a 4th to remember

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Chaque année comme un rituel. Aller voir les feux du 4 juillet. Non par patriotisme, mais pour goûter aux joies des picnics sur l'herbe au bord la rivière, à l'odeur des bbq portables, à l'ambiance bon enfant que cette fête revêt chaque année à New York. Il y a longtemps que j'ai délaissé le FDR (le périph à l'est, fermé pour l'occasion) bondé, pour les rives plus accueillantes de Brooklyn entre les ponts de Brooklyn et celui de Manhattan.

Passer les premières heures de la soirée à admirer le premier feu qui doucement se meurt sur les gratte-ciel de Wall Street, et puis s'émerveiller encore des applaudissements chaleureux que le public réserve invariablement à ceux pour lesquels ils sont officiellement venus. Cette année, parmi les innovations, les cubes jaunes, et surtout ces torsades blanches qui montaient vers le ciel avant de retomber en douces cascades sous les "oooh" et les "aaah". Je me demande pourquoi chaque année les hourras les plus forts accompagnent les violets et les grappes blanches qui tombent comme un saule pleureur, éphémère, sur la baie.

ps: bienvenue à Anouk, qui a vu son premier jour, ce matin dans la grande ville.

Like a ritual, i went to see the fireworks, again. I have since long deserted the FDR for the Brooklyn shores, in Dumbo. I like the fires as much as the hours spent before, with the bbq's smells, the sunset over the skyscrapers, the laid-back atmosphere of it all.

Among the new fires this year, the yellow cubes and the ascending white twist falling down like a waterfall. For some reasons, the violet fire and the white wiping willow always get the loudest applause.

cigarettes and else

SmokingcessationJe m'étais amusée il y a quelques années à décrire par le menu les affres qu'on faisait subir aux fumeurs à New York. Depuis que je tente - avec un succès relativement relatif - de me défaire de cette habitude, je m'accommode fort bien des diverses restrictions qu'on nous inflige. Je m'offre des "rechutes" en demandant ici ou là des clopes dans la rue à de parfaits inconnus, de préférence à l'air sympathique. (hm, no comment). Et vlan, voilà qu'un lecteur du New York Times vient de suggérer l'interdiction de fumer dans la rue aux heures de pointe!!!

Il est vrai que j'ai toujours été impressionnée par le nombre gens fumant sur les trottoirs de New York. Ils sont même en nette augmentation depuis l'interdiction de fumer dans les bars et les restaurants. Reste à définir les heures de pointe dans une ville qui tourne 24/7.

Since i consider myself a soon-to-be-non-smoker, i restrain myself to a few cigarettes a day, usually asking them to a perfect stranger in the street (please no comment on that). With the number of people forced to satisfy their addiction outside, i manage to get 2 or 3 a day. Well, this little game might soon be over. A New York Times reader suggested today to ban smoking in the street during rush hours!!

So long Pierrot

KioskCa aurait pu être encore un coup de gueule. Je me contenterai d'un aurevoir. Pierrot ferme Le Kiosk aujourd'hui. On le regrette déjà. Les bonnes idées ont la vie dure à New York. Avant Pierrot, un français d'origine espagnole, l'endroit servait de stand de journaux où l'on servait du très mauvais café. Quand Pierrot l'a repris, il en a fait en quelques années un must de l'East Village, en installant une petite terrasse bien ombragée. Au menu: des croissants pur beurre, des sandwiches délicieux, un cappuccino au caractère bien trempé, des salades typées et typiques. Et puis le sourire de Pierrot...En très peu de temps, il a fidélisé les clients.

Alors pour la faire brève, Pierrot n'a plus les moyens de payer le nouveau loyer réclamé par le propriétaire. Il ferme la boutique qui sera reprise par une autre institution de l'East Village, le Veselka. Hum, c'est mieux que Starbucks me direz-vous, mais des blintzes ou des pierogis au petit déj, franchement....Bon vent Pierrot.

