c'est parti

Thumbnail_2 J'ai un peu hésité. Encore un blog? une surcharge de travail? Garder la présidentielle dans ce blog? J'ai finalement décidé d'ouvrir un nouvel espace, consacré exclusivement à la course à la Maison Blanche. C'est ici.

Alors bookmarkez, rssessez, blogrollez.
Merci.

Ce blog continue sous sa forme actuelle.

boule de cristal

A quoi reconnaît-on qu'une campagne électorale présidentielle bat de l'aile?

- Lorsque même les correspondants étrangers reçoivent un email leur proposant de solliciter une interview du candidat. L'intéressé : l'ancien gouverneur de Virginie Jim Gilmore  

- Lorsque les candidats poireautent plus d'une  heure après un débat télévisé accordant leur temps aux journalistes qui veulent bien daigner leur poser une ou deux questions. Les candidats: le même Gilmore, le sénateur Sam Brownback (l'enfant chéri pourtant des évangélistes qui semblent attendre un meilleur porte-parole), l'ancien gouverneur du Wisconsin Tommy Thompson (à  ne pas confondre avec Fred, l'acteur, qui va se lancer dans la course incessamment) et le réprésentant Duncan Hunter  (il est même allé prendre l'air sur le perron sans que personne ne l'assaille).

côté démocrate, on hésite à mettre le sénateur du Delaware Joe Biden dans ce groupe, étant donnée la propension notoire (et rédhibitoire?) de celui-ci à s'épancher même lorsqu'on ne lui demande rien.

Enfin, on peut mettre dans la catégorie des vice-présidentiables sérieux ceux qui font le déplacement vers les journalistes après un débat, mais autour desquels il faut jouer des coudes pour glâner une réponse tout en se prenant une caméra dans les côtes. Côté démocrate: le gouverneur du Nouveau-Mexique Bill Richardson ou le même (mais là on hésite pour les raisons déjà citées), Joe Biden voire le sénateur du Connecticut Chris Dodd.

Côté républicain, cette catégorie ne semble pas exister, il faudra trouver un autre critère.

les yeux dans les yeux

Et dire que j'ai failli commettre un post très critique récemment sur mes confrères photographes américains. J'étais en effet ulcérée par la manie systématique des médias, ici ,à publier des photos très peu flatteuses d'Hillary Clinton.  En revanche, Barack Obama, lui, toujours impeccable, classe, pour ne pas dire sexy. J'essaie d'être objective là. Et puis, après deux jours en Caroline du Sud, à suivre les candidats démocrates en campagne, j'ai bien dû me rendre à l'évidence.

Hillary n'est pas photogénique, mais alors PAS DU TOUT! Et je vous assure que je l'ai mitraillée, sans succès. Surtout, si quelqu'un a le bras long, qu'il dise au plus vite à ses conseillers en images de la sommer de cesser immédiatement d'écarquiller les yeux à chaque fois qu'elle salue quelqu'un!


Hillary_2


A few weeks ago, i almost wrote a post to condemn my colleagues photographers who keep publishing very unflattering pictures of Hillary Clinton. As if they have an agenda. In comparison, Barack Obama alway comes out as a perfect, classy, handsome, and well, sexy, man. After a couple of days spent in South Carolina to cover the democratic campaign, i can only admit that Ms Clinton is not photogenic.

As hard as i tried, i couldn't come up with a better picture. So if anyone knows anyone close to her image consultants, please pass the word out. She has to stop making that eyes thing whenever she shakes a hand. And she does shake a lot of hands these days.

Swiss-New Orleans' joint venture

Dès demain, et pour une semaine, la Radio suisse romande (RSR, la Première) diffusera 10 émissions en direct de la Nouvelle Orléans auxquelles j'ai modestement contribué en guidant mes confrères romands à travers la ville, ses personnages, ses hauts-lieux et en partageant avec eux quelques uns de mes coups de coeur et une partie de mon carnet d'adresses. On devrait m'entendre demain et vendredi livrer quelques réflexions sur cette ville que j'arpente depuis plusieurs mois maintenant.

