Sad times in New Orleans

Tent600

La crise du logement s'accentue à la Nouvelle Orleans. Les logements sociaux qui vont être démolis ce mois, sauf miracle juridique, les camps de caravane de la Fema, l'agence fédérale de secours en cas de crise, vont également être fermés. La ville compte déjà plus de 12 000 sans abri, certains d'entre eux vivent depuis plusieurs mois dans un campement de fortune en face de la mairie. La vidéo du New York Times ici. Tout cela en plein hiver.

The Housing crisis is just worsening in New Orleans. Beside the public housing that are set to be demolished starting December 15th, Fema has decided to close all its trailers camps. In the meantime, more than 12000 people are homeless in the City. Some of them are living in a makeshift tents camp across the street from City Hall. The New York Times put out a video on the subject.

photo NYT

blacksburg diaries

Il est des coïncidences ironiques! Je m’étais rendue en 2002 sur le campus retiré et bucolique de Virginia Tech, à Blacksburg, dans les Appalaches, pour y interviewer Stephen Prince , professeur de cinéma, spécialiste de la violence sur les écrans et auteur de plusieurs ouvrages sur la question, pour un documentaire sur l’impact de la violence à la télévision sur les jeunes spectateurs. Dans un email reçu peu après la tragique tuerie qui a causé 33 morts à Blacksburg hier, le professeur Prince ne manquait pas de relever à quel point notre conversation théorique d’alors le ramenait « littéralement » au cœur de sa réalité.   

Dans cet entretien, Stephen Prince disait déjà sa conviction sur l’effet de la violence au cinéma sur les spectateurs, les plus jeunes en particulier. Le matraquage d’images fortes – un Américain moyen verrait près de 20 000 morts violentes simulées sur écran au cours de sa vie – désensibilise le spectateur, expliquait Prince, « raison pour laquelle les cinéastes travaillent tellement leurs scènes de violence, toujours plus longues, plus étoffées et sophistiquées dans leur mise en scène et leur montage, avec gros plans, ralentis, mouvements de caméras inattendus, pour à chaque fois, capter l’attention ».

Il avait analysé pour nous plusieurs films, dont Bonnie and Clyde d’Arthur Penn
, Orange Mécanique de Stanley Kubrik et le désormais incontournable « Basketball Diaries », avec Leonard di Caprio dans le rôle de l’étudiant psychopathe et tueur. C’est ce film qui aurait, croit-on, inspiré les deux jeunes tueurs de l’école Columbine, l’autre tragédie qui avait secoué l’Amérique, le 19 avril 1999, à Denver, au Colorado. On avait beaucoup glosé alors sur « l’effet copycat », l’effet d’imitation, que ces films induisent sur des jeunes gens perturbés, mal dans leur peau, rejetés parfois par leurs pairs.

Rien n’indique qu’une situation similaire ait été à l’œuvre à Blacksburg, mais cette tragédie, comme les précédentes à Columbine (15 morts), Jonesboro en 1998 (5 morts, les tueurs avaient 11 et 13 ans) ou plus près dans le temps, l’automne dernier dans la petite communauté Amish de Bart Township (5 morts), ramène à ces mêmes questions. Pour d’autres spécialistes, la violence sur les écrans ne serait que le reflet de la violence inhérente à la société américaine, et non l’inverse. Et de citer pêle-mêle, l’origine violente des premières années de l’histoire du pays, la mentalité des pionniers de l’ouest ne pouvant compter que sur eux-mêmes dans un environnement hostile, et plus près de nous, la violence des ghettos.

Ce qui surprend surtout à chacune de ces tragédies de masse, c’est, malgré le choc, le degré d’acceptation de cette brutalité. Les confrères américains, lors de la première conférence de presse de la police, quelques heures après la tuerie, s’étonnaient des faibles mesures de sécurité autour du campus, s’inquiétaient du manque de préparation de l’Université face à un tel événement, comme si il était évident qu’une école ou une université devaient désormais compter avec ce type de raptus homicide.