Ok, i won't whine for once, though i am not far from being in the mood for it. Le Kiosk at the corner of Houston Street and First Avenue, the little outdoor hang out at the F subway station, is closing today. Another sad New York story. Yes the rent is going up, yes Pierrot can't pay it anymore. No, Starbucks is not taking over. Veselka's owner is. I know, its not all that bad, but after all, Pierrot was the first to make the place a favorite in the East Village, and frankly are you ready to trade the french croissants for blintzes?


Add 1: le proprio n'est autre que la ville de New York, en mal de financement

Add 2: une aventure similaire est arrivée au tenancier d'une petite gargote en plein air à la Dag Hammarskjold Plaza, tout à côté des Nations Unies. Installé là depuis 1999 et redonnant du même coup vie à une place totalement ignorée des New Yorkais, Mark Grossich n'a pas pu se mesurer aux offres de concurrents plus fortunés. La mairie ne fait pas dans le sentiment, elle donne ses places et autres kiosques au plus offrant. Des amis du premier loueur ont cependant porté plainte contre cette décisionm, selon le New York times. suite au prochain épisode.

Add1: the owner of the Kiosk is the City of New York.

Add2: Mark Grossich experienced the same fate at the Dag Hammarksjold Plaza, close to the UN, a obscure place to most New Yorkers till a few years ago when Mister Grossich opened a small outdoor restaurant in a greenhouse kind of structure. According to the New York Times today, the city gave the lease to a best bidder, someone willing to pay up to 48000 $ when Mister Grossich could only put 18000$. Friends of the Park sued the cit. Let's wait and see.

le sixième quartier/the 6th borough

PhiladelphiaticketC'était d'abord comme une plaisanterie. "Déménageons à Philly!", se disait-on quand le prix des appartements a commencé à flamber à la fin des années90, même à Brooklyn. Puis, il y a eu les premiers départs, il y a deux ou trois ans. Des potes de potes, artistes, web designers, restaurateurs. Ils avaient trouvé qui un loft dans une vieille usine du Nord de Philadelphie, qui un local sympa à reconvertir en resto dans la vieille ville près de la rivière Delaware, un autre encore un appartement de trois pièces avec jardin et terrasse au prix d'un minable studio à New York. Même la navette reste supportable, de gare à gare, Philly n'est jamais qu'à 1h15 de Pennstation.

Et puis ce week-end, c'était au tour d'un couple d'amis proches de m'annoncer qu'ils envisageaient sérieusement de déménager dans la ville de l'amour fraternel. Les artistes à New york ont toujours été les premiers à redonner vie à des quartiers oubliés, abandonnés ou sommeillant. L'East Village dans les années 60, Soho dans les années 70, suivis plus tard par le Lower East Side, et parce que Manhattan devenait trop étriqué, ils ont ensuite bougé à Brooklyn, vers Williamsburg, DUMBO, Red Hook. Autant d'endroits déjà branchés et souvent hors de prix.

Alors Philly? le prochain quartier?. L'idée paraissait improbable, et pourtant. Une étude de la New York University vient de confirmer ce que tout New Yorkais censé subodorait. Le prix moyen des loyers non subventionnés a augmenté de 20% en trois ans alors que le salaire moyen du New Yorkais est passé de 42 700 à 40 000 $ pendant la même période. Alors Philly? une vue de l'esprit? Les convertis assurent que la vie culturelle y est débordante de vitalité. Des petits malins ont déjà lancé des tours guidés sur mesure.

add: qu'est ce que je vous disais

Love_medThe old joke "let's move to Philly" looks like no joke anymore. At first, they were just a few of them. Artists in need of huge space for their work. Lofts are plenty in Philly and still affordable. Then, just regular Joe's and Jane's, sick of paying ridiculous amount of money for shoebox apartments, start making the move too. For the price of a studio you can find a three bedrooms in the City of Brotherly love. Sometimes even with a rooftop or a garden.

