Sad times in New Orleans

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La crise du logement s'accentue à la Nouvelle Orleans. Les logements sociaux qui vont être démolis ce mois, sauf miracle juridique, les camps de caravane de la Fema, l'agence fédérale de secours en cas de crise, vont également être fermés. La ville compte déjà plus de 12 000 sans abri, certains d'entre eux vivent depuis plusieurs mois dans un campement de fortune en face de la mairie. La vidéo du New York Times ici. Tout cela en plein hiver.

The Housing crisis is just worsening in New Orleans. Beside the public housing that are set to be demolished starting December 15th, Fema has decided to close all its trailers camps. In the meantime, more than 12000 people are homeless in the City. Some of them are living in a makeshift tents camp across the street from City Hall. The New York Times put out a video on the subject.

photo NYT

La tempête parfaite

J'ai reçu il y a quelques jours ce texte d'une amie de la Nouvelle Orléans, Elizabeth Cook, militante pour le droit au logement et au retour de tous les évacués de l'ouragan Katrina. Elle a finalement décidé de le publier intégralement dans indymedia. J'ai traduit ce texte dans une version légèrement abrégée que je publie avec sa permission: 


"Avec la démolition annoncée de quatre complexes de logements sociaux, probablement à la mi-décembre, les habitants de la Nouvelle Orléans vont perdre quelques 5000 appartements à loyer modéré, probablement pour toujours.

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Je disais ce matin à un ami que la ville se désintégrait. Une explosion de vols, certains commis par des adolescents, à ce que qu'en disent les autorités; un augmentation vertigineuse du nombre de sans-abri; des politiciens qui préfèrent regarder ailleurs quand la corruption les sert si bien. Cela me fait penser, lui dis-je, au personnage du dessin animé Bugs Bunny, dans une scène où il est furieusement occupé à creuser un tunnel sous-terrain pour trouver son chemin vers le paradis, ou une plage, ou un endroit agréable, je ne me souviens plus exactement.

Quant sa tête surgit enfin du trou, il est au milieu du Pole Nord et dit un truc du genre: "J'ai du faire fausse route à Albuquerque".

Je ressens les choses comme ça parfois. Il suffit d'une erreur à un croisement pour se retrouver dans un environnement glacial.

Le genre d'environnement où 17000 de nos habitants, citoyens, résidents sont sans abri. Le genre d'environnement où les politiciens sont prêts à démolir des logements viables pour une "théorie", celle qui voudrait que l'amalgame de pauvres crée la pauvreté.

Le genre d'environnement où nos "leaders" élus caquètent sur des questions d'éthique et sur la réforme du gouverment, mais préfèrent regarder ailleurs quand le chef de notre agence fédérale, supposée créer des logements pour les pauvres, est l'objet d'une enquête criminelle pour des deals sulfureux conclus dans le but de démolir des logements publics abordables pour les travailleurs pauvres de la Nouvelle Orléans.

Et n'est-ce pas un concept corrompu, que celui de vouloir détruire des quartiers entiers habités par des pauvres, au nom du combat contre la pauvreté, alors qu'il y a eu peu d'efforts, à ce jour, pour remplacer ces logements? Il faut en conclure qu'il s'agit bien dans ce cas, de détourner le regard, loin de la souffrance des autres.

Oui, il y a bien eu un peu de raffut en faveur des "chèques"de logement, 3000 pour être exact, selon la conseillère communale Stacy Head. Nous prendrons les 3000 chèques, s'ils seront véritablement distribués. Mais, Madame Head, et avec vous le reste du Conseil, vous continuez à plaider pour la destruction de 7000 logements sociaux, alors que vous réclamez 3000 chèques pour des logements "permanents et de secours". Quel meilleur moyen de fournir des logements de secours que les structures existantes?

Allez comprendre!

Ensuite, nous entendons Mme Head dire qu'elle est prête à avoir quelques uns de ces appartements de secours dans son district d'uptown. Il en faudra bien plus que quelques uns, Mme Head, pour régler le problème.