Un dromadaire sur l'épaule consacrera cinq émissions d'une heure, dès 13 heures chaque jour,  à la ville, sa reconstruction, sa culture, ses problèmes de criminalité et bien sûr l'avenir après Katrina. Radio Paradiso, tous les jours également, de 19h à 20h, passera en revue 100 ans d'histoire de la musique à la Nouvelle Orléans, avec des musiciens en direct du Vieux Carré. Le blog de l'équipe, ici.

La radio musicale locale, Wwoz, retransmettra ,elle aussi en direct, sur ses ondes, ces émissions bilingues. Curieuse de voir la communauté locale réagira à ce regard suisse sur leur ville.

Les deux émissions devraient être disponibles en podcast dès demain. J'espère pouvoir les  relayer sur ce blog.

Starting tomorrow the swiss national radio (Radio Suisse romande) will air 10 shows live from New Orleans, to which i modestly contributed by guiding my swiss colleagues around town, by introducing them to some of the people i met here over the months and by opening my address book to them. Five shows will be on the life in the Crescent City since Katrina and five will be dedicated to over a 100 years of music on the Mississippi River.

Sign of the warm welcoming they received here, Wwoz, the local music radio, offered to air our musical shows, live, every day at 1pm, NO time. You should be able to listen to those almost totally bilingual programs here and here.

   

Rue89, ça bouge

Comme ils le disent eux-mêmes, c'est parti. Trois anciens journalistes (depuis hier) de Libération et trois de leurs collaborateurs ont ouvert le blog du making of de Rue89, un nouveau site d'information à venir. Quelques infos ont percé, ici ou.

La date officielle du lancement n'est pas encore connue, mais si le contenu est aussi pétard que les couleurs du blog, ce sera en effet une révolution! Allez, on se réjouit et on leur souhaite d'entrée TRES longue vie.

So long

3457681829 Il est parti le grand Kapuscinski, cette semaine à Varsovie. Un de ceux qui me rassurent quand je doute de mon métier, parmi quelques autres. NPR lui a rendu hommage ce soir, en rediffusant une interview datant de 1998.

Kapuscinski left us this past Tuesday. When i doubt my profession, i like to turn to his writings among a few others. NPR paid him homage tonight by airing an interview dated 1998.

New kid on the block

A vos blogrolls, Philippe Coste, le correspondant US de l'Express, reprend du service blogosphérique. Après un blog audio durant la campagne présidentielle 2004, il nous revient pour raconter sa New York Coast.



New York écoute, et Washington?

Img_1632_2 L'article du New York Times sur les logements sociaux de la Nouvelle Orléans a été publié aujourd'hui dans la section Week in Review. Pour ceux qui comprennent l'anglais, le reportage audio est là. Les efforts déployés par un groupe d'activistes et de citoyens engagés pour assister le spécialiste en architecture du journal, il y a trois semaines, n'auront pas été vains. Dans son commentaire audio, Ouroussoff parle de la "perversité" du gouvernement fédéral à vouloir démolir ces bâtiments, qui outre leur évidente qualité architecturale, doivent à tout prix être réouverts pour accueillir les résidents les plus pauvres de la Nouvelle Orléans, toujours intentionnellement empêchés de rentrer chez eux.

The New York Times article on Public Housing in New Orleans was published this morning with a very informative slide-show. The efforts of a small but tenacious group of activists , to provide the journalist with as much information as they could, were not vain. In his audio comment, Ouroussoff speaks about the "perversity" of HUD's policy who wants to destroy most of New Orleans public housing complexes. Not only are those buildings of great architectural value, there are most of all urgently needed to house poor African-American residents that have been intentionally kept out of the City since Katrina. Spread the word.

Spike it!

Lee4C'est hier soir qu'avait lieu, à la Nouvelle Orléans, la première mondiale du nouveau documentaire de Spike Lee sur l'ouragan Katrina. Avant même la projection, une polémique a enflammé la ville suite à un article incendiaire du journal local sur l'approche soi disant biaisée de Spike. En gros, il aurait trop filmé les noirs, pas assez les blancs. "Vous avez dû dormir pendant la projection", a lancé Spike Lee au critique lors de la conférence de presse avant le film hier.