Last week, a very good friend told me about her plan to move to Philadelphia too. What could become of Philly in a few years? After all, the East Village, Soho, Dumbo and now Red Hook got their fame once the artists moved there. Will Philly become the next hip city in the country? Some already praised its very lively musical scene. Other did not loose time smelling a good opportunity.

suburban stories

NumriserJe suis une Susan. Ouf, j'ai échappé au pire. Mon amie, M, elle, est désespérée, parce qu'elle est une Susan, justement. 10x elle a refait le test d'abc.com, sans succès, Susan encore et encore. Depuis que je suis arrivée en Suisse, impossible d'y échapper. La déferlante Desperate Housewives est omniprésente. L'Illustré (l'hebdo qui se donne des allures de Match Helvétique) a même osé relooker les vedettes du petit écran suisse en caractères de la série. Heu... pas flatteur pour tout  le monde...

Ce qui m'étonne le plus, c'est l'hystérie provoquée par cette série en Europe (les Suisses ne sont pas les seuls à délirer, ils ont eu les primeurs de la saison 1 - après Canal+ - mais avant M6 qui s'y met ce soir). Les blogs et sites en français pullulent. Ma belle-soeur m'apprend que des groupes de copines se sont formés pour regarder les épisodes ensemble. Mon frère, anti-téléphage notoire, n'y a pas échappé: "Même les émissions d'infos en parlent, c'est insupportable".

Bien sûr, la série a ses fans aux States (heu, oui j'ai vu la saison 1, en dvd, mais bon je suis journaliste, je dois m'informer). Il me semble pourtant que l'engouement initial n'y avait pas été aussi collectif. La plupart de mes amies new yorkaises ne savent rien de Susan, Edie et les autres.  Alors, pourquoi ce succès si large de ce côté de l'Atlantique? S'ennuyerait-on encore plus ferme dans les banlieues européennes?

page de couverture de l'Illustré

The test is formal: i am a Susan. Yes, that Susan. Better than a Bree right, or a Edie?. Well, my friend M. is Susan too, to her despair. She did and redid the test on abc.com, to no avail. Still a Susan. Yes, from Desperate housewives. Since I have arrived in Europe,  i have been surprised by the enthusiasm for the American TV show. Everybody seems to have heard of the suburban ladies, groups of girlfriends gather to watch the show together, blogs and sites are too many to count. A Swiss weekly, l'Illustré, went as far, as re-looking Swiss TV stars into the 5 heroines....next to ridiculous.

The show first ran on cable, last year, but it just hit the networks this month, last week in Switzerland and today in France, on M6. Of course, the show is funny and really well made. Nonetheless, i can't really get the hysteria that i easily avoided back in the States. I can't recall any of my girlfriends having heard of Victoria Wisteria Lane. (or have you?).

so long

Img_1232_1Fin de tournage, ou presque. Il y a toujours un pincement. Les gens rencontrés qu'on ne reverra plus, après des moments de vie partagés. Cette semaine, clôture d'une histoire entamée en décembre sur la New York Harbor School, un lycée de Brooklyn dont une partie du curriculum est basée sur l'étude du port de New York. Le lycée est à Bushwick, dans un quartier difficile. Les ados sont tous afros-américains ou hispaniques. Certains sont sortis pour la première fois de Brooklyn grâce aux excursions, nombreuses, proposées par l'école.

La Harbor School fait partie de ces écoles pilotes-thématiques dont l'idée a été lancée par l'association Urban Assembly. Il y en a plus d'une dizaine dans tout New York. L'idée: démanteler les énormes lycées ingérables des quartiers difficiles pour donner de meilleures chances aux adolescents. Ces écoles reçoivent un financement particulier mixte, privé-public, pendant les quatre premières années de leur existence. Ensuite, elles sont à la même enseigne que les autres écoles publiques: le budget de base est assuré par la ville, tous les programmes extraordinaires doivent être financés par des initiatives privées, collectes de fonds etc. La Harbor School a plutôt bonne réputation: plus de 75% de ses éléves passent désormais les tests nationaux, ils étaient moins de 40% auparavant.

