faith based divisions

Prejean_sister_helen_signature Soeur Prejean, connue pour son infatigable combat contre la peine de mort aux Etats-Unis, vient à la rescousse des résidents des logements sociaux de la Nouvelle Orléans. Je vous avais parlé de l'opération de nettoyage et d'occupation des appartements (plus de 5000 au total) toujours fermés, alors que la plupart n'ont subi que très peu de dégâts. Le Département du logement et de l'urbanisme (HUD) a peu apprécié et a immédiatement porté plainte contre les locataires et leurs avocats et réclamé une ordonnance de référé.

Riposte des avocats des résidents: des dizaines de lettres soutien et des déclarations sous serment, dont celle de la nonne catholique, interprétée à l'écran par Susan Sarandon, dans "Dead Man Walking". Soeur Prejean est venue samedi dernier voir par elle-même à St-Bernard. Je ne l'ai pas vue mais on m'a dit qu'elle a immédiatement pris fait et cause pour les anciens locataires des HLM, mettant la main à la pâte. Dans sa déclaration, elle écrit: "voir ces immeubles en si bon état et savoir que des gens ont toujours besoin d'un logement, constitue un péché à mes yeux".

Sa déclaration pourrait avoir de fortes répercussions, car l'Archidiocèse de la Nouvelle Orléans est impliqué dans la démolition et la reconstruction d'un des complexes de HLM. J'ai interviewé plusieurs responsables de l'Eglise catholique, mais je n'ai jamais réussi à obtenir des détails sur les coûts de la construction, sur la gestion future des bâtiments ni même sur les critères d'admission dans le nouveau complexe.

Bien qu'il affirme que la décision de démolir a été prise par les autorités fédérales, l'archevêque n'a jamais dénoncé publiquement l'éloignement forcé des plus pauvres, noirs surtout, depuis Katrina. Il n'est du reste toujours pas clair qui de HUD ou de l'Archevêché est à l'origine de cette alliance, les deux se renvoyant la balle. L'implication de Soeur Préjean va donner de la visibilité au débat et peut-être obliger l'Archevêché à se prononcer clairement. Alors que l'affaire n'était jusqu'ici relayée que par les blogs et la presse locale, la déclaration de Soeur Préjean a été reprise dans la presse nationale grâce une dépêche AP.

Prejean1 Soeur Prejean, known for her fight against the death penalty and whose life was interpreted by Susan Sarandon in Dead Man Walking, joined the cause of the residents of public housing in New Orleans. I told you earlier about the day of action at St-Bernard, when residents, supporters and activists went inside the complex to clean their units and made a public statement about the shape of their apartment. Well, after a few days of not so candid observation, the Housing and Urban Department (HUD) asked the court to put a restraining order on all residents, their lawyers and their supporters, who, they claimed, are damaging HUD's properties (when they are actually cleaning them) .

The judge hasn't ruled yet. But he is submerged by affidavits from supporters of public housing residents,  Soeur  Prejean being one of them, as  well as Robert Elliott, who served as General Counsel of HUD under Richard Nixon. Soeur Prejean says is in very pious terms: "In my mind, to know that those homes are sitting there in decent shape, when so many need housing, is a sin".

This will certainly not please the Archdiocese who stroke a deal very early on with HUD (with no bid) to take over the Lafitte's complex where over 900 people used to live pre-K. Even though the Archdiocese claims it will follow the "one on one" policy, meaning every former resident will have a right to return in a subsidized home, history has shown a very different picture in New Orleans (in the now demolished St-Thomas complex, less than 10% of former residents have been able to return and HUD is planning to hire the same developer to redo St Bernard). Beside, by accepting to redo Lafitte, the Catholic Church is now on board with HUD, who made it clear that all New Orleans public housing will be remodeled in mixed income Housing apartments.

Fight it back

Img_2479 Il en a fallu des réunions, des manifs à 20 ou 25, des occupations manquées dont une en août qui s'est soldée par l'arrestation d'une dizaine d'activistes, pour arriver enfin à créer une masse critique. Ils étaient plus de 300 lundi, jour de l'anniversaire de Martin Luther King, à s'être réunis devant les logements sociaux de St Bernard, à la Nouvelle Orléans. 

Armés de serpillères, de gants de nettoyage, de combinaisons, de masques, de gallons d'eau de javel, plusieurs locataires ont forcé les grillages placés par les autorités après Katrina et les empêchant de fait de revenir dans leurs logis. Le but de l'opération visait à montrer à la ville que ces vieilles bâtisses en ciment, debout malgré la tempête, restent des habitations viables si elles sont proprement nettoyées et retapées. Leur démolition serait un scandale alors que des milliers de personnes n'ont toujours pas pu rentrer à la Nouvelle Orléans.

