comme une éponge

Img_0484 C'est en disant "don't worry dawlin" à quelqu'un que je connais à peine que j'ai réalisé être en train de me fondre inconsciemment dans la patine de la Nouvelle Orléans. Ne soyez surtout pas choqué si un parfait inconnu, la caissière du supermarché ou un politicien local, vous saluent d'un "wher y'at, sweetie?" Pour "how are you?". On adore les douceurs et les sucreries dans ce coin de pays. J'arrive aussi systématiquement en retard ( ce n'est pourtant pas mon habitude) et je suis rarement la dernière. J'ai même appris à hugger correctement et spontanément, ce serait très rude de ne pas le faire et de toute façon, ici, c'est naturel. On hug tout le monde, ou presque.

Y a qu'un truc que je n'arrive pas encore à prononcer du premier coup "Who dat Say Dey Gonna Beat Dem Saints?". C'est l'hymne régional. Qu'on entend en boucle depuis que les Saints, l'équipe de football (américain) locale est arrivée pour la première fois de son histoire (40 ans, peu ou prou) en finale de division. Une victoire dimanche à Chicago les propulserait au Superbowl, la finale des finales, entre le vainqueur du championnat de la ligue nationale et le vainqueur de l'autre, championnat je veux dire.

Je n'ai pas encore bien compris cette histoire de deux championnats parallèles, mais j'apprends les règles du football. Après 13 ans aux States, il était temps, me direz vous. A ma décharge, c'est la première fois qu'une finale de football a un sens pour moi. La ville entière fait bloc derrière son équipe. Après voir dû déménager à San Antonio (TX) après Katrina faute de stade, les Saints n'ont retrouvé leurs murs (le Superdome) dans la controverse, qu'en septembre dernier.  Certains étaient outrés que l'on puisse rejouer au football dans cet endroit où tant d'évacués ont été livrés à eux-mêmes pendant plusieurs jours pendant et après Katrina.

Depuis, leur fulgurante saison a eu raison des critiques. Exutoire ou fierté, la Nouvelle Orléans, qui peine toujours à se relever, veut la coupe (enfin le superbowl). Comme un augure, pour son futur. On la lui souhaite.

When i heard myself say "don't worry, dawlin'", to someone i barely know, i realized i am slowly but surely melting into this place. Indeed, you should never be shocked in New Orleans if a perfect stranger, a supermarket cashier, let's say, or a local politician, asks you "Where y'at, sweetie?" (for how are you doing?). It would be rude. It's all about honey and sugar around here. I am also running late, in a systematic way, and i am rarely the last to show up at an appointment. Time is a very, very flexible notion here. I even learned to finally "hug" the American way. Everybody hugs you in New Orleans, all the time.

The only thing i didn't learn to pronounce correctly yet is "Who dat Say Dey Gonna Beat Dem Saints?". I got to get practice, and soon. Especially now, that the Saints are one stop short of the Superbowl.

corpore y mens

Swimmingpool Ils ne font décidément pas grand chose comme le reste des USA à la Nouvelle Orléans. Je cherchais un club de gym, au hasard, et pas trop loin de chez moi, histoire de me remuer un peu. (je n'ai plus l'habitude de tout faire en voiture et la marche sur le macadam new yorkais commençait à me manquer). J'ai croisé les doigts pour des tarifs raisonnables dès que j'ai passé la porte du New Orleans Athletic Club. Celui dont j'avais toujours rêvé.

Fondé en 1872, le club s'installe définitivement dans ses murs sur North Rampart en 1929. Parce qu'un corps sain n'était jamais pensé que dans un esprit sain, les actionnaires en firent un gym et un social club. A côté des salles de sport, il y a avait donc un bar, une salle de bal, un réfectoire, un salon. Aujourd'hui encore, le club a gardé l'esprit d'alors. Je prends mes cours de yoga à l'étage, dans la salle de bal face à d' immenses portes-balcons s'ouvrant sur l'avenue et sous de lourds lustres que je veux croire en cristal, je fais mes longueurs dans une piscine entourée de colonnades et d'une galerie d'où me parvient le bruit sec des frappes des boxeurs.

