Sad times in New Orleans

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La crise du logement s'accentue à la Nouvelle Orleans. Les logements sociaux qui vont être démolis ce mois, sauf miracle juridique, les camps de caravane de la Fema, l'agence fédérale de secours en cas de crise, vont également être fermés. La ville compte déjà plus de 12 000 sans abri, certains d'entre eux vivent depuis plusieurs mois dans un campement de fortune en face de la mairie. La vidéo du New York Times ici. Tout cela en plein hiver.

The Housing crisis is just worsening in New Orleans. Beside the public housing that are set to be demolished starting December 15th, Fema has decided to close all its trailers camps. In the meantime, more than 12000 people are homeless in the City. Some of them are living in a makeshift tents camp across the street from City Hall. The New York Times put out a video on the subject.

photo NYT

La tempête parfaite

J'ai reçu il y a quelques jours ce texte d'une amie de la Nouvelle Orléans, Elizabeth Cook, militante pour le droit au logement et au retour de tous les évacués de l'ouragan Katrina. Elle a finalement décidé de le publier intégralement dans indymedia. J'ai traduit ce texte dans une version légèrement abrégée que je publie avec sa permission: 


"Avec la démolition annoncée de quatre complexes de logements sociaux, probablement à la mi-décembre, les habitants de la Nouvelle Orléans vont perdre quelques 5000 appartements à loyer modéré, probablement pour toujours.

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Je disais ce matin à un ami que la ville se désintégrait. Une explosion de vols, certains commis par des adolescents, à ce que qu'en disent les autorités; un augmentation vertigineuse du nombre de sans-abri; des politiciens qui préfèrent regarder ailleurs quand la corruption les sert si bien. Cela me fait penser, lui dis-je, au personnage du dessin animé Bugs Bunny, dans une scène où il est furieusement occupé à creuser un tunnel sous-terrain pour trouver son chemin vers le paradis, ou une plage, ou un endroit agréable, je ne me souviens plus exactement.

Quant sa tête surgit enfin du trou, il est au milieu du Pole Nord et dit un truc du genre: "J'ai du faire fausse route à Albuquerque".

Je ressens les choses comme ça parfois. Il suffit d'une erreur à un croisement pour se retrouver dans un environnement glacial.

Le genre d'environnement où 17000 de nos habitants, citoyens, résidents sont sans abri. Le genre d'environnement où les politiciens sont prêts à démolir des logements viables pour une "théorie", celle qui voudrait que l'amalgame de pauvres crée la pauvreté.

Le genre d'environnement où nos "leaders" élus caquètent sur des questions d'éthique et sur la réforme du gouverment, mais préfèrent regarder ailleurs quand le chef de notre agence fédérale, supposée créer des logements pour les pauvres, est l'objet d'une enquête criminelle pour des deals sulfureux conclus dans le but de démolir des logements publics abordables pour les travailleurs pauvres de la Nouvelle Orléans.

Et n'est-ce pas un concept corrompu, que celui de vouloir détruire des quartiers entiers habités par des pauvres, au nom du combat contre la pauvreté, alors qu'il y a eu peu d'efforts, à ce jour, pour remplacer ces logements? Il faut en conclure qu'il s'agit bien dans ce cas, de détourner le regard, loin de la souffrance des autres.

Oui, il y a bien eu un peu de raffut en faveur des "chèques"de logement, 3000 pour être exact, selon la conseillère communale Stacy Head. Nous prendrons les 3000 chèques, s'ils seront véritablement distribués. Mais, Madame Head, et avec vous le reste du Conseil, vous continuez à plaider pour la destruction de 7000 logements sociaux, alors que vous réclamez 3000 chèques pour des logements "permanents et de secours". Quel meilleur moyen de fournir des logements de secours que les structures existantes?

Allez comprendre!

Ensuite, nous entendons Mme Head dire qu'elle est prête à avoir quelques uns de ces appartements de secours dans son district d'uptown. Il en faudra bien plus que quelques uns, Mme Head, pour régler le problème.

Deux  leaders politiques de New Orleans East, la conseillère communale Cynthia Willard Lewis et la sénatrice Ann Duplesis sont opposées à la construction de complexes d'appartements familiaux dans l'est de la ville. Les loyers proposés oscilleraient entre 700 et 1300 dollars, ce qui ne sont pas à proprement parler des loyers modérés, avec emphase placée sur "ceux qui peuvent payer par leurs propres moyens". Il ne s'agit donc pas d'appartement pour les plus bas salariés de la ville.

Refuser des nouveaux logements au prétexte du manque de services publics ne résoudra pas le problème du manque de services publics dans ce quartier. En général, les services publics suivent les gens, surtout si nous finançons correctement ces services.

Ajoutez à cela la décision de la FEMA (apparemment soutenue par la ville) de fermer les campements de caravanes. La FEMA a déjà discrètement fermé plusieurs sites depuis août. Cette décision implique la fermeture de 2797 caravanes et touche plus de 5000 personnes. Plusieurs résidents se demandent où ils vont aller.