Ils ont nettoyé une douzaine d'appartements et le centre communautaire du complexe. Des activistes, jeunes et blancs pour la plupart, ont également annoncé avoir entamé une occupation illégale de plusieurs appartements au nom des résidents. L'essentiel dans cette action, à mes yeux, est l'engoument des jeunes afro-américains. Jusqu'ici le mouvement pour la réouverture des logements sociaux etait surtout composés de femmes, mères et grand-mères, et de quelques hommes, de plus de 40 ans pour la plupart, côté résidents et de quelques activistes blancs.

Img_2484 Lundi, ils étaient plusieurs dizaines de jeunes gens, littéralement galvanisés par l'action en cours. Plusieurs d'entre eux ont filmé et relaté l'événement. Ils sont revenus hier, débarrasser les appartements de Sharon, de Lynette et d'autres. Ils ont promis de revenir demain, et les jours suivants, jusqu'à ce que les 900 appartements du complexe soient entièrement vidés.

Sharon avait à la fois le coeur gros ce matin en voyant l'amoncellement de détritus devant sa porte, tout ce qui reste d'un foyer qu'elle a occupé pendant des années, mais elle a dit aussi sa fierté de voir enfin un mouvement naître de cette lutte. Curieusement, la police n'a toujours pas bougé. La moindre arrestation  le jour de MLK aurait constitué un scandale. Ses voitures continuent les rondes autour du complexe. Certains officiers discutent même parfois avec les résidents qui s'activent autour de leurs appartements. On s'attend à tout moment à un raid pour stopper ce qui pourrait ressembler à l'émergence d'un véritable mouvement pour plus de justice sociale dans la reconstruction de la Nouvelle Orléans.

Img_2477 It finally sounded like a victory for the residents of public housing in New Orleans. After months of meetings, of small marches, of flyering, of short lived occupations, more than 300 people, activists, residents and supporters, were able, on MLK's Birthday, to force the gates of St Bernard's complex and go back to their apartments to clean them. A dozen of units were emptied and cleaned, as was the community center.

Residents wanted to make a clear statement. These houses, built with concrete, who withstood the storm, are perfectly viable, if only cleaned and repaired. There is absolutely no need for demolition as wished by the Department of Housing and Urban Development. The police did nothing to stop the residents who entered their units. Any confrontation or arrest on MLK's Birthday wood have been foolish. They perfectly knew it. They kept observing even though a few activists announced they had been occupying some units from the night before and intended to stay in the complex until HUD reverses its position.

Img_2451_2 The more galvanizing aspect of this movement, to me, is the involvement of young African Americans. Since i have been following and documenting this fight for the reopening of public housing, i was surprised to see mostly women, mothers and grand mothers, and only a few men, over 40 for the most part. Monday was different. Lots of kids and teenagers attended the march and the action, some of them clearly impressed by what was going on. A few have come back today and promised to be back till Saturday which should be another big day of actions. Some were there filming, other improvised rap songs during the rally and the event made it to at least one blog.

Echassiers

Echassiers_1
                                       

Ils les construisent maintenant sur des échasses. Nous sommes ici à la frontière entre la Louisiane et le Mississippi. Plus loin, sur la côte du Golfe du Mexique, c'est pareil, les anciennes maisons victoriennes sont remplacées par ces maisons aériennes qui m'ont paru si fragiles perchées sur leurs béquilles. Mais les assurances exigent des élévations. Un des propriétaires m'a expliqué avoir pris pour étalon la hauteur du raz-de-marée qui a balayé la côté à l'est de la Nouvelle Orléans et son ancienne maison avec: 24 pieds.

Houses at the state line between Louisiana and Mississippi.That's how they build them now, to respect the flood elevation required by the insurance companies. A homeowner explained to me he choose to elevate his house at the exact hight of the surge that wiped out the Mississippi Coast and his former house with it: 24 feet.

le pouvoir du NY Times

Un journaliste du New York Times s'invite en ville et la Nouvelle Orléans toute entière se plie en quatre pour l'accueillir. Nicolai Ouroussoff, spécialiste en architecture, s'intéresse de près aux fameux "Projects", les 10 complexes de HLM que le Département fédéral du logement veut démolir et reconstruire tout en supprimant au passage plus du deux tiers des appartements subventionnés de la ville. (Un trend en vigueur depuis une dizaine d'années dans tout le pays. Katrina vient juste d'offrir une opportunité en or à l'administration Bush pour en raser une dizaine d'un coup à la Nouvelle Orléans).