Img_1236Jeudi: c'était le grand jour pour les Juniors, les élèves de première année. Ils effectuaient leur première sortie depuis la fin de l'hiver, sur la goélette Lettie G sur la Hudson River. Nat, le proviseur, ancien organisateur de syndicats en Amérique centrale et reporter télé en Amérique latine avant de se lancer, à passé 40 ans, dans l'enseignement, était là. Les enfants étaient exaltés. Certains méconnaissables, comme Grégory, qui plus tard "veut prendre la mer".

Img_1247Aujourd'hui, nous étions avec Jimmy, Octavia, Hassan et quelques autres. Sur le bras de mer entourant Manhattan. Mais cette fois-ci à bord des water taxi, ces taxis sur l'eau. La Harbor School, a convaincu, facilement, le patron des taxi, d'engager ses jeunes pour les travaux sur le pont. Une aubaine pour eux. Ils sont payés entre 10 et 12 dollars de l'heure pour des journées de 8 heures (le macdo, pour info, paye 6,5 $ à Brooklyn, parole d'Octavia qui y a travaillé). Jimmy reçoit même une formation d'ingénieur sur machine. Pour cette tâche, il est payé 16 $ de l'heure. "Cette école a été ma chance, avant je traînais dans la rue, j'aurais pu mal tourner. Quand j'aurai passé le bac, je veux devenir capitaine de bateau".

le sujet passera en automne sur Thalassa

indicateurs de la vraie vie

Tiens, encore une étude sur ces indicateurs économiques très terre-à-terre qui a retenu mon attention. Elle a été publiée hier dans le Journal of American Medical Association. Les Américains de plus de 55 ans sont en moins bonne santé que les Britanniques du même âge quand bien même les dépenses médicales par personne sont plus de deux fois supérieures aux Etats-Unis. Curieusement, les auteurs insistent sur le fait que la couverture médicale, souvent déficiente aux Etats-Unis chez les classes les moins favorisées, n'explique de loin pas tout. L'alcool, la tabagie et l'obésité non plus. Du coup, les chercheurs penchent du côté de facteurs liés à la "qualité de vie". En gros, les Américains seraient davantage affectés par leur mode de vie qui inclut de longues heures de travail, la précarité de l'emploi, une isolation sociale plus importante (vous savez les suburbs, si vides...). Pour plus de détails, je vous invite à écouter l'excellent reportage de NPR.

I wasn't surprised yesterday to hear on NPR that Americans aged 55 and over are in worst health than their British counterparts even though health care expenses per capita are twice higher in America. The study was published yesterday by the Journal of American Medical Association. One would think that health insurance might be the first culprit. Not so fast, say the authors of the study. Same with tobacco, alcohol or obesity, even if Americans are indeed much heavier than Brits, who in turn, drink more. So the researchers are left with another explanation: "quality of life". Americans spend way to much time working, suffer from job insecurity, have less time for family and leisures and last, suffer from social isolation more than the Brits. (think suburbs and exurbs here).

I met Susan

Chart1_1Je ne sais pas vous, mais je crois qu'on a tous nos petites hontes cachées, celles qu'on ne révèle qu'à quelques uns de nos amis, choisis, et encore.  Bon moi mon truc c'est l'astrologie. (ça aurait pu être les napperons au crochet ou les collections de dessous de bière après tout). Et ce soir je n'ai pas résisté, j'ai voulu voir de près celle que je lis avec une avidité rageuse chaque 1er du mois. Susan Miller, la guru de l'astrologie américaine, était ce soir dans le plus grand magasin du monde (c'est ce qu'ils prétendent, je n'ai pas vérifié), pour une "girls night out". Une occasion comme une autre pour le magasin de vendre des habits.