Deux  leaders politiques de New Orleans East, la conseillère communale Cynthia Willard Lewis et la sénatrice Ann Duplesis sont opposées à la construction de complexes d'appartements familiaux dans l'est de la ville. Les loyers proposés oscilleraient entre 700 et 1300 dollars, ce qui ne sont pas à proprement parler des loyers modérés, avec emphase placée sur "ceux qui peuvent payer par leurs propres moyens". Il ne s'agit donc pas d'appartement pour les plus bas salariés de la ville.

Refuser des nouveaux logements au prétexte du manque de services publics ne résoudra pas le problème du manque de services publics dans ce quartier. En général, les services publics suivent les gens, surtout si nous finançons correctement ces services.

Ajoutez à cela la décision de la FEMA (apparemment soutenue par la ville) de fermer les campements de caravanes. La FEMA a déjà discrètement fermé plusieurs sites depuis août. Cette décision implique la fermeture de 2797 caravanes et touche plus de 5000 personnes. Plusieurs résidents se demandent où ils vont aller.

Ces caravanes ne sont pas la solution idéale, elles sont même dangereuses si l'on prend en compte le problème des taux de formaldehyde détectés dans certaines unités. Mais leurs locataires se retrouvent entre le marteau et l'enclume: il n'y a tout simplement plus suffisamment de logements abordables à la Nouvelle Orléans en ce moment.

Il y a bien sûr une alternative à tout cela: et si le gouvernement fédéral fournissait les ressources nécessaires pour reconstruire nos quartiers et nos infractructures, ce qu'il aurait dû faire depuis le début? Pourquoi ne  pas créer un programme fédéral d'emplois pour reconstruire la Nouvelle Orléans et le reste de la Côte du Golfe? Pourquoi nos élus continuent-ils à lobbyer en faveur des mauvais projets, au lieu de réclamer des ressources pour des logements abordables?

C'est qu'il y a un intérêt derrière tout cela: le réduction du nombre de logements sociaux sert à empêcher les gens de rentrer. Quelle autre conclusion en tirer?

Nous nous réveillons tous au milieu d'une tempête glaciale, dans un paysage soufflé par les vents où nos concitoyens dorment dans des tentes, sans sanitaires, dans un campement devant la mairie de la ville. Nos amis se plaignent de maladies liées au stress, certains en meurent. De nombreux résidents se battent pour la réouverture des  logements sociaux tout en ayant à faire face au stress de ce qui est devenue la lutte pour leur survie quotidienne entre l'augmentation des prix de l'électricité, de la nourriture, l'inefficacité des transports publics, le sous-financement des écoles publiques.

Et puis, il y a ceux qui ont tout simplement abonné, renoncé à leur rêve de retour. N'est-ce pas ce que ce les gens au pouvoir souhaitaient?

La démolition des logements sociaux ne résoudra pas le problème. Il ne fera que l'exacerber. Et nous courons le risque d'avoir une population permanente de sans abri.

Alors quoi? le slogan serait-il "habituez-vous?"." 

My friend Elizabeth Cook wrote this article for Indymedia a few weeks ago.


With demolition of public housing set to begin mid-December, New Orleans residents are about to loose over 5000 units of public and affordable housing, possibly forever.

 

New Orleans: The Per...
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I told my friend this morning, I think the city is coming apart. An outbreak of robberies, some perhaps by teenagers, authorities believe; homeless population exploding; politicians looking the other way when corruption serves their purpose. I'm reminded, I tell her, of the Bugs Bunny cartoon, where he is busy, furiously, digging underground, trying to tunnel his way to paradise, or a beach, or somewhere pleasant; I can't remember exactly.

He pops his head up, in the middle of the North Pole, and says something to the effect, "I must have taken a wrong turn at Albuquerque".

It can feel like that sometimes. That one wrong turn and you wind up in a very cold environment.

The kind of cold environment, perhaps, where 17,000+ of our residents, citizens and neighbors are homeless. The kind of cold environment where politicians are willing to tear down viable public housing, for a "theory", and a poor one at that, that clustering the working poor together creates poverty.

