the times, they are changing

CbgbEt on ne va pas pleurer. Le CBGB a vécu sa dernière party hier soir. Pattie Smith et Deborah Harry de Blondie ont fait leurs adieux ce week-end au club légendaire du Bowery. Les Ramones,Television, Iggy Pop, des dizaines d'autres groupes punk rock y avaient fait leurs débuts. Patty Smith aurait dit hier soir: "Cet endroit n'est pas... un temple". Alors, la nostalgie, on oublie, il y a des dizaines d'autres clubs de musique indépendante et novatrice à New York: Tonic, Sin-é, Delancey, the Lucky Cat... je vous invite à rallonger la liste si vous le souhaitez.

And we are not going to cry over it. The CBGB threw its last party last week-end, with legends like Pattie Smith and Deborah Harry on stage. Yes, the Ramones, Television, Iggy Pop and many others made theirs debuts at the venerable club on the Bowery. Patti Smith was reported saying last night: "this place is not a... temple". Right, no time for nostalgia, lets move on, there are dozen of venues in New York for indie music aficionados, starting with Tonic, Sin-é, Delancey, the Lucky Cat....please fill the list is you feel like it.

picture Reuters

Ils sont partis

J'ai appris tout à l'heure que Winnie et Bobby, les deux sans abris indiens de l'East Village, sont morts cette année à quelques semaines d'intervalle. J'avais vu Winnie il n'y a pas si longtemps. Il est mort d'une cyrhose du foie, à en croire l'homme qui donnait la nouvelle dans l'épicerie jordanienne du coin.

Il était difficile de ne pas remarquer Winnie. Ses cuites dans le quartier étaient légendaires. Il était capable de cuver à même le macadam, des heures durant, par n'importe quel temps. Souvent en face de chez moi, devant le vidéo store polonais. Un sans abri bourré et ronflant, le Winnie. Il paraît qu'il ne voulait pas mourir sans que personne ne sache rien. Alors, il est parti voir ses parents, dans l'Ouest. C'est là qu'il est mort, d'après l'homme de l'épicerie.

Bobby, c'est une autre histoire. Il portait son origine comme un trophée. Ses grands cheveux noirs généralement noués en une longue natte, plus rarement détachés sur les épaules. Je l'avais remarqué dès mes premières années dans l'East Village. Il se tenait le plus souvent à l'angle de St-Marks Place et 1ère Avenue, assis en tailleur contre le mur du petit théâtre. Il avait toujours des histoires à raconter. Il m'a dit un jour qu'il essayait de récolter de l'argent pour rentrer chez lui, chez les siens. Il est mort dans un hôpital de New York, d'après l'homme de l'épicerie.

I learned today that Winnie and Bobby, the two native Americans homeless, two fixtures of the East Village, died a few months apart, last year. Winnie was able to make it to his parents, in the West. He did not want to die without no one knowing. Bobby was the more impressive of the two. A big stature. He wore his origins like a trophee. His long hair attached in a ponytail.

I remember him sitting on St-Marks Place and 1st avenue, his legs crossed. He was always telling stories. He told me one day he wished he could make enough money to go back to his people. He died in a New York hospital. Or so said a man tonight in the Jordanian grocery next door.

So long Pierrot

KioskCa aurait pu être encore un coup de gueule. Je me contenterai d'un aurevoir. Pierrot ferme Le Kiosk aujourd'hui. On le regrette déjà. Les bonnes idées ont la vie dure à New York. Avant Pierrot, un français d'origine espagnole, l'endroit servait de stand de journaux où l'on servait du très mauvais café. Quand Pierrot l'a repris, il en a fait en quelques années un must de l'East Village, en installant une petite terrasse bien ombragée. Au menu: des croissants pur beurre, des sandwiches délicieux, un cappuccino au caractère bien trempé, des salades typées et typiques. Et puis le sourire de Pierrot...En très peu de temps, il a fidélisé les clients.

Alors pour la faire brève, Pierrot n'a plus les moyens de payer le nouveau loyer réclamé par le propriétaire. Il ferme la boutique qui sera reprise par une autre institution de l'East Village, le Veselka. Hum, c'est mieux que Starbucks me direz-vous, mais des blintzes ou des pierogis au petit déj, franchement....Bon vent Pierrot.

Ok, i won't whine for once, though i am not far from being in the mood for it. Le Kiosk at the corner of Houston Street and First Avenue, the little outdoor hang out at the F subway station, is closing today. Another sad New York story. Yes the rent is going up, yes Pierrot can't pay it anymore. No, Starbucks is not taking over. Veselka's owner is. I know, its not all that bad, but after all, Pierrot was the first to make the place a favorite in the East Village, and frankly are you ready to trade the french croissants for blintzes?