Depuis deux semaines, l'agitation est à son comble. Un groupe d'activistes, d'avocats, de révérends et sans doute de quelques opportunistes, opposés à la démolition de ces bâtiments, remuent ciel et terre, multiplient les rencontres, épluchent leur Rolodex, pour ouvrir les portes au journaliste et le débriefer en profondeur sur le sujet. Ce soir, ils étaient une petite trentaine à s'être réunis pour un repas créole chez Lil Dizzy's. M. Ouroussoff a pris des notes, posé quelques questions, écouté très poliment, pris les numéros de tous les participants pour des follow up interviews. Demain, nous partons en goguette à plusieurs, pour une viste des HLM toujours vidés de leurs habitants depuis Katrina, quant bien même certains n'ont pas été inondés).

Comme le soulignait un activiste, un article dans le NY Times c'est une ordre direct de Wall Street à Perdido Street (ie, l'adresse de la Mairie de la NO). En bref, on espère que l'article de M. Ouroussoff lancera un débat national sur le véritable scandale de l'après-Katrina: les obstacles placés au retour des pauvres, noirs surtout, dans leur ville. Les premières études montrent que si trois blancs sur quatre sont revenus, seul 1 noir sur 4 a pu le faire, pour des raisons financières principalement.

M. Ouroussoff est en ville pour 24 heures, montre en main. Avant la visite avec les pro-HLM, il aura droit à une première virée dans certains logements sociaux, en compagnie de responsables du Département fédéral (qui ne se sont pas donnés cette peine pour la presse locale). On s'imagine bien que ceux-ci lui montreront les appartements les plus abîmés par l'ouragan. Et tout le monde d'attendre le verdict. Quelle version des faits soutiendra M. Ouroussoff dans trois semaines, quand l'article sortira? L'avenir de milliers de personnes en dépend. Ou du moins, le croyait-on ferme ce soir chez Lil.

A New York Times reporter is in town and New Orleans goes into a frenzy activism. People silent so far on the issue of Public Housing are suddenly stepping to the plate, to make sure the journalist, Mr Ouroussoff, architecture's critic, get the story straight and understands that thousands of people, mostly poor, mostly black, have been denied the right to return to their home by HUD, the Housing and Urban Department. (the first studies show that 3 whites out of 4 have been able to return, but only 1 black out of 4, mainly for financial reasons).

For the past two weeks, activists, local small businesses, reverends, have spent hours to ensure Mr Ouroussoff access and got the proper information on the issue. Tonight, 30 of them, had dinner with him at Lil Dizzy's, a well known creole diner. I am not sure yet of the real intentions of all the participants. But their message tonight was clear. "Do not demolish public housing and bring the people back, it's their right".

Tomorrow morning, some of them will tour the different sites with Mr. Ouroussoff. A couple of hours before, he will visit some of these same complexes with HUD officials (who haven't done such a favor to the local journalists). Everybody will then hold his breath until the article is published, in about three weeks. Which side will Mr. Ouroussoff be on?

center of the world

Un commentateur sur CNN tout à l'heure s'en prend au timing des Nations Unies. Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad devait prendre la parole devant l'Assemblée générale de l'ONU. "A 19h30, du prime time, alors que Bush s'est exprimé à midi!". Il s'étranglait presque. Et CNN de diffuser le discours d'Ahmadinejad en direct. Sans pub ni coupure. C'est la seule chaîne américaine à l'avoir fait. J'ai failli leur envoyer un mail pour leur rappeler qu'il y avait 23 autres fuseaux horaires sur la planète. Et qu'il était "prime time" au Moyen Orient quand Bush s'est exprimé.

A CNN commentator almost choked realizing that Iranian president Mahmoud Ahmadinejad was about to speak at the UN in front of the General Assembly at around 7.30 pm. "They gave the guy prime time, Bush got to speak at noon!". CNN proceeded by airing the speech live, without interruption of any kind. They were the only one airing it. I almost wrote them an email reminding them of the 23 other "prime time" in a day on the planet. When Bush spoke it was prime time in the Middle East.  Fair game isn't it?

taxi politics

Dans le taxi qui nous amenait à une fête samedi soir, le chauffeur, féru d'infos de ses propres dires, commentait la visite remarquée de Sarkozy aux Etats-Unis: "Ecoutez-moi bien, Sarkozy, c'est le prochain Bush". Un slogan de campagne non?

Il explique: "Bush avait fait campagne sur la promesse d'unir le pays, il l'a divisé".