Ces caravanes ne sont pas la solution idéale, elles sont même dangereuses si l'on prend en compte le problème des taux de formaldehyde détectés dans certaines unités. Mais leurs locataires se retrouvent entre le marteau et l'enclume: il n'y a tout simplement plus suffisamment de logements abordables à la Nouvelle Orléans en ce moment.

Il y a bien sûr une alternative à tout cela: et si le gouvernement fédéral fournissait les ressources nécessaires pour reconstruire nos quartiers et nos infractructures, ce qu'il aurait dû faire depuis le début? Pourquoi ne  pas créer un programme fédéral d'emplois pour reconstruire la Nouvelle Orléans et le reste de la Côte du Golfe? Pourquoi nos élus continuent-ils à lobbyer en faveur des mauvais projets, au lieu de réclamer des ressources pour des logements abordables?

C'est qu'il y a un intérêt derrière tout cela: le réduction du nombre de logements sociaux sert à empêcher les gens de rentrer. Quelle autre conclusion en tirer?

Nous nous réveillons tous au milieu d'une tempête glaciale, dans un paysage soufflé par les vents où nos concitoyens dorment dans des tentes, sans sanitaires, dans un campement devant la mairie de la ville. Nos amis se plaignent de maladies liées au stress, certains en meurent. De nombreux résidents se battent pour la réouverture des  logements sociaux tout en ayant à faire face au stress de ce qui est devenue la lutte pour leur survie quotidienne entre l'augmentation des prix de l'électricité, de la nourriture, l'inefficacité des transports publics, le sous-financement des écoles publiques.

Et puis, il y a ceux qui ont tout simplement abonné, renoncé à leur rêve de retour. N'est-ce pas ce que ce les gens au pouvoir souhaitaient?

La démolition des logements sociaux ne résoudra pas le problème. Il ne fera que l'exacerber. Et nous courons le risque d'avoir une population permanente de sans abri.

Alors quoi? le slogan serait-il "habituez-vous?"." 

My friend Elizabeth Cook wrote this article for Indymedia a few weeks ago.


With demolition of public housing set to begin mid-December, New Orleans residents are about to loose over 5000 units of public and affordable housing, possibly forever.

 

New Orleans: The Per...
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I told my friend this morning, I think the city is coming apart. An outbreak of robberies, some perhaps by teenagers, authorities believe; homeless population exploding; politicians looking the other way when corruption serves their purpose. I'm reminded, I tell her, of the Bugs Bunny cartoon, where he is busy, furiously, digging underground, trying to tunnel his way to paradise, or a beach, or somewhere pleasant; I can't remember exactly.

He pops his head up, in the middle of the North Pole, and says something to the effect, "I must have taken a wrong turn at Albuquerque".

It can feel like that sometimes. That one wrong turn and you wind up in a very cold environment.

The kind of cold environment, perhaps, where 17,000+ of our residents, citizens and neighbors are homeless. The kind of cold environment where politicians are willing to tear down viable public housing, for a "theory", and a poor one at that, that clustering the working poor together creates poverty.

The kind of cold environment where our elected "leaders" prattle on about ethics and reform in government, yet look the other way while the head of our federal agency, entrusted with creating housing for the working poor, is under criminal investigation for sweetheart deals that will demolish, viable, public housing for the working poor in New Orleans.

And if there were ever a corrupt concept, than that of destroying neighborhoods where poor people live, in order to combat poverty, particularly when there has been little effort, to date, to replace that housing before it is destroyed, well, you almost have to conclude that it is, truly, about learning to look the other way, to look away from the suffering of others.

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Mentalité de bunker

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La Nouvelle Orléans commémore la tragique catastrophe de Katrina. Le maire préside aux commémorations officielles au centre ville. Des dizaines de cérémonies ont lieu dans tous les quartiers dévastés. George Bush a choisi d'aller rendre visite à l'école primaire Martin Luther King qui vient de rouvrir dans le quartier du Lower 9th Ward. Il faut montrer patte blanche pour entrer. J'ai beau tergiversé, carte de presse à l'appui, rien n'y fait. La déléguée à la presse me demande d'appeler Washington, Washington me dit que j'aurais dû appeler la veille, la veille Washington m'avait gentiment priée de régler ça sur place. Bref, je reste dehors avec les locaux. Des habitants du quartier.

"Je n'ai jamais vu de président", me dit Herman Wallas, le regard éperdu de tristesse. Qu'attend-il de Bush? "Rien, pourquoi lui faut-il tellement de temps pour réagir? Il ne parle que d'Irak tout le temps, alors qu'ici rien n'a été fait pour nous, nous sommes aussi en zone de guerre, c'est déprimant". Une voisine, Carolyne Alexis, enchaîne: "on veut imposer la démocratie en Irak, alors qu'on ne l'a même pas ici".