The kind of cold environment where our elected "leaders" prattle on about ethics and reform in government, yet look the other way while the head of our federal agency, entrusted with creating housing for the working poor, is under criminal investigation for sweetheart deals that will demolish, viable, public housing for the working poor in New Orleans.

And if there were ever a corrupt concept, than that of destroying neighborhoods where poor people live, in order to combat poverty, particularly when there has been little effort, to date, to replace that housing before it is destroyed, well, you almost have to conclude that it is, truly, about learning to look the other way, to look away from the suffering of others.

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faith based divisions

Prejean_sister_helen_signature Soeur Prejean, connue pour son infatigable combat contre la peine de mort aux Etats-Unis, vient à la rescousse des résidents des logements sociaux de la Nouvelle Orléans. Je vous avais parlé de l'opération de nettoyage et d'occupation des appartements (plus de 5000 au total) toujours fermés, alors que la plupart n'ont subi que très peu de dégâts. Le Département du logement et de l'urbanisme (HUD) a peu apprécié et a immédiatement porté plainte contre les locataires et leurs avocats et réclamé une ordonnance de référé.

Riposte des avocats des résidents: des dizaines de lettres soutien et des déclarations sous serment, dont celle de la nonne catholique, interprétée à l'écran par Susan Sarandon, dans "Dead Man Walking". Soeur Prejean est venue samedi dernier voir par elle-même à St-Bernard. Je ne l'ai pas vue mais on m'a dit qu'elle a immédiatement pris fait et cause pour les anciens locataires des HLM, mettant la main à la pâte. Dans sa déclaration, elle écrit: "voir ces immeubles en si bon état et savoir que des gens ont toujours besoin d'un logement, constitue un péché à mes yeux".

Sa déclaration pourrait avoir de fortes répercussions, car l'Archidiocèse de la Nouvelle Orléans est impliqué dans la démolition et la reconstruction d'un des complexes de HLM. J'ai interviewé plusieurs responsables de l'Eglise catholique, mais je n'ai jamais réussi à obtenir des détails sur les coûts de la construction, sur la gestion future des bâtiments ni même sur les critères d'admission dans le nouveau complexe.

Bien qu'il affirme que la décision de démolir a été prise par les autorités fédérales, l'archevêque n'a jamais dénoncé publiquement l'éloignement forcé des plus pauvres, noirs surtout, depuis Katrina. Il n'est du reste toujours pas clair qui de HUD ou de l'Archevêché est à l'origine de cette alliance, les deux se renvoyant la balle. L'implication de Soeur Préjean va donner de la visibilité au débat et peut-être obliger l'Archevêché à se prononcer clairement. Alors que l'affaire n'était jusqu'ici relayée que par les blogs et la presse locale, la déclaration de Soeur Préjean a été reprise dans la presse nationale grâce une dépêche AP.

Prejean1 Soeur Prejean, known for her fight against the death penalty and whose life was interpreted by Susan Sarandon in Dead Man Walking, joined the cause of the residents of public housing in New Orleans. I told you earlier about the day of action at St-Bernard, when residents, supporters and activists went inside the complex to clean their units and made a public statement about the shape of their apartment. Well, after a few days of not so candid observation, the Housing and Urban Department (HUD) asked the court to put a restraining order on all residents, their lawyers and their supporters, who, they claimed, are damaging HUD's properties (when they are actually cleaning them) .

The judge hasn't ruled yet. But he is submerged by affidavits from supporters of public housing residents,  Soeur  Prejean being one of them, as  well as Robert Elliott, who served as General Counsel of HUD under Richard Nixon. Soeur Prejean says is in very pious terms: "In my mind, to know that those homes are sitting there in decent shape, when so many need housing, is a sin".

This will certainly not please the Archdiocese who stroke a deal very early on with HUD (with no bid) to take over the Lafitte's complex where over 900 people used to live pre-K. Even though the Archdiocese claims it will follow the "one on one" policy, meaning every former resident will have a right to return in a subsidized home, history has shown a very different picture in New Orleans (in the now demolished St-Thomas complex, less than 10% of former residents have been able to return and HUD is planning to hire the same developer to redo St Bernard). Beside, by accepting to redo Lafitte, the Catholic Church is now on board with HUD, who made it clear that all New Orleans public housing will be remodeled in mixed income Housing apartments.