Le vieux zinc est toujours en fonction et son menu ne se limite pas aux seuls jus de fruits survitaminés.
Un salon de massage et de beauté est attenant au vestiaire des filles. Près de l'entrée, la bibliothèque fait fonction de véritable QG social du quartier. Les livres y sont rares...mais il y a le wifi et des revues diverses. J'y ai déjà rencontré plusieurs de mes sources. J'avais toujours pensé que la gym se devait d'être associée à d'autres plaisirs. Sinon, c'est vraiment trop rasoir.
I

La leçon de journalisme

Images_1Vous regardez une finale de coupe du monde, au bistrot, avec des potes, ou chez vous, ça n'a pas d'importance, mais avec des potes, leurs commentaires pourront servir. A un moment donné, vous constatez (comme tout le monde pardi) qu'un joueur (Z), une star mondiale en l'occurence, se retourne et file un coup de tête dans la poitrine d'un joueur de l'équipe adverse (M), défenseur d'un grand club de son pays. Geste consternant.  Arrive le ralenti, qui montre que M avait retenu Z d'un bras autour de la poitrine, qu'ils ont échangé quelques mots, brièvement, avant le fameux coup de tête. Z se prend un carton rouge et sort du stade sous les sifflets des spectateurs.

Qu'ont-ils bien pu se dire? Parce que forcément, Z a dû être malmené pour en arriver à un geste aussi brutal. Pour bien mettre le drame en contexte, vous préciserez, parce que vous l'avez lu partout, que M a une réputation "sulfureuse". (enrichissez toujours votre vocabulaire de quelques adjectifs bien placés et imagés). M a d'ailleurs pris lui aussi un carton rouge pendant ce même championnat. (Insistez sur "même"). Et pour bien équilibrer votre article (crucial l'équilibre, il en va de votre crédibilité), mentionnez au passage le nombre de cartons rouges (14, à en croire les confrères) que Z s'est déjà pris au long de sa carrière.

Cela dit, on ne sait toujours pas ce qu'ils se sont dit. C'est embêtant. Alors, on fait le tour de la grande presse, parce qu'en général, elle fait bien son boulot et elle a plus de moyens que vous. Oh jubilation, un grand journal anglais (vous marquez un point parce vous étalez vos connaissances linguistiques) a un scoop. M. aurait traité Z de "dirty terrorist". Vous n'oubliez bien sûr pas de reprendre les sources du grand journal: des "suggestions" font pensez cela. Curieusement, lorsque vous recherchez ce même article, quelques heures plus tard, vous ne le retrouvez plus. En fait, vous le retrouvez là.

Qu'à cela ne tienne, le cousin de Z confirme indirectement et vous pouvez citer, pour bétonner, un autre grand journal citant un 2e journal anglais (très bon les journaux anglais) qui en plus a un scoop de plus. M aurait accusé Z d'être impliqué dans l'affaire de dopage qui secoue le pays de M. (une autre sale affaire qu'on voudrait étouffer avec la victoire de l'équipe de M, mais vous hésiterez à entrer dans cette polémique, car c'est une histoire dans l'histoire, cela pourrait alourdir votre propos et le rendre inintelligible).

Si votre article manque de clarté, rabattez-vous sur des experts, des sources toujours bien utiles quand les témoins directs (ie les co-équipiers des deux joueurs dans ce cas) ne peuvent (ou ne veulent) pas parler. Donc, vous citez un expert, de préférence étranger, vous montrerez que vous avez vraiment fait un effort pour avoir une source. En l'occurence, vous choisissez un expert en "expression labiale" qui vous assurera que M a insulté la soeur de Z. Non, il n'aurait pas dit que la soeur était une terroriste, mais que...bref, vous citez l'expert, ou simplement la dépêche citant l'expert sur un plateau de télévision. Oui, étrangère la télé, d'un pays dont l'équipe aurait dû remporter la fameuse coupe. (mais c'est encore une autre histoire, évitez de trop digresser, ça alourdit vraiment).

Et puis, comme vous ne retrouvez décidément presque plus rien sur le site du grand journal anglais, (le premier, oui), vous faites la tournée des blogs et de leurs commentaires. Chic, vous trouvez le transcript exact de ce que se sont dit les deux joueurs. Y pas de source. C'est embêtant, encore une fois. Mais bon. Vous avez un doute?. C'est vrai que l'italien restranscrit est plutôt mauvais. Peut-être que M ne sait que jouer au foot (et encore!) mais parle mal sa langue maternelle. Après tout, les mails que vous avez reçus dans la journée assurent que c'est un transcript du grand journal anglais (le premier encore). Alors vous envoyez le tout, save, et hop c'est parti, publié.