Img_1130Susan, que j'avais commencé à adorer détester, ne ressemble pas du tout à ce que j'imaginais. Elle est brune, plutôt jolie, avec un de ces grands sourires de généreuse. J'ai même appris qu'elle a perdu des dizaines de kilos. Ca m'a presque dérangée d'abord. Et puis, j'ai apprécié son côté "copine" et j'ai même fini par trouver marrantes ses histoires de conseils vestimentaires adaptés à chaque signe. 

Sachez que les Gémeaux adorent les accessoires et font mieux d'acheter des habits bon marché car ce sont des inconstants qui se lassent vite de tout. Les Balances doivent revoir leur garde-robe fissa si elles veulent impressionner leur boss, quand aux Lions, please lâchez le noir, le brun et le gris qui vous font ce ton bistre et osez la couleur. Les verseaux ont intérêt à passer rafler tennis et survêts au rayon sport, avant de s'inscrire au club de gym: non ce n'est votre tour de taille qui est en cause, mais ce stress accumulé dont il faut vous débarrasser.

Img_1139_2Le public n'était composé quasiment que de femmes, de tous âges, de milieux sociaux divers et de races différentes. J'ai été frappée par leur convivialité, les sourires échangés, les discussions spontanées. J'ai pris deux d'entre elles pour de vieilles copines, elles venaient de se  rencontrer et parlaient...poissons. La plupart étaient des aficionadas, qui suivent Susan Miller depuis des années. Il y avait même une journaliste du New York Times qui m'a bien précisé: "je ne suis pas là pour un article, hein, mais parce que j'aime Susan".

Elles ont patienté plus d'une heure pour certaines avant de pouvoir enfin lui poser leur petite question. Il y avait un peu de l'audience papale dans ces échanges. Susan a pris le temps de parler à chacune d'entre elles, patiemment, parfois avec de grands éclats de rires complices, au grand dam du personnel du magasin et des sbires en costard noir prenant un peu trop au sérieux leur job. "Elle fait toujours ça", m'a assurée une groupie. "Chez Barnes and Noble, nous sommes restées jusqu'à minuit!, bien après la fermeture de la librairie".

Img_1146J'ai ensuite accompagné Susan jusqu'à la sortie. J'ai remarqué qu'elle boîtait. Je lui ai dis avoir été surprise par l'accueil réservé. "Mais j'aime mes lecteurs". Et alors que j'étais venue avec les pires intentions du monde, avec quinze questions assassines en tête, je l'ai écoutée me raconter ses histoires d'amitiés, d'échanges avec son public, de bonheurs à trouver dans l'adversité.

Une de ses employées à qui j'ai demandé comment elle a été engagée m'a dit: "Je travaillais  dans une librairie où je l'ai rencontrée lors d'une lecture, nous sommes devenues amies et j'ai ensuite lâché la libraire pour m'occuper de son website". Et j'ai réalisé ce que voulait dire un ami lorsqu'il parlait de ce ton "copine" qui fait qu'on devient accroc de Susan, même si on ne croit pas complètement à ces histoires de conversations dans le ciel. 

trou de mémoire

« Nous ne voulons pas que l'Italie devienne un pays pluriethnique et pluriculturel ». Silvio Berlusconi, 27 mars 2006.

ValigiagrandeLe président du conseil italien a sans doute oublié que l’exode économique des Italiens a été le plus important de l’Histoire contemporaine. 29 millions d’Italiens ont quitté la Péninsule entre 1861 et 1985. Si un peu plus de 10 millions sont rentrés au pays au cours de cette même période, ils sont néanmoins près de 19 millions à avoir trouvé refuge et accueil dans le reste du monde, en Europe, aux Etats-Unis et en Argentine principalement. Il oublie surtout que pour la première fois de leur histoire, ces Italiens pourront voter lors des prochaines législatives des 9 et10 avril. Selon les chiffres officiels du dernier recensement italien, près de 3 millions d’électeurs émigrés sont officiellement enregistrés dans les consulats de la Péninsule à l’étranger. J’ai reçu mes bulletins de vote ce week-end et je ne manquerai certainement pas cette opportunité qui m’est enfin offerte.