En filigrane bien sûr, l’éternel débat qui ne manquera pas de rebondir sur la libre circulation des armes à feu aux Etats-Unis, intouchable au nom du sacro-saint deuxième amendement de la Constitution qui garantit le droit à la libre défense et au port d’arme. Le tueur se serait servi de deux armes, un 9mm et un 22 calibre. Depuis Columbine pourtant, et malgré l’onde choc qu’avait créé ce massacre, aucune nouvelle législation sur le port d’arme n’a été déposée au Congrès. Pire, le moratoire de dix ans sur la vente des armes d’assaut semi-automatiques, adopté au début du mandat de Bill Clinton en 1994, n’a pas été reconduit en 2004.

 

 

what it means, to miss new orleans

Hot8_2 Toujours avant le départ, comme une inquiétude. Dernier soir avant le retour à New York. Et soudain, une musique dans la nuit. Un brass band, le Hot 8, dans la rue voisine. Des dizaines de badauds sont agglutinés. Ma propriétaire m'avait recommandé la prudence, la nuit était tombée depuis longtemps. Des enfants pourtant sont toujours dehors et dansent. Elles m'ont fait penser aux fillettes de Cuba, ces enfants, le rythme dans le sang, alors qu'elles ne savent sûrement pas encore lire avec autant d'aisance.

Le Hot 8 est là pour célébrer l'anniversaire de Dinerral, leur percussionniste abattu d'une balle au début de l'année. Je sens une tension sourde. Une femme (la femme, la soeur de Dinerral?) souhaite que les musiciens s'en aillent. Ils ne l'entendent pas. A la fin du morceau suivant, elle hurle. Son cri déchire la nuit. Les voix montent, s'agressent. Les gens détalent, la peur au ventre. Je fais comme eux.

Lil_queen_2 Quitter la Nouvelle Orléans sur une note aussi amère m'est impossible. Je décide d'aller voir les Mardi Gras Indians car c'est la nuit de St Joseph, celle où les tribus d'uptown et de downtown se retrouvent pour de vrais faux combats où les derniers guerriers de la ville meurtrie se toisent et comparent leurs flamboyants costumes. La coutume qui remonte presque aux origines de la ville n'a rien perdu de son authencité. Une fillette parée comme un ange, clame qu'elle est LA Petite Reine. Les joutes se terminent par une accolade.

Elle est comme ça la Nouvelle Orléans, volatile, enchanteresse et explosive.

sinking into sorrow

Img_2400 La Nouvelle Orléans n'en finit pas de se noyer dans son chagrin. Huit meurtres durant les 8 premiers jours de l'année nouvelle. Six dans les 24 heures menant du 4 au 5 janvier. Dont Helen Hill, 36 ans, ancienne stagiaire de mon hôte, amie d'un proche et d'une voisine, connue dans les milieux artistiques pour ses films d'animation. Helen a ouvert sa porte jeudi matin à un inconnu qui lui a tiré trois balles meurtrières dans le corps. Son mari, Paul, un médecin qui travaillait dans une clinique pour les indigents et non assurés, a pris lui aussi trois balles, mais est aujourd'hui hors de danger. Il a emmené leur fils de 2 ans dans son Canada natal, où il est parti par le premier avion.

Dinerral Shavers, 25 ans, le percussionniste du Hot 8 Brass Band est tombé lui aussi sous les balles meurtrières d'un jeune homme de 17 ans qui en voulait, a-t-il dit à la police, au beau-fils de Shavers, un adolescent de 15 ans.  La Nouvelle Orléans est en émoi. La tenancière du Sound Café, amie des musiciens du Hot 8 et d'Helen, a invité qui voulait bien à venir réfléchir ensemble à quelle action mener pour mettre fin à cette vague de violence. Son café n'était pas assez grand pour accueillir la foule. Il a fallu garder portes et fenêtres ouvertes pour que ceux restés sur le trottoir puissent entendre les propos tenus à l'intérieur.