PS. certains tenants de la vieille école vous diront d'attendre que les protaganistes ( à défaut de s'excuser et regretter leurs gestes voire leurs paroles) ou des témoins directs (les mêmes que ceux cités plus haut) s'expliquent. Tiens, Z promet de le faire dans quelques jours. Bah, attendre? vraiment? Autant battre le fer pendant qu'il est chaud. Sinon vos infos seront périmées demain, ou dans une heure déjà.

then it will be over

ButA croire que le monde n'a vraiment qu'une obsession en ce moment. A 99%, les recherches google et yahoo arrivant sur mon blog depuis deux jours comprennent invariablement les mots "finale coupe du monde new York" voire des plus martiales "où regarder la France battre  l'Italie à New York" (moi je n'irais pas si vite en besogne). Comme ça fait à peu près deux jours aussi que j'échange des emails sur le sujet avec des amis, je vous fais profiter du fruit de nos recherches.

Il y a d'abord ces deux listes et celle de Time out. Il y a aussi la liste établie par le Consulat de France. Le consulat italien ne s'est pas donné une telle peine, on renverra les tifosi dans l'un des nombreux cafés de Mulberry Street dans Little Italy, (le caffe Palermo a un immense écran plasma) ou mieux encore pour une vraie ambiance ritale sans touriste, je vous encourage à aller à Benshonurst, Brooklyn (en gros sur la 18e Avenue,entre 65e et 85e Rue).

Côté français, les hauts lieux semblent être le café Jolie à Brooklyn, Felix sur West Broadway, ou encore Opia sur la 57e. Mais les places risquent d'être chères, les réservations sont déjà prises chez Félix, notamment. Il y aurait encore des places à l'Orange Bleue. Côté italien, ce sont l'Angolo sur Houston, N028 au 28 Carmine street ou encore I tre Merli, mais le premier et le dernier sont déjà surbookés.  La Petite Abeille sur 22e rue et 1ère ave (un belge, oui un belge) ne prend pas de réservation, avis aux lève-tôt.

Alors deux options pour ceux qui n'ont pas réservé ou qui n'ont pas envie de poireauter deux ou trois heures avant le match: viser un restau français ou italien qui n'est pas dans les listes qui circulent, assurez-vous qu'ils diffuseront bien le match en appelant AVANT, et le tour est à mon avis joué. Ou plus simple encore, trouver un rade allemand, anglais ou portugais qui ne désemplissait pas jusqu'aux demi-finales, vous y trouverez surement de la place et en plus la foule ne sera pas forcément monocolore, un plus pour ceux à qui les élans de patriotisme filent de l'urticaire.

Pour faire la fête ensuite: à priori, West Broadway, puisque les troquets français et italiens pullulent dans le coin. Alors bal musette ou tarentelle?

add: Florent et Macelleria Restaurant sur Gansevoort Street, ont uni leurs efforts. A la fin du match ou à la mi-temps déjà, bataille rangée au pistolet à eau dans la rue. Réservations obligatoires, chez l'un comme chez l'autre. Au menu: boudin et pernod chez le premier, Lemoncello et cervelle en face. Ben oui, c'est le meatpacking district.

Ballons_2There seems to be a single obsession on the web this days. Soccer, soccer, soccer. Almost all the google or yahoo searches linking to my blog these past two days said thinks like "where to watch the soccer cup in New York" or "where to see France-Italy". Well, since i have been looking too with a couple of friends, here is what we found.

Those two lists could be a start or the one from Time Out. For those who absolutely want to chant "la Marseillaise", then check the list put together by the French consulate. For the true Italian tifosi, i can only recommend Mulberry street (the caffe Palermo will have a 50' inch plasma screen) or more truthfully Italian, Bensonhurst, in Brooklyn, basically on 18th avenue between 65th and 85th street. Felix, Opia and Jolie are known as French hubs, but they might be packed. So will it be at I tre merli and l'Angolo., their Italian counterparts.

Therefore, i can only recommend two things, check your Zagat, point to any Italian or French places who are NOT on those previous lists. Call them before to make sure they actually have a TV screen and will be playing the game. Or, if you are adverse to bursts of patriotism, then just pick any English, German or Portuguese venues, call and you might be able to watch the game AND drink a beer at the same time.

l'anno Prodi

Demifinale

















Photo Keystone

is soccer a french word?

