués par les chemins de fer.

La cité tremble. Des cris, du feu et des fumées.
Des sirènes à vapeur rauquent comme des huées

Une foule enfiévrée par les sueurs de l'or
se bouscule et s'engouffre dans de longs corridors

Trouble, dans le fouillis empanaché des toits
le soleil, c'est votre face souillée par les crachats.

.... New York, avril 1912

Que n'a-t-on dit des Pâques, qu'elles ont été à l'origine de la poésie moderne, qu'elles sont LE premier poème moderne, inspirant follement Zones d'Appollinaire. J'ai toujours préféré Cendrars au maître. Toujours. Plus fou, plus sincère, plus brut d'une certaine manière, moins maniéré. Je me suis demandée ces jours ce qu'il écrirait aujourd'hui de New York.

portrait par Modigliani

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au fait



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