Add 1: le proprio n'est autre que la ville de New York, en mal de financement

Add 2: une aventure similaire est arrivée au tenancier d'une petite gargote en plein air à la Dag Hammarskjold Plaza, tout à côté des Nations Unies. Installé là depuis 1999 et redonnant du même coup vie à une place totalement ignorée des New Yorkais, Mark Grossich n'a pas pu se mesurer aux offres de concurrents plus fortunés. La mairie ne fait pas dans le sentiment, elle donne ses places et autres kiosques au plus offrant. Des amis du premier loueur ont cependant porté plainte contre cette décisionm, selon le New York times. suite au prochain épisode.

Add1: the owner of the Kiosk is the City of New York.

Add2: Mark Grossich experienced the same fate at the Dag Hammarksjold Plaza, close to the UN, a obscure place to most New Yorkers till a few years ago when Mister Grossich opened a small outdoor restaurant in a greenhouse kind of structure. According to the New York Times today, the city gave the lease to a best bidder, someone willing to pay up to 48000 $ when Mister Grossich could only put 18000$. Friends of the Park sued the cit. Let's wait and see.

les dimanche à New York (2)

La_plaza_centralIl y a ceux qui ne jurent que par Central Park, officiellement étiqueté dans tous les guides et ailleurs, le "poumon" de New York. Le park est très beau. Rien à dire. Mais je préfère aller respirer du côté de Coney Island, au bord de la mer. Et quand je cherche un peu d'ombre, je lui préfère les "community gardens", nés de la volonté des habitants de s'emparer des lotissements laissés vacants par la ville voire même par des privés suite à la grave crise financière des années 70. On en dénombre aujourd'hui plus de 600, la plupart dans les quartiers (anciennement) les plus défavorisés, là où les spéculateurs étaient moins empressés de vouloir re-construire.

9th_streetJ'ai de la chance, il y en a encore une bonne dizaine dans mon quartier, du côté d'AlphabetCity. J'aime particulièrement celui à l'angle de la 9e Rue et d'Avenue C, avec ses recoins, ses tonnelles et ses allées ombragées. Quiconque habitant le quartier peut devenir membre d'un jardin. En s'acquittant d'une petite donation, il obtient même le droit de jardiner un petit lopin à sa guise. Ce qui me surprend toujours, c'est que les gens ici ne plantent presque pas de légumes, mais uniquement des fleurs et parfois des plantes aromatiques... Les règles varient d'un jardin à l'autre. Certains peuvent être utilisés pour des fêtes par leurs membres, dans d'autres, des scènes ont été aménagées pour des spectacles ou des concerts.

Femme_lisanL'existence même de ces poches de verdure est un anachronisme dans une ville qui compte le moindre de ses mètres carrés constructibles. L'ancien maire, Rudolf Giuliani, avait bien essayé en 1999 de déloger une partie de ces citoyens-jardiniers. Il avait été pris à son propre piège. Lors d'une mise aux enchères de 112 jardins, organisée par ses soins, la chanteuse Bette Midler à la tête de plusieurs organisations écologiques réussit à réunir plus de 4 millions de dollars et à en sauver près de 60, gérés aujourd'hui par une association ad hoc. Depuis, la plupart des jardins restants ont été placés sous la tutelle du Département des parcs de la ville de New York, sauvés des spéculateurs suite à un accord entre le procureur de l'Etat et la ville.

une nation de bénévoles

Schoolkenya_2Ça sent le printemps à New York, je suis logiquement allée voir mon coiffeur, Nelson, dans l’East Village. Nelson est un personnage singulier dans le milieu fashion souvent superficiel des salons New Yorkais. D’abord il n’est pas cher, suffisamment rare pour le mentionner. Mais surtout, même si la coiffure est une passion et son gagne-pain, son temps libre, Nelson aime le consacrer à des causes humanitaires et/ou écologiques. Depuis plus d’un an, il s’est engagé à titre bénévole dans le projet Sereolipi, qui finance la construction d’écoles pour des tribus nomades au Kenya. Nelson a effectué à ses frais un premier voyage en Afrique l’été dernier pour y amener l’argent récolté à New York lors d’actions de levées de fonds, dont une organisée dans son salon. Avant cela, Nelson a plongé pendant des années pour le River Project, une association qui nettoie les fonds de l’Hudson et analyse la qualité de ses eaux.

Ils sont des milliers aux Etats-Unis à se porter bénévoles pour toute sortes de projets, du nettoyage des trottoirs à la prise en charge de patients atteints du Sida ou à l’accompagnement scolaire d’enfants défavorisés. J’en connais plusieurs autour de moi, à part Nelson Le bénévolat est tellement ancré dans cette société, que même Time Out, le magazine des sorties publie une rubrique hebdomadaire « Any volunteers ? » présentant des associations à la recherche de bénévoles. Il faut croire que ça marche. Vous me direz que les Américains s’investissent ainsi parce que leurs services sociaux sont déplorables. Il y a certainement du vrai, mais je crois aussi que c’est une manière pour eux de se sentir pleinement investis dans leur communauté.