Je ne voulais pas me prononcer. Mais après avoir vu le film, je voudrais croire que le journaliste du Times Picayune s'est vraiment endormi, car personnellement, je vois dans son article un ramassis de mauvaise foi. De celle qui continue à alimenter inutilement des tensions qui n'ont pas besoin de pareilles contre-vérités pour exister.

Dans "When the levees broke: a requiem in 4 acts", Spike Lee rend d'abord hommage aux hommes et aux femmes, toutes races confondues, qui ont subi l'incurie des autorités, locales, étatiques et fédérales. Je n'y vu aucune trace de racisme inversé, au contraire. Compte tenu de la démographie de la Nouvelle Orléans, on frise l'overdose de visages pales dans ce film.

Ce qui me ramène à la mauvaise foi de certains commentateurs. Le reste du pays se complaît à parler du racisme ambiant de la Nouvelle Orléans, quand la Nouvelle Orléans est un ville beaucoup plus intégrée, que disons, New York, où je vis, ou Washington, où la ségrégation est criante.

La mixité de la Nouvelle Orléans remonte à ses origines, quand les premiers esclaves libérés furent autorisés à y vivre, la culture créole a pris racine dans cette ville. Aujourd'hui encore, les quartiers mixtes sont légion, aussi bien dans les zones huppées que dans les zones les plus pauvres. Rassurez-vous je ne vais pas virer dans l'angélisme primaire. Mais je supporte de plus en plus mal ces équarisseurs de statistiques qui sous prétexte de minutie préfèrent compter le temps de parole accordé à chaque intervenant et finissent par oublier la fresque générale.

J'ai vu dans ce film, pas toujours excellent d'ailleurs, un hommage à la Nouvelle Orléans, à son caractère unique, à ses traditions ancestrales qui font que les blancs aussi bien que les noirs qui y sont nés "s'imaginent mal vivre dans le reste des Etats homogénéisés d'Amérique". Je cite ici Garland B. Banks, un des protagonistes du film.

506x316_whenleveesbroke03Last night was the premiere of Spike Lee new documentary on hurricane Katrina, in New Orleans. Before the event even took place, the spin was high on the so called biased approach of the New York filmmaker. An article in the local newspaper claimed that the film was only 67,3% completed, for lack of whites portrayed in it. "You must have been sleeping", was Spike Lee's answer to the reporter during the press conference preceding the screening.

At that point, i didn't want to take side. But now that i have seen the film, i can only wish that the Times Picayune's reporter fell indeed asleep.  The guy's view is biased, not the movie. "When the levees broke: a requiem in four acts", which contains flaws by the way, is a vibrant homage to the people of New Orleans, whites and blacks, who had to endured this dramatic man-made catastrophe.

For some reasons, the rest of the country has been very complacent in portraying what is perceived as the deep racism of this southern town, when, let's be honest, New Orleans is, and by far, less segregated than, let's say, New York, where i live, or Washington, where one could mistaken it for a white city if he doesn't venture out of the Northern Western quadrant, which very few people actually do.

And I don't want to be naive here, but New Orleans has a long history of integration and diversity. It is after all the city of creole culture, the city that allowed free slaves to settle in very early on. And nowadays, there are many mixed neighborhoods in every part of town, well to do as poor ones. Again, don't get me wrong. I am not saying everything is perfect, hell no.

But i am sick and tired of those divisive voices. And Spike Lee's movie is a necessary reminder of the culture of New Orleans, its specific traditions, its music, that make for natives, whites and blacks alike, "almost unthinkable to live anywhere else in the homogenized States of America", as Garland B. Banks, a protagonist in the film said today in yet another press conference.

La leçon de journalisme

Images_1Vous regardez une finale de coupe du monde, au bistrot, avec des potes, ou chez vous, ça n'a pas d'importance, mais avec des potes, leurs commentaires pourront servir. A un moment donné, vous constatez (comme tout le monde pardi) qu'un joueur (Z), une star mondiale en l'occurence, se retourne et file un coup de tête dans la poitrine d'un joueur de l'équipe adverse (M), défenseur d'un grand club de son pays. Geste consternant.  Arrive le ralenti, qui montre que M avait retenu Z d'un bras autour de la poitrine, qu'ils ont échangé quelques mots, brièvement, avant le fameux coup de tête. Z se prend un carton rouge et sort du stade sous les sifflets des spectateurs.