Foot2Si vous en doutiez encore, eh bien cessez de douter. New York est bien une ville de foot. Il y avait  même deux (2) Brésiliens au milieu d'une mer de Français et de quelques Anglais, bons joueurs, restés après leur défaite rageante contre le Portugal, au Café Charbon, sur Orchard Street cet après-midi dans le Lower East Side. Univision (la chaîne hispanique américaine) chauffe l'ambiance avec des supporters brésiliennes, toutes en déhanchements. Pas une Française sur la Hauptplazt de Francfort à qui tendre le micro?

Premières images sur le stade, la salle exulte. Chirac passe à l'écran, il est hué. Les Anglais sont presque choqués par tant d'impertinence. Qu'à cela ne tienne, le match démarre.  A 1'32'', ma voisine américaine perd déjà toute contenance après le premier drible de Zidane: "Insane! Insane!!!". 

Quelques minutes plus tard, sur une nouvelle passe du même, le commentateur est à l'évidence pantois: "Cissou, Cissou, Cidan es incredible". Je ne vous raconte même pas la suite. En fin de rencontre, les envoyés spéciaux d'Univision ont dû se résoudre à l'évidence: il leur fallait à tout prix des supporters français, qu'ils ont cette fois trouvés, mais à qui ils n'ont rien demandé, se contentant de s'en servir en toile de fonds pour le commentaire de leur commentateur.

Bon, les paris sont lancés. France-Italie en finale. Le gagnant offre le champagne. C'est le deal passé avec un confrère français. (parce que le Prosecco ça le fait pas....mais j'amènerai le salami).

To my American readers: i can only invite you to go see the next games in a French, a German, an Italian or a Portuguese locale.

Dieu, foot et autres choses

Eglisefoot_1Je ne croyais pas si bien dire en faisant le rapprochement entre coupe du monde de football et elections américaines, l'autre jour. J'avais oublié un élément fondamental: Dieu. Mais d'autres y pensé pour moi. "Le monde entier regarde la Coupe du Monde, et Dieu va se servir de cette occasion pour agrandir son royaume". Sic. C'est le révérend Ben Hur (je n'invente pas) qui l'a dit au New York Times ce week-end.

Monsieur Hur et les pasteurs de l'Eglise Full Gospel dans le Queens à New York ont installé des écrans géants dans leur église dans l'espoir de recruter de nouvelles ouailles. Le quartier est coréen, l'Eglise a fait le plein jusqu'à vendredi dernier, quand la Suisse à éliminé les Diables rouges....Je ne sais pas si Monsieur Hur entend attirer de possibles fidèles d'autres nationalités.

I wasn't fully out of topic when i talked about soccer and American politics the other day. I just forgot one main actor: God. But others did think of him. The Full Gospel Church of New York in Queens organized viewings of soccer's games in its church with the open intention of recruiting new members. "All the world is watching the World Cup, and God will use this opportunity to grow his kingdom", said the pastor Ben Hur (i am not inventing anything here) to the New York Times this week-end. Talk about a phenomena...

picture from the New York Times

The Soccer cup like an american election

Cartonrouge_1La Coupe du Monde de foot, comme une présidentielle américaine. Tous les 4 ans, qu'on le veuille ou non, on n'y échappe pas. Dans les média, au café du coin, au bureau, ça ne parle que de ça. Et chacun d'y aller de son grain de sel, expert ou pas (la preuve, je m'y mets aussi). A en devenir accroc, malgré soi. Même quand on fait mine de pas s'y intéresser, on cherche à connaître les résultats du dernier match, à évaluer les chances du candidat arrivé 3e en Iowa, les conséquences de la mise à pied du stratège es internet Joe Trippi par Howard Dean, l'impact du 2e carton jaune de Zidane (et sa suspension) sur le prochain match de l'équipe de France, après sa piteuse performance contre la Corée du Sud. 

On s'y intéresse partout à la coupe du monde, comme aux élections américaines. A Kaboul, à Rio, à Sydney, à l'exception peut-être d'une moitié d'Américains, imperturtables aux tumultes du monde et à ceux de leur propre pays.

La phase éliminatoire, comme une primaire. Vous savez ces fameux adages sur l'importance du premier match (les Bleus sont mal barrés) ou d'un bon classement lors des primaires de l'Iowa et du New Hampshire, deux états pourtant si atypiques et peu représentatifs.

