c'est parti

Thumbnail_2 J'ai un peu hésité. Encore un blog? une surcharge de travail? Garder la présidentielle dans ce blog? J'ai finalement décidé d'ouvrir un nouvel espace, consacré exclusivement à la course à la Maison Blanche. C'est ici.

Alors bookmarkez, rssessez, blogrollez.
Merci.

Ce blog continue sous sa forme actuelle.

Bill Clinton whacked?

Le suspense est levé. Hillary Clinton a désormais un hymne de campagne. Il paraît que ce sont les internautes qui ont choisi. Enfin, on imagine puisque la question leur avait été posée il y a un mois dans un premier clip qui cherchait à donner une image drôle et cool de la candidate. Son équipe de campagne a corrigé le tir en parodiant le dernier épisode des Sopranos (non, je vous raconte pas).

Obama lui, n'a même pas eu besoin de lancer un concours, ses fans se sont déjà occupés de sa promo. L'intéressé n'a pas réagi officiellement, sa femme non plus. On dira juste que la chanson Obama swing très différemment de celle de Céline Dion.

boule de cristal

A quoi reconnaît-on qu'une campagne électorale présidentielle bat de l'aile?

- Lorsque même les correspondants étrangers reçoivent un email leur proposant de solliciter une interview du candidat. L'intéressé : l'ancien gouverneur de Virginie Jim Gilmore  

- Lorsque les candidats poireautent plus d'une  heure après un débat télévisé accordant leur temps aux journalistes qui veulent bien daigner leur poser une ou deux questions. Les candidats: le même Gilmore, le sénateur Sam Brownback (l'enfant chéri pourtant des évangélistes qui semblent attendre un meilleur porte-parole), l'ancien gouverneur du Wisconsin Tommy Thompson (à  ne pas confondre avec Fred, l'acteur, qui va se lancer dans la course incessamment) et le réprésentant Duncan Hunter  (il est même allé prendre l'air sur le perron sans que personne ne l'assaille).

côté démocrate, on hésite à mettre le sénateur du Delaware Joe Biden dans ce groupe, étant donnée la propension notoire (et rédhibitoire?) de celui-ci à s'épancher même lorsqu'on ne lui demande rien.

Enfin, on peut mettre dans la catégorie des vice-présidentiables sérieux ceux qui font le déplacement vers les journalistes après un débat, mais autour desquels il faut jouer des coudes pour glâner une réponse tout en se prenant une caméra dans les côtes. Côté démocrate: le gouverneur du Nouveau-Mexique Bill Richardson ou le même (mais là on hésite pour les raisons déjà citées), Joe Biden voire le sénateur du Connecticut Chris Dodd.

Côté républicain, cette catégorie ne semble pas exister, il faudra trouver un autre critère.

le trublion républicain

Le débat républicain de mardi soir, organisé par la chaîne conservatrice Foxnews, s'est finalement révélé beaucoup moins ennuyeux que le premier, tenu il y a à peine 15 jours en Californie. Je m'étais donnée pour consigne d'arriver en fin de soirée à retenir le nom et surtout la bobine des onze candidats en lice. Je vous vois venir...et pourtant le lendemain matin, Brian Lehrer, le brillant commentateur de WNYC à New York, s'emmêlait encore les pinceaux!

Bref, la soirée commence sous les plus mauvais augures, Gong Ho toute sur l'Irak! C'était littéralement à qui ficherait la plus grosse déculottée à ces terroristes de malheur qui osent s'en prendre au mode de vie américain et à celui - j'ai cru mal entendre à un moment donné- qui n'aurait pas peur d'utiliser la torture si cela permettrait de sauver des vies américaines. (merci au Sénateur John McCain, ancien combattant et prisonnier pendant cinq ans au Vietnam, victime lui-même de tortures dont il porte encore de lourdes séquelles, d'avoir relevé la hauteur du débat à ce moment).

