Bill Clinton whacked?

Le suspense est levé. Hillary Clinton a désormais un hymne de campagne. Il paraît que ce sont les internautes qui ont choisi. Enfin, on imagine puisque la question leur avait été posée il y a un mois dans un premier clip qui cherchait à donner une image drôle et cool de la candidate. Son équipe de campagne a corrigé le tir en parodiant le dernier épisode des Sopranos (non, je vous raconte pas).

Obama lui, n'a même pas eu besoin de lancer un concours, ses fans se sont déjà occupés de sa promo. L'intéressé n'a pas réagi officiellement, sa femme non plus. On dira juste que la chanson Obama swing très différemment de celle de Céline Dion.

Gardez la monnaie

Quand on tombe sur un candidat à la présidentielle américaine, accompagné d'un seul sous-fifre, qui ne lui tient même pas son porte-documents pendant qu'il paie son lunch avant de prendre son avion, on se dit que ses collectes de fonds ne sont pas à la hauteur des espérances et surtout du chemin à parcourir. C'est ce que j'ai pensé tout à l'heure, en tombant sur Bill Richardson, gouverneur du Nouveau-Mexique et accessoirement candidat démocrate à la Maison-Blanche, fouillant ses poches pour payer son paquet de chips Lay et sa limonade Mermaid, à l'aéroport de Columbia, en Caroline du Sud.

Comparé aux trois bulldozers bardés de fils leur sortant des oreilles qui accompagnaient Barack Obama hier en Caroline du Sud, ça m'a conforté dans l'idée que Richardson est dans la course à la vice-présidence. Ses créances en matière de politique étrangère feraient de lui un excellent second pour Obama, voire même pour Hillary Clinton. Les deux Bill, Richardson et Clinton, sont d'ailleurs assez proches. Le second avait nommé le premier ambassadeur à l'ONU avant de lui offrir le Ministère de l'Energie sous son deuxième mandat.

When you bump into a presidential candidate, paying for  his lunch in the waiting area of a terminal before taking his plane, that's when you know his finances are in trouble. That's what i thought when i saw Bill Richardson, having to sort his change to buy his pack of Lay Chips and a Mermaid Lemonade at the airport of Columbia, SC.

Compared to the three bodyguards following Barack Obama everywhere he goes, it just convinced me more that Richardson is in the race for VP. I even think he would be a formidable second on a ticket with Obama, thanks to his credentials in foreign affairs, a domain where the young senator of Illinois still seems to struggle. Or just waiting for Hillary to call him in. After all, the two Bill, Richardson and Clinton, have always been close. Richardson served first as the UN ambassador and then as Secretary of Energy under Clinton's presidency.

la politique, une affaire de sexe?

Je n'avais vu Barack Obama qu'à la Convention démocrate de 2004, à Boston, où j'avais pu constater, comme la foule en délire, le charisme du personnage et ses excellences oratoires et plus récemment, à la Nouvelle Orléans, dans un environnement trop politico-journalistique pour que je puisse franchement juger de son impact sur l'électeur moyen. Cet après-midi, il était à NewObama1_2 York devant un parterre rassemblé par la National Action Network d'Al Sharpton, composé à 90% d'Afro-Américains.

Obama a fait un tabac. Son discours est convaincant, surtout lorsqu'il parle d'éducation, son humour corrosif, son charme...(bon je passe). L'audience, qui ne lui était pas acquise, a répondu chaleureusement. Un petit sondage rapide à la fin de son speech m'a pourtant laissée songeuse. Les femmes étaient conquises. Il sera leur candidat. Il a touché une corde en parlant de santé publique, d'éducation et de la place de l'homme dans l'éducation des enfants. 

J'ai senti en revanche beaucoup plus de résistance chez les hommes. Certains pensent que l'Amérique n'est tout simplement pas prête pour un président noir. D'autres, à ma grande surprise, ont parlé d'Hillary. "On ne peut pas la lâcher après ce que Bill a fait pour les noirs en général, pour Harlem en particulier Les Clintons ont une histoire d'amour avec les Noirs". Je n'avais pas pensé à ça. En revanche, pas un seul de mes interlocuteurs n'a relevé le fait qu'Obama n'était pas assez "afro-américain", comme la presse américaine a un instant voulu le faire croire.

Racontant cette dichotomie homme-femme à mon coiffeur, un activiste de gauche très impliqué dans les questions sociales à New York, il m'a répondu d'une traite: "il est temps que les hommes noirs aient plus confiance en eux, ils feraient mieux d'écouter leurs femmes, elles ont compris, elles". Pour info, mon coiffeur votera Obama aux primaires démocrates. "Du sang neuf, marre de ces dynasties qu'on veut nous imposer".

Grosplan_2 I had seen Barack Obama only twice before. The first time at the Democratic national convention in Boston in 2004, where i had to agree that he has charisma and excellent oratory skills. The second time was in New Orleans, more recently, for a senate hearing, which didn't allow me to really measure his impact on regular Joes and Janes. Today, i saw him at an event organized by the National action Network, of Al Sharpton, in front of an audience composed by of 90% of African-American.