In a cab Saturday night, the driver, a news junky by his own words, commented on Nicolas Sarkozy's visit to the United States, the very vocal wannabe next president of France. "Listen to what i say, Sarkozy is the next Bush. Remember, Bush campaigned saying he would be a uniter, he has been a divider".

grosse fatigue

Le président est en ville pour deux jours. Pour une commémoration à Ground Zero aujourd'hui. Pour un déjeuner avec des pompiers et des secouristes demain, entre autres événements. Deux faisceaux lumineux bleus éclairont le ciel de Manhattan ce soir à partir des empreintes des  tours jumelles comme le veut la coutume à chaque anniversaire. Ces commémorations me dérangent, comme me dérange encore plus la pression exercée sur la presse pour ne pas oublier de bien marquer l'événement. 

Un sondage m'a étonnée cette semaine. Il affirme que 30% des New Yorkais pensent encore aux attentats tous les jours. J'étais là le 11 septembre, je n'y pense pas tous les jours. Nous  avons discuté ce sondage entre amis l'autre soir, pour constater qu'il y avait comme une pudeur à parler de l'événement. Nous ne savons toujours que peu de choses de ce qu'a vécu une de nos amies par exemple, qui travaillait au World financial Center. Elle a vu des gens se lancer des fenêtres du WTC, elle a vu des cadavres sur la chaussée, elle a pris la fuite dans les débris, mais elle n'en parle pas ou très peu, par bribes parfois. Le frère d'un ami, pompier, est mort ce jour-là. Je suis passée un jour avec une de ses amies, quelques mois après les attentats, déposer une gerbe dans la caserne où il était stationné.

Dès que je sors de New York en revanche, on me pose souvent la question. "Y étais-tu?, comment était-ce?" Et chaque fois cette difficulté de dire. Je me raccroche aux mots écrits  (mon journal de ces journées au bas de cette note) alors, entre deux tournages. Aujourd'hui, je l'admets. J'ai eu peur. Surtout quand Giuliani a annoncé la fermeture des ponts et tunnels. Sentiment d'être  prise au piège dans la grande ville. J'ai eu peur quand certains médias ont annoncé qu'onze autres avions étaient portés disparus.  Je me suis demandée ce que faisait le président?

Je n'ai finalement pleuré vraiment que beaucoup plus tard, lors des attentats de Madrid. J'étais au Guatemala, j'avais appris la nouvelle avec un jour de retard. J'ai pleuré pendant des heures. Le 11 septembre me revenait en mémoire, avec brutalité.

President Bush is in town for two days. For a ceremony at Ground Zero today, and then for a lunch with firefighters and rescuers tomorrow, among other events.  A Tribute of light will be lit again from the footprint of the towers. I am not very comfortable with commemorations. I am even less comfortable with the pressure put on medias to cover them.

A recent poll from the NY Times surprised me. It says about 30% of New Yorkers think of 9/11 everyday. I was here. I don't think of it every day. We discussed it with a few friends this past week and realized how much difficult it has been to talk about that day. It's only when i leave New York that i speak about it, because people always ask me: "where you there?".

I admit it now, i was afraid that day. Especially when Giuliani said all accesses to Manhattan were closed. I felt trapped. I was afraid again when medias reported that 11 more planes were unaccounted for. But it took me years to let emotions fully go. It happened when Madrid was hit. I was then in Guatemala and learned of those terrorists attacks the next day. I couldn't stop crying, for hours. The brutality of 9/11 was back, in full blast.

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ne pas oublier de se souvenir

Img_1469Nous ne sommes qu'en juillet et déjà le matraquage a commencé. Pas une semaine ne passe sans que le Foreign Press Center (une dépendance du Département d'Etat) n'organise pour la presse étrangère une conférence de presse, un briefing, une visite pour préparer les commémorations du 5e anniversaire des attentats du 11 septembre. Nous avons déjà eu droit aux architectes du nouveau World Trade Center (Libeskind et Childs) et surtout à son promoteur, le caricatural et grandiloquent Larry Silverstein, qui dit vouloir construire une "tour indestructible".

Dans les semaines à venir, nos collègues de Washington pourront rencontrer "one on one" des rescapés du Pentagone. A New York, nous avons eu droit à des tours guidés, via trottoirs et galleries menant au World Financial Center, surplombant Ground Zero, par des proches de victimes du 11 septembre, histoire d'avoir le "human touch". Notre guide ce jour-là était Lee, un ancien pompier qui a perdu son fils, pompier lui aussi, le 11 septembre.