Helping hands

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Si l'inaction gouvernementale (fédérale, étatique et communale) est patente, embourbée dans l'incompétence, le cynisme et la bureaucratie la plus absolue, l'action des citoyens lambda, elle, est bien réelle à la Nouvelle Orléans. Des dizaines d'associations en tout genre ont pris sur elles de venir en aide aux victimes de Katrina, épaulées par des centaines de bénévoles en provenance du reste du pays et de l'étranger également.

J'ai rencontré hier Simona et Wony, d'Allemagne, qui vont passer deux mois à la Nouvelle Orléans. Pour l'heure, ils débarrassent et nettoyent des maisons qui n'ont toujours pas été vidées de leur contenu, 15 mois après la catastrophe. Il y a aussi Ramsi, un Irako-canadien, qui se pose une semaine ici, comme bénévole, avant de poursuivre son long voyage en motocyclette vers l'Amérique du Sud.

Les membres de PTN, un groupe d'artisans spécialisés dans la restoration de bâtiments historiques, a tenu le mois dernier ses assises annuelles dans le Lower 9th ward, le quartier afro-américain quasiment rayé de la carte, à l'est de la ville. Pendant une semaine, ils ont offert matériel, conseils et appui aux propriétaires de maisons historiques. Ils ont notamment aidé Andrew Robinson à restaurer le porche de sa petite maison sur Jourdan Street. Une goutte dans l'océan. Pour Andrew. le coup de pouce dont il avait besoin pour retrouver le moral et la force de reconstruire. Outre le soutien matériel, il a surtout profité des ateliers de formation prodigués par PTN, qui a déjà promis de revenir l'an prochain et de continuer à fournir conseils tout au long de l'année.

If governmental authorities have shown their incompetence, their cynicism and carelessness when it comes to help Katrina's victims, citizens have shown their empathy and care, then and now. Dozens of volunteers, from all over the country and from abroad, keep flocking in the Crescent City, to help gut and rebuild houses. I met last night with Simona and Wony from Germany and Ramsi a Iraqi-Canadian citizen. They are in town for a few weeks to volunteer with Common Grounds.

A few weeks ago, members of PTN had their annual workshops session in the Lower 9th Ward, the devastated African-American neighborhood. For a week, they gave building material and advices to a few homeowners of historic houses in the neighborhood. They helped Andrew Robinson rebuild his damaged porch. A drop in the ocean. But for Robinson, it was the kick that boosted his morale and got him into rebuilding the rest of this house. The most valuable help he got, he says, was the training part of the program. In just a few days, he learned new craft techniques that will be of tremendous help to take care of his historic shotgun.

New York écoute, et Washington?

Img_1632_2 L'article du New York Times sur les logements sociaux de la Nouvelle Orléans a été publié aujourd'hui dans la section Week in Review. Pour ceux qui comprennent l'anglais, le reportage audio est là. Les efforts déployés par un groupe d'activistes et de citoyens engagés pour assister le spécialiste en architecture du journal, il y a trois semaines, n'auront pas été vains. Dans son commentaire audio, Ouroussoff parle de la "perversité" du gouvernement fédéral à vouloir démolir ces bâtiments, qui outre leur évidente qualité architecturale, doivent à tout prix être réouverts pour accueillir les résidents les plus pauvres de la Nouvelle Orléans, toujours intentionnellement empêchés de rentrer chez eux.

The New York Times article on Public Housing in New Orleans was published this morning with a very informative slide-show. The efforts of a small but tenacious group of activists , to provide the journalist with as much information as they could, were not vain. In his audio comment, Ouroussoff speaks about the "perversity" of HUD's policy who wants to destroy most of New Orleans public housing complexes. Not only are those buildings of great architectural value, there are most of all urgently needed to house poor African-American residents that have been intentionally kept out of the City since Katrina. Spread the word.

le pouvoir du NY Times

Un journaliste du New York Times s'invite en ville et la Nouvelle Orléans toute entière se plie en quatre pour l'accueillir. Nicolai Ouroussoff, spécialiste en architecture, s'intéresse de près aux fameux "Projects", les 10 complexes de HLM que le Département fédéral du logement veut démolir et reconstruire tout en supprimant au passage plus du deux tiers des appartements subventionnés de la ville. (Un trend en vigueur depuis une dizaine d'années dans tout le pays. Katrina vient juste d'offrir une opportunité en or à l'administration Bush pour en raser une dizaine d'un coup à la Nouvelle Orléans).