J'ai failli passer à autre chose quand le "petit" député du Texas, Ron Paul, ardent opposant à la guerre en Irak, a osé haut et fort ce qui avait valu le lynchage médiatique à l'écrivaine et journaliste Susan Sontag après le 11 septembre. "Nous sommes allés là-bas et les Etats-Unis ont bombardé l'Irak pendant 10 ans. Je crois que Reagan avait raison. Nous ne comprenons pas l'irrationalité du Moyen-Orient". Déchaînement sur scène. Rudolf Giuliani, le déclaré héros du 11 septembre - qui ne perd rien pour attendre le contre-coup de ce même 11 septembre - s'étrangle et demande un droit de réponse. Peine perdue.

La bonne surprise viendra à la fin du débat, lorsque les télespectateurs sont invités à voter à chaud (oui, oui ce n'est pas un sondage scientifique, certes le public était sans doute moins unaniment conservateur qu'à l'habitude étant donné le caractère national de cette transmission), n'empèche, le Ron Paul, dont je serais prête à parier que la moitié des téléspectateurs n'avaient jamais entendu parler avant ce débat, ravit la vedette à Giuliani, pourtant en tête des sondages côté républicain, en décrochant la deuxième place du vote par sms juste derrière Mitt Romney mais devant Giuliani.

Voilà qui relance enfin un sain débat sur l'Irak au sein du parti républicain, même si le président de section du Michigan, Saul Anuzis, veut faire circuler une pétition parmi les membres du parti pour interdire Ron Paul des débats à venir. A croire qu'il n'a jamais entendu parler du premier amendement. Cette présidentielle s'annonce décidément fort passionnante, et pas seulement du côté démocrate.

the democratie participative touch

Je ne sais pas si Hillary Clinton se fout ouvertement de Ségolène Royal, mais la voilà qui demande elle aussi leur avis aux internautes. Sure, ça se veut drôle, mais vous trouvez ça vraiment drôle vous ?

In case you missed it, Hillary Clinton wants to know your opinion. I don't know if she is just trying just to make fun of the French socialist candidate Segolène Royal? Sure, it's meant to be funny, but is it ?

Democrat? and happy?

Sexy je ne sais pas, mais les candidats démocrates cette année font le bonheur de leurs supporters. On est loin des mines grises et tristes de 2004, où les démocrates allaient aux urnes à reculons, faute de candidats vraiment rassembleurs. J'ai rencontré plusieurs membres du parti, la semaine dernière en Caroline du Sud, affichant deux voire trois autocollants de candidats différents sur leur t-shirt. Coeur d'artichaut? Oui! Mais pas par insatisfaction, ce serait même plutôt le contraire.

Sexydem "Je suis tellement excitée par le choix", me disait une jeune étudiante à Columbia, arborant une banderole "John Edwards". Sans savoir encore si elle allait voter pour lui. Quelques heures plus tôt, une activiste qui s'est portée bénévole pour la campagne de Barack Obama me disait que les candidats démocrates cette année sont "top notch". Même mes amis les plus désabusés, qui s'étaient faits priés d'aller voter Kerry pour barrer la route à Bush en 2004, passent déjà des heures à lire et relire les programmes des candidats.

Je remarque surtout que les démocrates ne sont plus dans l'"anti-républicain" mais dans le pro. Pro-education publique, pro-assurance santé, pro réouverture du dialogue avec la communauté internationale, et bien sûr tous pour un retrait d'Irak. Même la lutte contre les changements climatiques fait lentement mais sûrement partie des priorités. C'est de bon augure pour le débat politique  à venir.

Sexy, i don't know yet. But what seems sure this time around, for what i saw in South Carolina last week, is that the democratic base is really enthusiastic about its candidates.  "I am so excited by the choice we have", said a young student in Columbia, wearing a sign for John Edwards, but not certain at all she will vote for him. An Obama supporter told me, the candidates are "top notch" this year.

We are far away from the anti-Bush crowd of 2004. The democrats seems to have overcome the "anti" republican syndrome and they are finally talking about what they stand for and not what they stand against, which was a recipe for disaster. All of them talk about education, health care, dialogue with the international community, and yes even climate changes is slowly but surely making to the top list. And of course, they all want to get, one way or the other, out of Iraq. Looks that we are finally heading towards a real political debate.

les yeux dans les yeux

Et dire que j'ai failli commettre un post très critique récemment sur mes confrères photographes américains. J'étais en effet ulcérée par la manie systématique des médias, ici ,à publier des photos très peu flatteuses d'Hillary Clinton.  En revanche, Barack Obama, lui, toujours impeccable, classe, pour ne pas dire sexy. J'essaie d'être objective là. Et puis, après deux jours en Caroline du Sud, à suivre les candidats démocrates en campagne, j'ai bien dû me rendre à l'évidence.