Henry_1En début de compétition/campagne, les piques ne sont pas encore assassines, les joueurs demeurent relativement fair-play et tendent encore une main à leur adversaire à terre. Fin des primaires, c'est le massacre: trois cartons rouges (une myriade de jaunes) et un oeil en sang pendant le match Italie-USA, un coup de genou mesquin de Vieira contre HO lors du France-Corée. C'est John McCain qui se fait traîner dans la boue en Caroline de Sud par l'équipe de Bush, c'est Howard Dean taxé d'ultragauchiste par son propre camp, alors qu'hormis la guerre en Irak, il est plus à droite que Kerry ou que Daschle, le candidat des syndicats.

Certes, il y a une différence, je ne gagne pas ma vie en suivant le Mundial. Mais au jeu des pronostics, je me dis que les Azzurri et Al Gore ont encore toutes leurs chances.

Bush_mccain_smirkSuddenly it became evident. The world cup is no different than an American presidential election. Every four years, there you go, you can't escape it. And without even noticing it, you become addicted. Even if you pretend not to be interested you can't avoid asking the results of the last game, those of the last poll. You are waging the impact of Joe Trippi's departure from the Dean's campaign or the consequences of  two red cards against US players for the next American game.

At the office, at the deli, in the media, everyone is talking about it. The entire world is following those two events, except maybe half of the American people....

Then, you have the primaries like the elimination phase, with all the guessing and beliefs, like  the importance of the first game, or the meaning of a good showing in Iowa and New Hampshire. Everybody remains quite civilized during those early games and polling, until it becomes extremely nasty. Three red cards during Italy-USA, a record to date. Remember how McCain was destroyed by personal attacks from the Bush machine in South Carolina, in what became one of the dirtiest campaigns in an American presidential election?

As far as i am concerned, i am not making any money with the world cup, but my little maths tell me that Gli Azzurri and Al Gore can still keep some hope.

photos: agences/wires services

aux bars du corner

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Soccer in New York

C'est ma 4e coupe du monde à New York! Que n'a-t-on dit sur les incongruïtés des USA versus le reste du monde. Leur score aujourd'hui ne va pas renverser la vapeur - ils se sont pris trois buts par la République Tchèque! J'en étais malheureuse pour le commentateur d'ESPN dont la tâche était sans doute de convaincre les spectateurs ricains, qu'après tout, le reste du monde n'a peut être pas totalement tort. (l'un d'eux, inconsolable: "ceci n'est pas l'équipe des Etats-Unis! "Ah bon et où est-elle alors?).

N'empêche, à cause de cela peut-être justement, j'aime bien suivre la coupe du monde d'ici. Fi du chauvinisme de bon aloi en Europe. Et puis, il y a suffisamment d'immigrés du monde entier pour se choisir les ambiances du moment. Il y a 12 ans, j'avais pleuré la défaite des Azzurri en dansant la samba dans Soho avec des Brésiliens qui avaient le triomphe communicatif. Huit ans plus tard, je fêtais au champagne (offert par un généreux sponsor) la victoire des bleus du côté de la 60e Rue, avec les mêmes Brésiliens, battus cette fois-ci, mais toujours aussi bons danseurs. A chaque fois, les fêtes dans la rue, sous le regard ébahi d'Américains pur souche qui ne demandaient qu'à participer.

Samedi matin, une clameur s'est élevée soudainement d'un des pubs de la rue. Décalage oblige, les Anglais fêtaient leur premier (et seul) but contre le Paraguay à 9h05. Ca en a choqué plus d'un dans le quartier, généralement plutôt calme les samedi et dimanche matins. Au même moment, ça commentait ferme l'autogoal concédé par les Paraguayiens, en espagnol, sous mes fenêtres, entre les employés du deli du coin écoutant le match du transistor d'un fourgon.

It's my 4th Soccer World cup in New York. Not your typical sport out here, but this is precisely why i like following the tournament in New York. Far from the European chauvinism. Difficult indeed with a team as bad as the American one... (they just lost badly today to the Czech republic, so badly i felt sorry for the poor ESPN anchor whose task is probably to convince American viewers that indeed, soccer is a sport worth watching....).

12 years ago, i remember getting over the Azzurri's defeat to Brazil by dancing samba in Soho where the Brazilian fans had gathered. 8 years later, i celebrated with French friends and the same Brazilians who seemed as happy in defeat as in victory on 60th street, with free champagne offered by some sort of French sponsor of the event.

Saturday morning, at a very unusually early time, i heard a clamor from one of the pubs downstairs. It took me a while to understand that England had just scored at 9.05 am against Paraguay. At the same moment, Hispanics workers from the deli next door were listening on the radio and angrily commenting the autogoal conceded by the Paraguayans .... A sport perfectly suited for New York.

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au fait



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