Très digne et touchant Lee, et sans doute prêt à en dire plus dans d'autres circonstances sur les conditions de travail au WTC pendant le déblayage, lui qui y a pris part pendant 9 mois. La qualité de l'air à Ground Zero et dans le bas de la ville, pendant les jours et les mois qui ont suivi les attentats, fait toujours partie de ces dossiers embarrassants que l'administration Bush cherche à étouffer. Cette semaine justement, le FPC organise une rencontre avec le médecin chef du programme fédéral de suivi du personnel qui avait nettoyé le site. Très curieuse de savoir ce qu'il pourra vraiment nous dire, surtout après la mort d'un agent de police, premier décès officiellement lié aux toxiques respirés à Ground Zero.

Une touche de pathos, des maquettes illuminées pour faire croire à un WTC plus grand, plus beau, plus haut. Mais surtout l'impression tenace et désagréable qu'il faut maintenir vive la peur. Celle qui a déjà si bien servi lors des élections présidentielles de 2004. En novembre, les Américains retournent aux urnes pour élire une partie de leur parlement et plusieurs gouverneurs d'Etat.  Alors, surtout ne pas oublier Nine Eleven.

Img_1489We are still weeks away, but it already seems inescapable. I am talking 9/11. The upcoming 5th anniversary. The Foreign press center, an antenna of the Department of state, has already organized several events for the foreign press. Briefings, press conferences with architects (Libeskind and Childs), and of course one with the caricatural Larry Silverstein, the promoter or the site, who bragged loudly about building an "indestructible" tower.

Our colleagues in Washington will be able next week to meet "one on one" with Pentagon's survivors. Here in New York, we had a chance to take "walking tours" of the WTC, organized by an association of victims of 9/11's relatives and friends. The tour i took -  actually it's not exactly a tour, since you stick to the sidewalks and the World Financial Center's galleries overlooking Ground Zero - was narrated by Lee, a former firefighter, whose son, Jonathan, a firefighter too, died on 9/11.

Lee was very dignified and sober in his emotions. The kind of guy you would want to spent an entire evening just talking. I am actually sure that Lee would say much more about what he saw and witnessed during the 9 months he worked at Ground Zero, during the cleaning efforts. He probably has a lot to say about the pollution at the site, another embarrassing subject for the White House. Remarkably, the next briefing organized by the fpc will allow us to ask questions to the doctor which coordinates the federally funded WTC Worker & Volunteer Medical Screening and WTC Monitoring programs. I am curious to see what he will be able to tell us after the death of a police officer, the first officially linked to the pollution at the WTC after the attacks.

Human stories, on-site observations, nice illuminated models of the future site, you name it. I can't help but feel a bit unease about the efforts to provide us with all the deemed necessary information. Sure, there is still plenty to be said about 9/11. But what i really feel is the need to keep the fear alive. It worked so well during the 2004 presidential election. And the midterm elections are just around the corner.

l'anno Prodi

Demifinale

















Photo Keystone

moralité et demie

_39448681_bush_pop203La chute libre continue pour George Bush. La guerre en Irak, le prix du pétrole, la crise avec l'Iran, pas l'ombre d'une bonne nouvelle à annoncer. Sa cote de popularité atteint péniblement le seuil critique de 33% selon le dernier sondage cbs/newyorktimes. (Seuls Richard Nixon, Jimmy Carter et son propre père ont fait pire). Une petite ligne dans ce sondage a retenu mon attention: 51% des Américains disent aujourd'hui partager les valeurs morales des démocrates, contre 37% seulement celles des républicains. Que n'a-t-on glosé sur ces soi disant valeurs à la moralité variable (le point ici). Reste que le discours musclé de certains démocrates invitant à reprendre le dessus sur les questions morales, (non pas Dieu, ni l'avortement ou le mariage des gays en l'occurence), mais une couverture sociale et des salaires décents, une meilleure répartition des impôts, retient à nouveau l'attention des électeurs.

George Bush's popularity is slipping poll after poll. In the last CBS/NewYorktimes opinion poll , his approval rating hit the record low of 33%. Only Richard Nixon, Jimmy Carter and his own father did worst. I noticed one interesting point in this last poll: 51% of Americans now say they side with democrats when it comes to "moral values", and only 37% with republicans. I know, a lot has been written on those strangely called "moral" values after the 2004 presidential election. No matter what, they are now part of most opinion's polls. It seems that the strong plea of some democrats that morality is about decent wages, affordable health coverage and housing, fair tax cut (and not the 3 G God, Gay, Gun) has now the ear of a majority of Americans.

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au fait



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