Hillary n'est pas photogénique, mais alors PAS DU TOUT! Et je vous assure que je l'ai mitraillée, sans succès. Surtout, si quelqu'un a le bras long, qu'il dise au plus vite à ses conseillers en images de la sommer de cesser immédiatement d'écarquiller les yeux à chaque fois qu'elle salue quelqu'un!


Hillary_2


A few weeks ago, i almost wrote a post to condemn my colleagues photographers who keep publishing very unflattering pictures of Hillary Clinton. As if they have an agenda. In comparison, Barack Obama alway comes out as a perfect, classy, handsome, and well, sexy, man. After a couple of days spent in South Carolina to cover the democratic campaign, i can only admit that Ms Clinton is not photogenic.

As hard as i tried, i couldn't come up with a better picture. So if anyone knows anyone close to her image consultants, please pass the word out. She has to stop making that eyes thing whenever she shakes a hand. And she does shake a lot of hands these days.

Gardez la monnaie

Quand on tombe sur un candidat à la présidentielle américaine, accompagné d'un seul sous-fifre, qui ne lui tient même pas son porte-documents pendant qu'il paie son lunch avant de prendre son avion, on se dit que ses collectes de fonds ne sont pas à la hauteur des espérances et surtout du chemin à parcourir. C'est ce que j'ai pensé tout à l'heure, en tombant sur Bill Richardson, gouverneur du Nouveau-Mexique et accessoirement candidat démocrate à la Maison-Blanche, fouillant ses poches pour payer son paquet de chips Lay et sa limonade Mermaid, à l'aéroport de Columbia, en Caroline du Sud.

Comparé aux trois bulldozers bardés de fils leur sortant des oreilles qui accompagnaient Barack Obama hier en Caroline du Sud, ça m'a conforté dans l'idée que Richardson est dans la course à la vice-présidence. Ses créances en matière de politique étrangère feraient de lui un excellent second pour Obama, voire même pour Hillary Clinton. Les deux Bill, Richardson et Clinton, sont d'ailleurs assez proches. Le second avait nommé le premier ambassadeur à l'ONU avant de lui offrir le Ministère de l'Energie sous son deuxième mandat.

When you bump into a presidential candidate, paying for  his lunch in the waiting area of a terminal before taking his plane, that's when you know his finances are in trouble. That's what i thought when i saw Bill Richardson, having to sort his change to buy his pack of Lay Chips and a Mermaid Lemonade at the airport of Columbia, SC.

Compared to the three bodyguards following Barack Obama everywhere he goes, it just convinced me more that Richardson is in the race for VP. I even think he would be a formidable second on a ticket with Obama, thanks to his credentials in foreign affairs, a domain where the young senator of Illinois still seems to struggle. Or just waiting for Hillary to call him in. After all, the two Bill, Richardson and Clinton, have always been close. Richardson served first as the UN ambassador and then as Secretary of Energy under Clinton's presidency.

60000$ les dix minutes

Hillary Hillary Clinton était de passage à New York ce soir pour un fundraising event (collecte de fonds). L'évènement avait lieu au Pier 94, un centre de convention sur les bords de l'Hudson. Hillary est arrivée sur scène un peu après 20h20, après avoir été présentée comme "le prochain président des Etats-Unis" par son ex- président de mari. Chelsea, leur fille, était là aussi.

Hillary est restée sur scène, montre en main, 18 minutes, dont deux au moins, à se bagarrer avec un micro qui avait décidé de se taire et six ensuite pour trouver la sortie en serrant quelques pinces. La salle n'était pas comble, loin de là. A vue de nez, j'aurais dit 600 personnes, un collègue pense qu'ils étaient au moins 1000. Peu importe. A 100 dollars la soirée, ça fait tout de même un minimum de 60 000 $ les 10 minutes. Pas mal pour un passage éclair.