Hormi quelques réacs demandant qui l'instauration d'un état d'urgence, qui la démission immédiate du chef5_dick de la police, qui encore le renforcement de la police par davantage de soldats de la garde nationale, la majorité de l'audience a réclamé que l'on se pose enfin la question de l'origine des crimes et que l'on remédie à la paupérisation galopante de cette ville toujours à genoux depuis Katrina qui n'a fait que porter à leur paroxisme des maux endémiques.

Aujourd'hui, deux marches concommittantes doivent se rejoindre devant la mairie pour réclamer aux autorités de prendre enfin des mesures efficaces. Des milliers de personnes sont attendues. Hier soir, une centaine de personnes se sont rassemblées à nouveau au Sound Café pour barioler banderoles et pancartes pour les manifs d'aujourd'hui. Le maire Ray Nagin, flanqué de deux gardes du corps et du chef de la police, y a fait une brève apparition. Il n'a rien dit. S'est contenté de battre la mesure sur les vieux blues du groupe qui animait la soirée. Il a été bien avisé. Une récupération politique aurait été très mal venue.

New Orleans is sinking even deeper into its sorrow. Eight murders plagued this city during the first eight Index_band1_2 days of the new year. Helen Hill, 36, fell under three bullets shot at her after she opened her door early Thursday morning to an unknown person. Her husband, Paul, though also shot three times, survived along their 2 years old baby he was allegedly holding in his arms. He is reported to have left immediately for his native Canada. A few days earlier, Dinerral Shavers, 25, snare drummer of the Hot 8 brass band, was shot by error, by a young man who was, so he told the police, after Shaver's stepson.

Profoundly shocked by the loss of these two friends, the owner of Sound Cafe called for a public meeting in her cafe on Sunday. The place was not big enough to accommodate everybody. Doors and windows had to remain opened to allow those outside to hear what was being said inside. Despite a few reactionary voices asking for a state of emergency, more police forces on the street and stronger sentencing, the majority of the people was asking for basic needs, as housing, jobs, health care and public schools, in a city still stranded, to be finally met.

Tomorrow, two parallel marches will convene at City Hall to ask politicians to finally address the population's concerns. Tonight, several dozens of people gathered again at Sound to prepare banners for the march. The mayor, Ray Nagin, and his chief of police stopped by. They stood politely in the back of the room, listening to the band that was playing while people were readying for the protest. They would have been ill advised to even try a speech.

Happy Year

Kalender_1Le front d'opposition à la nouvelle année a fait des émules à Genève. Un proche, pensif et sérieux, se demande pourquoi nous persistons à fêter la nouvelle année quand il faudrait faire un enterrement de première classe à celle à peine écoulée. Quant à moi, plutôt que de me poser de si graves questions existentielles, je préfère aller célébrer le passage du 1er au 2ème de l'an avec une bande de potes qui ont fait des restes (du nouvel an) la fête la plus courue de la région. A vous tous, une excellente année, nouvelle ou pas.

My beautiful laundrette

Img_2310C'est vraiment classe comme rencart. A CheckPoint Charlie, pour se faire un mini-foot, croquer un double cheese burger, siroter un cocktail maison (avec du rhum oui) et écouter un groupe de rock live, tout en faisant sa lessive. Of course 24 heures sur 24. Only in New Orleans.

What about having a double cheese burger with the house cocktail, while listening to a good live rock band and get your laundry done at the same time. That's 24/7 at CheckPoint Charlie. Only in New Orleans.

what do you want?

Img_2317_1







































Dans les toilettes dames d'un café très populaire du Vieux Carré.

ps1. un shotgun n'est pas un fusil, mais un type de maison aux pieces en enfilade très populaire à la Nouvelle Orleans. Appelé shotgun parce qu'une balle de fusil traverserait la maison de bout en bout sans abîmer un seul mur.

ps.2 je ne suis pas allée voir chez les Messieurs.