Depuis deux semaines, l'agitation est à son comble. Un groupe d'activistes, d'avocats, de révérends et sans doute de quelques opportunistes, opposés à la démolition de ces bâtiments, remuent ciel et terre, multiplient les rencontres, épluchent leur Rolodex, pour ouvrir les portes au journaliste et le débriefer en profondeur sur le sujet. Ce soir, ils étaient une petite trentaine à s'être réunis pour un repas créole chez Lil Dizzy's. M. Ouroussoff a pris des notes, posé quelques questions, écouté très poliment, pris les numéros de tous les participants pour des follow up interviews. Demain, nous partons en goguette à plusieurs, pour une viste des HLM toujours vidés de leurs habitants depuis Katrina, quant bien même certains n'ont pas été inondés).

Comme le soulignait un activiste, un article dans le NY Times c'est une ordre direct de Wall Street à Perdido Street (ie, l'adresse de la Mairie de la NO). En bref, on espère que l'article de M. Ouroussoff lancera un débat national sur le véritable scandale de l'après-Katrina: les obstacles placés au retour des pauvres, noirs surtout, dans leur ville. Les premières études montrent que si trois blancs sur quatre sont revenus, seul 1 noir sur 4 a pu le faire, pour des raisons financières principalement.

M. Ouroussoff est en ville pour 24 heures, montre en main. Avant la visite avec les pro-HLM, il aura droit à une première virée dans certains logements sociaux, en compagnie de responsables du Département fédéral (qui ne se sont pas donnés cette peine pour la presse locale). On s'imagine bien que ceux-ci lui montreront les appartements les plus abîmés par l'ouragan. Et tout le monde d'attendre le verdict. Quelle version des faits soutiendra M. Ouroussoff dans trois semaines, quand l'article sortira? L'avenir de milliers de personnes en dépend. Ou du moins, le croyait-on ferme ce soir chez Lil.

A New York Times reporter is in town and New Orleans goes into a frenzy activism. People silent so far on the issue of Public Housing are suddenly stepping to the plate, to make sure the journalist, Mr Ouroussoff, architecture's critic, get the story straight and understands that thousands of people, mostly poor, mostly black, have been denied the right to return to their home by HUD, the Housing and Urban Department. (the first studies show that 3 whites out of 4 have been able to return, but only 1 black out of 4, mainly for financial reasons).

For the past two weeks, activists, local small businesses, reverends, have spent hours to ensure Mr Ouroussoff access and got the proper information on the issue. Tonight, 30 of them, had dinner with him at Lil Dizzy's, a well known creole diner. I am not sure yet of the real intentions of all the participants. But their message tonight was clear. "Do not demolish public housing and bring the people back, it's their right".

Tomorrow morning, some of them will tour the different sites with Mr. Ouroussoff. A couple of hours before, he will visit some of these same complexes with HUD officials (who haven't done such a favor to the local journalists). Everybody will then hold his breath until the article is published, in about three weeks. Which side will Mr. Ouroussoff be on?

bad vibes

HalloweenJ'ai eu peur tout à l'heure, et je m'en veux. Au moment de retirer l'argent de l'automat, à l'épicerie du coin. Autour de moi, trois jeunes gens, regardant un match de football américain. J'ai senti les regards se croiser, et j'ai eu peur. Il y a eu sept meurtres en quelques jours à la Nouvelle Orléans. Plusieurs vols à main armée, dont deux dans mon quartier. Les bars du coin ont tous été agressés au moins une fois au cours des deux derniers mois.