Hillary Clinton was in town tonight for a fundraising event, at Pier 94, on the West Side. She was accompanied by Bill and Chelsea. She finally got on stage at around 8.20 pm, when she left it was 8.38 pm. Of those 18 minutes, 2 at least where spent trying to get some sound trough the mic, and six to shake hands on her way out.

The room was far from filled. But still, i guessed about 600 people, a colleague of mine put it at 1000. Knowing that each person paid 100 $ to get in, you do the maths.

la politique, une affaire de sexe?

Je n'avais vu Barack Obama qu'à la Convention démocrate de 2004, à Boston, où j'avais pu constater, comme la foule en délire, le charisme du personnage et ses excellences oratoires et plus récemment, à la Nouvelle Orléans, dans un environnement trop politico-journalistique pour que je puisse franchement juger de son impact sur l'électeur moyen. Cet après-midi, il était à NewObama1_2 York devant un parterre rassemblé par la National Action Network d'Al Sharpton, composé à 90% d'Afro-Américains.

Obama a fait un tabac. Son discours est convaincant, surtout lorsqu'il parle d'éducation, son humour corrosif, son charme...(bon je passe). L'audience, qui ne lui était pas acquise, a répondu chaleureusement. Un petit sondage rapide à la fin de son speech m'a pourtant laissée songeuse. Les femmes étaient conquises. Il sera leur candidat. Il a touché une corde en parlant de santé publique, d'éducation et de la place de l'homme dans l'éducation des enfants. 

J'ai senti en revanche beaucoup plus de résistance chez les hommes. Certains pensent que l'Amérique n'est tout simplement pas prête pour un président noir. D'autres, à ma grande surprise, ont parlé d'Hillary. "On ne peut pas la lâcher après ce que Bill a fait pour les noirs en général, pour Harlem en particulier Les Clintons ont une histoire d'amour avec les Noirs". Je n'avais pas pensé à ça. En revanche, pas un seul de mes interlocuteurs n'a relevé le fait qu'Obama n'était pas assez "afro-américain", comme la presse américaine a un instant voulu le faire croire.

Racontant cette dichotomie homme-femme à mon coiffeur, un activiste de gauche très impliqué dans les questions sociales à New York, il m'a répondu d'une traite: "il est temps que les hommes noirs aient plus confiance en eux, ils feraient mieux d'écouter leurs femmes, elles ont compris, elles". Pour info, mon coiffeur votera Obama aux primaires démocrates. "Du sang neuf, marre de ces dynasties qu'on veut nous imposer".

Grosplan_2 I had seen Barack Obama only twice before. The first time at the Democratic national convention in Boston in 2004, where i had to agree that he has charisma and excellent oratory skills. The second time was in New Orleans, more recently, for a senate hearing, which didn't allow me to really measure his impact on regular Joes and Janes. Today, i saw him at an event organized by the National action Network, of Al Sharpton, in front of an audience composed by of 90% of African-American.

The crowd was more than charmed, he obviously scored points. Whether he talked about the war (he opposed it), health care (he wants an universal coverage plan) or the education (he wants to reform the property taxing system that pays for public schools), he got nods, applauses and, at time, standing ovations. At the end of his speech, though, a quick survey left me wondering.

The women i spoke too were all unanimous. Obama will be their candidate in the primaries. He brought issues home. The men, surprisingly, though fairly pleased by his speech, felt ambiguous. One told me: "America is not ready for a black man". Another, a reverend from Harlem, said that Hillary would be hard to beat in the African-American community. "The Clintons did so much for black people in the US, and especially in Harlem. They have a love story with black America", he told me. No one though brought the issue that Obama is not "African-American" enough, a storyline that made headlines back in january, and which i think, is totally fabricated by a certain press.

Later on, when i told the story to my hairdresser, a leftist activist in New York, he wasn't surprised at all. "It's time for black men to finally start trusting themselves, they would be better off listening to their wives". He has made his choice. Obama will be his candidate for the primaries.

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au fait



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