As seen in the ladiesroom of a very popular coffee shop in the French Quarter.

ps1. just in case, a shotgun is a typical New Orleans railroad kind of house, where a bullet would go straight forward from the front door to the backyard without damaging any wall.

ps2. i didn't see what the Men thanks were.




trailer chic

Trailerbeauty Certains s'y sont faits plus vite que d'autres. La vie dans les caravanes du gouvernement n'est pas prêt de prendre fin à la Nouvelle Orléans et sur la côte du Golfe du Mexique. Alors autant le prendre sinon avec humour, au moins avec élégance et un certain sens de la déco, ça aide à surmonter la claustrophobie. Larry Brideveaux (à l'image) est l'heureux gagnant du concours du plus beau trailer organisé par le Times Picayune, le journal local.

It's tough, but some would be better off if they just get over Trailer it, life in a trailer won't end anytime soon for many residents of New Orleans and the Gulf Coast. So, better take it with some sense of decoration in order not to get depressed or claustrophobic, Larry Brideveaux (picture) is the winner of the Trailer Beautification Contest put together by the Times Picayune.

picture from Reuters

corpore y mens

Swimmingpool Ils ne font décidément pas grand chose comme le reste des USA à la Nouvelle Orléans. Je cherchais un club de gym, au hasard, et pas trop loin de chez moi, histoire de me remuer un peu. (je n'ai plus l'habitude de tout faire en voiture et la marche sur le macadam new yorkais commençait à me manquer). J'ai croisé les doigts pour des tarifs raisonnables dès que j'ai passé la porte du New Orleans Athletic Club. Celui dont j'avais toujours rêvé.

Fondé en 1872, le club s'installe définitivement dans ses murs sur North Rampart en 1929. Parce qu'un corps sain n'était jamais pensé que dans un esprit sain, les actionnaires en firent un gym et un social club. A côté des salles de sport, il y a avait donc un bar, une salle de bal, un réfectoire, un salon. Aujourd'hui encore, le club a gardé l'esprit d'alors. Je prends mes cours de yoga à l'étage, dans la salle de bal face à d' immenses portes-balcons s'ouvrant sur l'avenue et sous de lourds lustres que je veux croire en cristal, je fais mes longueurs dans une piscine entourée de colonnades et d'une galerie d'où me parvient le bruit sec des frappes des boxeurs.

Le vieux zinc est toujours en fonction et son menu ne se limite pas aux seuls jus de fruits survitaminés.
Un salon de massage et de beauté est attenant au vestiaire des filles. Près de l'entrée, la bibliothèque fait fonction de véritable QG social du quartier. Les livres y sont rares...mais il y a le wifi et des revues diverses. J'y ai déjà rencontré plusieurs de mes sources. J'avais toujours pensé que la gym se devait d'être associée à d'autres plaisirs. Sinon, c'est vraiment trop rasoir.
I

Echassiers

Echassiers_1
                                       

Ils les construisent maintenant sur des échasses. Nous sommes ici à la frontière entre la Louisiane et le Mississippi. Plus loin, sur la côte du Golfe du Mexique, c'est pareil, les anciennes maisons victoriennes sont remplacées par ces maisons aériennes qui m'ont paru si fragiles perchées sur leurs béquilles. Mais les assurances exigent des élévations. Un des propriétaires m'a expliqué avoir pris pour étalon la hauteur du raz-de-marée qui a balayé la côté à l'est de la Nouvelle Orléans et son ancienne maison avec: 24 pieds.

Houses at the state line between Louisiana and Mississippi.That's how they build them now, to respect the flood elevation required by the insurance companies. A homeowner explained to me he choose to elevate his house at the exact hight of the surge that wiped out the Mississippi Coast and his former house with it: 24 feet.

My Photo

au fait



  •  

     


Recent Posts

Recent Comments

search


aaaads

stuff



  • expat

  • list.blogug.ch

  • Subscribe with Bloglines

  • BlogueParade.com - Annuaire des Blogues francophones



  • Add to netvibes

  • Subscribe to RSS Feed