« We don’t want Italy to become a multiethnic and multicultural country. Silvio Berlusconi, March 27th, 2006.

The Italian prime minister probably forgot that the Italian emigration constitutes the largest exodus of modern history. More than 29 millions Italians left their country between 1861 and 1985. Over 19 millions of them never returned, finding economical refuge all over Europe, in North America and in South America, most notably in Argentina. He mostly forgot that for the first time in history, Italian living abroad are allowed to vote in the upcoming elections, on April 9th and 10th. And there are near 3 millions registered Italian voters outside of Italy. I just received my absentee ballot over the week-end and I will certainly not miss this opportunity to finally have my say.

LAMERICA

Malick9_1Je préfère le dire d’entrée, je suis une inconditionnelle de Terrence Malick. Son dernier film, « Le Nouveau Monde » que j’ai vu ce week-end n’a fait que renforcer ma conviction qu’il est l’un des plus grands cinéastes de tous les temps. Là où certains lui ont reproché sa lenteur, sa naïveté, j’ai vu une fable poétique et philosophique sur l’amour, la beauté et la brutalité humaine. J’ai aimé l’extraordinaire travail de montage, où les plans très lents, à la caméra lascive et subtilement tremblante, succèdent aux plans saccadés, courts, parfois coupés en plein mouvement, miroir d’une bande sonore remarquable où les sons débordent souvent dans la séquence suivante, se brouillent, se perdent. Comme les séquences et les sons de la vie. (bande annonce)

Et puis, il y a ce mythe solide du Nouveau Monde, qui n’était pas encore l’Amérique. Ils feront tout, ces blancs débarqués de leur caravelle, envoyés par une Angleterre cupide et coloniale, pour exploiter cette nouvelle terre vierge, paradis terrestre. Et le mythe continuera de fasciner et de nourrir les rêves de dizaines de générations après ces premiers migrants.

Malick6J’ai alors pensé à ces arrière-grands-pères dont j’ai appris récemment qu’ils avaient tenté leur chance en Amérique à la fin du 19e siècle, chacun de son côté, arrivés certainement tous deux par Ellis Island. On m’a assurée que l’ancêtre maternel avait passé 20 ans à Chicago, de l’autre on ne sait rien, sinon qu’il est lui aussi rentré après quelques années pour marier mon arrière-grand-mère. Je me suis souvent demandée ce qui les avait fait revenir au pays. L’Amérique les a-t-elle chassés (elle n’était pas tendre alors avec les Italiens) ? Ont-ils été déçus par Lamerica ?  

Un oncle maternel m’a appelée ce même week-end pour m’annoncer, «parce que tu aimes l’histoire de la famille », qu’il avait retrouvé la photo du fameux grand père de Chicago. J’ai hâte de voir à quoi ses yeux pensaient.

Malick1I will start by saying that i am a Terrence Malick unconditional fan. His lastest film “The New World” just added to my conviction that he is one of the best film directors ever. American critics have been harsh with him, denouncing his naivety and the slow pace of his film. I saw none of that. “The New World ” is a long, beautiful and dark poem on love, beauty and human brutality. As usual, Terrence Malick again proved he is a master of editing, both sounds and images, when sounds overlap each others, slip into the next sequences. (trailer)

And then, there is the Myth, about this “New World” that has not yet become America. The white men will do anything to stick to this new paradise. The myth will persist for generations after them. Those early migrants, made me think of two of my great grand fathers who both crossed the Atlantic in the late 19th century. My maternal ancestor spent almost 20 years in Chicago. We don’t know much about the other one, except he came back to marry my great grand mother. I often wonder why they got back to Italy. Did America reject them? Didn't they found the New World they were dreaming of?

An uncle of mine called me a few days ago to tell me out of the blue that he found a picture of my Chicagoan great grand father. I can’t wait to see what his eyes were thinking of.

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