La sympathique patronne de Coffea, un nouveau bar-galerie-club, m'a avoué n'ouvrir que le jour, car elle ne veut pas prendre le risque de se faire cambrioler le soir, et elle ne peut se résoudre à engager un garde de sécurité. Ce serait trop cher, et surtout contraire à l'esprit du lieu. La Nouvelle Orléans connaît une vague de criminalité sans précédent. Peu avant Katrina déjà, une vague de meutres avait suscité la controverse.

Là pourtant, on s'interroge. Moins de la moitié de la population est revenue, mais la criminalité est au plus haut. La police n'a pas de réponse toute faite. On parle de criminalité liée à la drogue certes, mais aussi, au désespoir qui mine un nombre grandissant de personnes, dans l'impossibilité de trouver un emploi ou un logement. Les derniers chiffres viennent du reste de tomber. Les loyers ont augmenté en moyenne de 70% à la Nouvelle Orléans, selon la dernière enquête du Times Picayune, basée sur une étude des petites annonces immobilières publiées dans ses pages.

I got scared a couple of hours ago, and i am angry at myself for that. I was taking cash back at the grocery store nearby. Young men were watching a football game, and i felt their looks over the change i got. There has been seven murders in the past few days in New Orleans and several armed robberies, two of them in my neighborhood. All the bars and clubs in the area have stories of robbery or attempted robbery in the past few months.

The owner of Coffea, a new Coffeehouse-gallery-music-club, told me the other day that she is not opening at night for fear of robbery. Hiring a security guard would be costly and frankly not in tune with the philosophy of the place. So, for now, she is open only during daytime. New Orleans is going again through an unprecedented crime rate, even though its population is less than half of what it was before the Storm.

There are no clear answers so far. Some of the crimes seem to be drug-related, but there are also talks about the level of despair that is permeating the city. Too many people find themselves stranded in a place with few jobs and mostly, almost no affordable housing. The last survey made by the Times Picayune, based on the classified advertised in its page, shows a 70% increase of the rental units in the City.

pour le meilleur seulement

Weddingringssm_1Tiens, tiens. D'après les dernières analyses du recensement américain, les hommes restent célibataires bien plus longtemps qu'il y a un quart de siècle. Et contrairement au terrible adage qui circulait il y en encore peu aux Etats-Unis et qui voulait que les femmes de plus de 40 ans avaient plus de chances de mourir dans un attentat terroriste que de passer la bague au doigt, le nombre d'hommes célibataires dans la tranche des 40-44 ans était en 2004 de 16,5% contre 12,5% seulement chez les femmes toutes formations confondues! (ils n'étaient encore que 6% et 5% respectivement en 1980).

Dans le détail toutefois, l'analyse fait apparaître que ce sont les hommes avec moins de 4 ans d'études universitaires qui forment le gros des rangs de ces nouveaux célibataires. L'explication donnée? La précarité du marché de l'emploi les retient à se marier et à fonder une famille, en même temps le nombre de femmes dans leur catégorie - ie même nombre d'années de formation - diminue drastiquement. Et ces dames chercheraient un compagnon de même niveau universitaire mais surtout aux finances plus solides...

Remember the old say about women over 40 having more chances to get killed in a terrorist attack than finding a husband? Well, times are changing. According to last census, about 16,5% of men between 40 to 44 years old had never married by 2004. The women were about 12,5%. In 1980, those numbers were at 6% and 5%.

The details of course reveal a few other things. Most of the men still single in their early 40s tend to have less than 4 years of college, even if the trend is starting to affect all level of education. Reason given? The instability of the job market and stagnating wages make men more cautious to get engaged. At the same time, the number of women in their "education" category tends to shrunk drastically. And these newly educated women are looking for a mate with higher education and mostly....with higher income.

ZZZZZZzzzzzzzzzzzzzz

GauguinA chaque fois, ce léger soupçon de culpabilité. Ces jours pourtant -  est-ce l'été, la chaleur étouffante, l'absence de plusieurs collègues? - le canapé du bureau est devenu le lieu d'une intense bataille. A celui qui l'occupera le premier pour la sieste de l'après-midi. Certains cherchent encore les justifications: "j'ai fait une telle fête hier!". D'autres ne s'embarrassent pas de pirouettes. Je ne peux m'empêcher de me dire, quand je m'allonge, que le collègue dont le buro n'est qu'à trois mètres du moelleux sofa, doit penser que je mène une vie de patachon. Et puis s'il y avait des visiteurs?