The crowd was more than charmed, he obviously scored points. Whether he talked about the war (he opposed it), health care (he wants an universal coverage plan) or the education (he wants to reform the property taxing system that pays for public schools), he got nods, applauses and, at time, standing ovations. At the end of his speech, though, a quick survey left me wondering.

The women i spoke too were all unanimous. Obama will be their candidate in the primaries. He brought issues home. The men, surprisingly, though fairly pleased by his speech, felt ambiguous. One told me: "America is not ready for a black man". Another, a reverend from Harlem, said that Hillary would be hard to beat in the African-American community. "The Clintons did so much for black people in the US, and especially in Harlem. They have a love story with black America", he told me. No one though brought the issue that Obama is not "African-American" enough, a storyline that made headlines back in january, and which i think, is totally fabricated by a certain press.

Later on, when i told the story to my hairdresser, a leftist activist in New York, he wasn't surprised at all. "It's time for black men to finally start trusting themselves, they would be better off listening to their wives". He has made his choice. Obama will be his candidate for the primaries.

Obama goes south

Img_2556 Je n'ai pas le souvenir d'une campagne présidentielle américaine ayant démarré si tôt et nous sommes encore à un an de la primaire du New Hampshire. (Ok, je n'en ai couvert que trois...). Time Magazine relevait la semaine dernière que le champs n'avait plus été aussi ouvert depuis 1928 en raison de l'absence d'un président sortant ou d'un vice-président sur les rangs (tiens, Time a donc éliminé Al Gore. Sa nomination aux Oscars et celle au Nobel de la paix pourraient pourtant lui servir de joli tremplin et il peut faire valoir son opposition de toujours à la guerre en Irak et son engagement pour la sauvegarde de l'environnement).

Je vois dans cette frénésie précoce le besoin d'occuper le terrain au plus vite à un moment où le pays est en profonde quête d'identité et a en grande majorité lâché Bush, républicains compris. La guerre contre le terrorisme ne prend plus, les dépenses astronomiques qu'elle impose ne justifient plus, pour nombre d'Américains, les coupes sévères dans le budget social. D'où la nécessité pour les wannabe présidents de se présenter rapidement pour forcer, d'une certaine manière, les dossiers de 2008. (et aussi pour lever suffisamment de fonds, histoire de tenir la route. La dernière présidentielle avait déjà été la plus chère de l'histoire; celle-ci battra sûrement ce record.). Ils sont déjà une vingtaine en lice.

Obama Parmi eux, Barack Obama. Le sénateur-candidat de I'Illinois était la semaine dernière à la Nouvelle Orléans pour des auditions du Sénat sur le "terrain" (fields auditions). La nuée de journalistes débarqués de Washington (et de l'étranger, j'ai repéré une collègue allemande en pamoison à chaque fois que le bel Obama prenait la parole)* n'en avait que pour lui. "Monsieur Obama, si vous étiez Président que feriez-vous pour aider la Nouvelle Orléans?" Monsieur Obama, si vous aviez été Président pendant Katrina, qu'auriez-vous fait?". Elégant, Obama répond toujours, mais évite le "si j'étais président". Il lâche tout de même qu'il n'aurait pas attendu 3 jours pour venir voir de lui-même et certainement pas par un survol à bord d'Air Force One.

Sa venue en Louisiane n'était pas anodine. Il y a d'abord l'électorat noir à convaincre qu'il est bien un des leurs. Certains en doutent, car né de père africain et de mère blanche du Kansas, il ne partagerait pas l'histoire et les souffrances des Afro-Américains. Mais surtout, il y a un état à prendre. La Louisiane avait brièvement fait partie des fameux "swing states" (Etats indécis) en 2004, pour tomber assez vite dans le camp républicain. Il en ira autrement en 2008. Le ras-le-bol contre l'administration Bush est ici assourdissant.

Il y a évidemment les laissés-pour-compte pendant Katrina, noirs et pauvres dans leur majorité, mais il y a surtout l'ensemble de la population du Sud de la Louisiane, toute race confondue, qui ne comprend pas que l'aide fédérale mette tant de temps à arriver, qui comprend encore moins les chicaneries de la FEMA (l'agence fédérale de gestion des catastrophes), qui menace tous les six mois de ne pas prolonger le droit à l'assistance au logement, qui ne supporte plus les différences de traitement entre le Mississippi (républicain) et la Louisiane (dont les élus locaux sont en majorité démocrates). L'omission de Katrina par Bush dans son dernier discours de l'Union a été le pompon.

M. Obama a osé quelques propositions qui ne sont pas tombées dans les oreilles d'abstentionnistes. S'il convainc le Congrès de voter une rallonge pour la Louisiane, on se souviendra de lui dans ce coin de pays.

*FGO (For girls only): oui, il est vraiment canon.

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