EcoleSpring is on the way. I had to pay a visit to my hairdresser, Nelson. I like Nelson. First, he is not greedy, worth mentioning in Manhattan. You can still have a cut at a decent price in the heart of the East Village. But I mostly like Nelson for all his humanitarian and environmental actions. He has long volunteered for the River Project on the Hudson River. Lately, he has been intensely involved with Sereolipi, a non profit project named after this northern region of Kenya. Sereolipi wants to help nomadic tribes there build nomadic schools for their children. Nelson went for the first time to Kenya at his own expenses last summer to deliver the money he had collected in New York at different fundraising events he helped organize in his salon and elsewhere.

Since my arrival in New York, 12 years ago, I have been amazed by the amount of time Americans put into volunteering. From cleaning sidewalks, to tutoring kids after school or taking care of Aids patients. None of this really exists in Europe since states usually provide for most of these social programs. And I certainly wouldn’t like to see those disappear. At the same time, I believe volunteering in such a way probably give Americans a higher sense of community.

repères bousculés

Img_1001J’ai cru un instant m’être trompée de rue, à une encablure de chez moi pourtant. Les New Yorkais l’ont longtemps surnommée Indian Row, en raison de la succession de restaurants indiens très bon marché qui s’y succédaient avec à l’entrée un rabatteur un hôte vous harcelant invitant à passer le pas de la porte. Mais l’autre soir, il n’y en avait qu’un bravant le froid et il m’a juste lancé un « good night M’aam » très poli. La rue va bientôt devoir se trouver un nouveau nom, je suis passée devant deux restaurants japonais, un cajun, un éthiopien avant d’arriver enfin devant le….marocain où j’avais rendez-vous.
Je me souviens qu’il y a quelques années l’Association de la 6e Rue Est avait fait du raffut en raison des odeurs très épicées qui montaient des cuisines des rez-de-chaussée de la rue. Je ne sais pas si ce sont leurs plaintes ou la pression immobilière ambiante qui ont finalement eu raison d’Indian Row. Les prix affichés par les restaus susmentionnés ne s’alignent évidemment pas sur ceux des indiens qui les ont précédés.

What the hell happened to Indian Row? The other night I almost thought I missed it. I had to pass two Japanese restaurants (cheryn and Chiyono), one Somali (Awash) and one Cajun (Mara’s Homemade) to finally reach the….Moroccan one where I was meeting with friends.
I remembered that a few years ago complaints were filed by residents of East 6th street against the smell coming out of the Indian kitchens downstairs. I wonder who finally pushed out most of those Indians restaurants, the neighbors or the real estate pressure that is leaving almost no leeway to small businesses in the neighborhood. One sure thing, prices have gone way up with the newcomers. 

work in progress on the Bowery

C'était un de ces parfaits moments new yorkais.  Little Annie  donnait hier soir Annie_face_2un concert discret, une "intimate preview" à l'occasion de la sortie imminente de son nouvel album "Songs From the Coalmine Canary". C'est elle qui l'a dit, "my record release", comme s'il y avait une certaine incongruité à parler de "cd release". Annie était accompagnée au piano par Paul Wallfisch, de Botanica au Dixon Place , un club-appartement situé au deuxième étage d'un vieil immeuble sur le Bowery, qui s'est spécialisé dans ces soirées "work in progress" si typiquement new yorkaises où des artistes aguerris ou non viennent se confronter à leur public pour commentaires, critiques et encouragements.  Avec Annie, ce fut plutôt un échange d'impressions, de souvenirs, elle a évoqué tout à la fois les hommes du passé, la drogue, les amis, ceux qui sont partis et ceux qui restent et puis Mexico City "tellement plus cool" que New York, l'"antithèse du cool".  Et le public a ri, amer, dans cet espace en sursis, où les ombres d'Allen Ginsberg et de William Burroughs ont depuis longtemps disparu. Avant le concert, la patronne des lieux avait annoncé le déménagement de Dixon Place. Dommage pour ce bel espace.  Seule consolation, Dixon a obtenu des fonds importants de la ville pour se loger de façon permanente cette fois à quelques pâtés de maisons.

It was one of those perfect New York moments. Little Annie gave yesterday night an "intimate preview" of songs of her soon to be released new "record" Songs From The Coalmine Canary as she labeled it, as if "CD" was still an incongruous concept. Annie performed with Paul Wallfisch of Botanica at Dixon Place, a club-apartment on the second floor of a Bowery old tenement building whose specialty is to show "work in progress" performances. Annie spoke of past love stories, drug, friends, those gone and those still very present, and about Mexico City, so "cool" contrary to New York which has become the "antithesis of cool". There were some sardonic laughs in the audience.

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