La sieste, on n'en vantera plus les vertus. Mais au boulot? La National sleep foundation recommande depuis des années l'institutionnalisation de cette pratique sur le lieu de travail. Un petit somme dans l'après-midi augmente l'acuité mentale, la productivité et la créativité. Dans certaines boîtes, elle permettrait même de diminuer sensiblement les accidents. Les entreprises de transport seraient ainsi les premières à avoir encourager leurs employés à prendre des pauses-sommeil.

Des entrepreneurs ont flairé l'aubaine en créant des centres de sieste ultra-modernes. Ma collègue avait testé celui de l'Empire State Building. Evidemment, à prendre sur votre break-déjeuner. L'entreprise de métallurgie Yarde Metals dans le Connecticut a fait mieux. Elle a installé une "quiet room" dans ses locaux. Il y a même un petit carton sur la porte "ne pas déranger" quand elle est occupée. Tiens, notre loft low-tech serait-il à la pointe des trends en matière de santé au travail?

Gauguin: La Sieste

Each time i take a nap on our large sofa in the office, I can't help but feel a little guilty. What might my colleagues think? Not that i am the only one taking advantage of the deep grey couch. Lately,- is it the haze, the summer, the absence of a few colleagues? - it has even become a struggle to make sure you can have access to it for a few minutes in the afternoon.

Napping as an art. Books have been written about it. But at work? It still look like a admission of low productivity. "Quiet the contrary", shouts back the National sleep foundation. They have been advocating napping at the workplace for years. It enhances mental acuity, productivity and creativity. It also helps avoid injuries. Not surprising then, that the first to have encouraged nap have been transportation companies.

A private entrepreneur even installed "napping centers" in New York. My colleague tested the one in the Empire State Building.  Yarde Metals company in Connecticut did better, by opening a "quiet room" on its premises and encourages its employees to nap when they feel like it. For once, our low-tech office has been at the the edge of a new trend.

septembre en juillet

Beach2_114 juillet, début des vacances. Inutile d'espérer faire avancer un quelconque projet en France pour les six semaines à venir (ça vaut pour une bonne partie du reste de l'Europe). "Rappelez-donc en septembre!". On prend son mal en patience. A New York, c'est devenu presque l'inverse et même tendance: rester en ville que l'on soit en vacances ou non. Les Hamptons sont devenus has been, les co-locations d'été à la plage pareil, et de toute façon inabordables.

Time Out s'est même fendu d'un remarqué Staycation en une la semaine dernière, contraction de stay (rester) et vacation (vacances). Mise à part la chaleur suffocante, que l'on peut toujours essayer de tromper un peu du côté de Coney Island, la grande plage populaire de Brooklyn, New York est en effet l'anti-thèse de Paris en été. Les restaus sont bondés, les événements culturels en tous genres, souvent gratuits et en extérieur, pullulent. Des festivals dans les parcs, aux films sur les toits. Imitant Paris, New York se fend même d'avoir sa plage en ville, dans le Queens, avec vue imprenable sur Manhattan.

Mais d'où me vient donc cette pressante envie d'aller voir si les trottoirs ne sont pas moins encombrés ailleurs?

Bastille Day. Vacation time is starting in France. Forget about having anything done until the end of August. So stick with New York, where more than ever, the city seems to be just packed, and not only with your usual summer tourists.

According to Time Out, we are in a mix of a new trend, the Staycation. Even the New York Times confirmed that summer-shares are soooo has been (and, yes sooo unaffordable too). The new thing, working or not, is indeed to stay in the city for the summer. Sure, there is plenty going on, in parks, rooftops and elsewhere. You can always hope for a little breeze at  Coney Island or even try the new in town Beach on the East River. (no, no bathing, are you kidding?).Why then do I feel this sudden urge to walk on empty sidewalks?

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