Qu'ont-ils bien pu se dire? Parce que forcément, Z a dû être malmené pour en arriver à un geste aussi brutal. Pour bien mettre le drame en contexte, vous préciserez, parce que vous l'avez lu partout, que M a une réputation "sulfureuse". (enrichissez toujours votre vocabulaire de quelques adjectifs bien placés et imagés). M a d'ailleurs pris lui aussi un carton rouge pendant ce même championnat. (Insistez sur "même"). Et pour bien équilibrer votre article (crucial l'équilibre, il en va de votre crédibilité), mentionnez au passage le nombre de cartons rouges (14, à en croire les confrères) que Z s'est déjà pris au long de sa carrière.

Cela dit, on ne sait toujours pas ce qu'ils se sont dit. C'est embêtant. Alors, on fait le tour de la grande presse, parce qu'en général, elle fait bien son boulot et elle a plus de moyens que vous. Oh jubilation, un grand journal anglais (vous marquez un point parce vous étalez vos connaissances linguistiques) a un scoop. M. aurait traité Z de "dirty terrorist". Vous n'oubliez bien sûr pas de reprendre les sources du grand journal: des "suggestions" font pensez cela. Curieusement, lorsque vous recherchez ce même article, quelques heures plus tard, vous ne le retrouvez plus. En fait, vous le retrouvez là.

Qu'à cela ne tienne, le cousin de Z confirme indirectement et vous pouvez citer, pour bétonner, un autre grand journal citant un 2e journal anglais (très bon les journaux anglais) qui en plus a un scoop de plus. M aurait accusé Z d'être impliqué dans l'affaire de dopage qui secoue le pays de M. (une autre sale affaire qu'on voudrait étouffer avec la victoire de l'équipe de M, mais vous hésiterez à entrer dans cette polémique, car c'est une histoire dans l'histoire, cela pourrait alourdir votre propos et le rendre inintelligible).

Si votre article manque de clarté, rabattez-vous sur des experts, des sources toujours bien utiles quand les témoins directs (ie les co-équipiers des deux joueurs dans ce cas) ne peuvent (ou ne veulent) pas parler. Donc, vous citez un expert, de préférence étranger, vous montrerez que vous avez vraiment fait un effort pour avoir une source. En l'occurence, vous choisissez un expert en "expression labiale" qui vous assurera que M a insulté la soeur de Z. Non, il n'aurait pas dit que la soeur était une terroriste, mais que...bref, vous citez l'expert, ou simplement la dépêche citant l'expert sur un plateau de télévision. Oui, étrangère la télé, d'un pays dont l'équipe aurait dû remporter la fameuse coupe. (mais c'est encore une autre histoire, évitez de trop digresser, ça alourdit vraiment).

Et puis, comme vous ne retrouvez décidément presque plus rien sur le site du grand journal anglais, (le premier, oui), vous faites la tournée des blogs et de leurs commentaires. Chic, vous trouvez le transcript exact de ce que se sont dit les deux joueurs. Y pas de source. C'est embêtant, encore une fois. Mais bon. Vous avez un doute?. C'est vrai que l'italien restranscrit est plutôt mauvais. Peut-être que M ne sait que jouer au foot (et encore!) mais parle mal sa langue maternelle. Après tout, les mails que vous avez reçus dans la journée assurent que c'est un transcript du grand journal anglais (le premier encore). Alors vous envoyez le tout, save, et hop c'est parti, publié.

PS. certains tenants de la vieille école vous diront d'attendre que les protaganistes ( à défaut de s'excuser et regretter leurs gestes voire leurs paroles) ou des témoins directs (les mêmes que ceux cités plus haut) s'expliquent. Tiens, Z promet de le faire dans quelques jours. Bah, attendre? vraiment? Autant battre le fer pendant qu'il est chaud. Sinon vos infos seront périmées demain, ou dans une heure déjà.

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