Img_0018 Ils attendront en vain. L'image de ce coin de rue résume presque à lui seul la présidence Bush. D'un côté, l'école, joliment rénovée, transformée en bunker pour la matinée, avec ses cordons de sécurité, la centaine de flics patrouillant tout autour, les motos, les voitures blindées, les girophares allumés. A l'intérieur, des invités triés sur le volet. Sur le trottoir d'en face, une cinquantaine de résidents du Lower 9th attendent sous un soleil de plomb au milieu de maisons en ruines et des mauvaises herbes. La pluie torrentielle viendra les disperser, alors que l'on s'agite de l'autre côté de la rue. Le président a visiblement terminé son discours. Je ne suis pas sûre qu'Herman ait réussi à l'apercevoir.

reportage en forme de bilan ici

Bill Clinton whacked?

Le suspense est levé. Hillary Clinton a désormais un hymne de campagne. Il paraît que ce sont les internautes qui ont choisi. Enfin, on imagine puisque la question leur avait été posée il y a un mois dans un premier clip qui cherchait à donner une image drôle et cool de la candidate. Son équipe de campagne a corrigé le tir en parodiant le dernier épisode des Sopranos (non, je vous raconte pas).

Obama lui, n'a même pas eu besoin de lancer un concours, ses fans se sont déjà occupés de sa promo. L'intéressé n'a pas réagi officiellement, sa femme non plus. On dira juste que la chanson Obama swing très différemment de celle de Céline Dion.

le trublion républicain

Le débat républicain de mardi soir, organisé par la chaîne conservatrice Foxnews, s'est finalement révélé beaucoup moins ennuyeux que le premier, tenu il y a à peine 15 jours en Californie. Je m'étais donnée pour consigne d'arriver en fin de soirée à retenir le nom et surtout la bobine des onze candidats en lice. Je vous vois venir...et pourtant le lendemain matin, Brian Lehrer, le brillant commentateur de WNYC à New York, s'emmêlait encore les pinceaux!

Bref, la soirée commence sous les plus mauvais augures, Gong Ho toute sur l'Irak! C'était littéralement à qui ficherait la plus grosse déculottée à ces terroristes de malheur qui osent s'en prendre au mode de vie américain et à celui - j'ai cru mal entendre à un moment donné- qui n'aurait pas peur d'utiliser la torture si cela permettrait de sauver des vies américaines. (merci au Sénateur John McCain, ancien combattant et prisonnier pendant cinq ans au Vietnam, victime lui-même de tortures dont il porte encore de lourdes séquelles, d'avoir relevé la hauteur du débat à ce moment).

J'ai failli passer à autre chose quand le "petit" député du Texas, Ron Paul, ardent opposant à la guerre en Irak, a osé haut et fort ce qui avait valu le lynchage médiatique à l'écrivaine et journaliste Susan Sontag après le 11 septembre. "Nous sommes allés là-bas et les Etats-Unis ont bombardé l'Irak pendant 10 ans. Je crois que Reagan avait raison. Nous ne comprenons pas l'irrationalité du Moyen-Orient". Déchaînement sur scène. Rudolf Giuliani, le déclaré héros du 11 septembre - qui ne perd rien pour attendre le contre-coup de ce même 11 septembre - s'étrangle et demande un droit de réponse. Peine perdue.

La bonne surprise viendra à la fin du débat, lorsque les télespectateurs sont invités à voter à chaud (oui, oui ce n'est pas un sondage scientifique, certes le public était sans doute moins unaniment conservateur qu'à l'habitude étant donné le caractère national de cette transmission), n'empèche, le Ron Paul, dont je serais prête à parier que la moitié des téléspectateurs n'avaient jamais entendu parler avant ce débat, ravit la vedette à Giuliani, pourtant en tête des sondages côté républicain, en décrochant la deuxième place du vote par sms juste derrière Mitt Romney mais devant Giuliani.

Voilà qui relance enfin un sain débat sur l'Irak au sein du parti républicain, même si le président de section du Michigan, Saul Anuzis, veut faire circuler une pétition parmi les membres du parti pour interdire Ron Paul des débats à venir. A croire qu'il n'a jamais entendu parler du premier amendement. Cette présidentielle s'annonce décidément fort passionnante, et pas seulement du côté démocrate.

the democratie participative touch

Je ne sais pas si Hillary Clinton se fout ouvertement de Ségolène Royal, mais la voilà qui demande elle aussi leur avis aux internautes. Sure, ça se veut drôle, mais vous trouvez ça vraiment drôle vous ?

In case you missed it, Hillary Clinton wants to know your opinion. I don't know if she is just trying just to make fun of the French socialist candidate Segolène Royal? Sure, it's meant to be funny, but is it ?

Democrat? and happy?

Sexy je ne sais pas, mais les candidats démocrates cette année font le bonheur de leurs supporters. On est loin des mines grises et tristes de 2004, où les démocrates allaient aux urnes à reculons, faute de candidats vraiment rassembleurs. J'ai rencontré plusieurs membres du parti, la semaine dernière en Caroline du Sud, affichant deux voire trois autocollants de candidats différents sur leur t-shirt. Coeur d'artichaut? Oui! Mais pas par insatisfaction, ce serait même plutôt le contraire.

Sexydem "Je suis tellement excitée par le choix", me disait une jeune étudiante à Columbia, arborant une banderole "John Edwards". Sans savoir encore si elle allait voter pour lui. Quelques heures plus tôt, une activiste qui s'est portée bénévole pour la campagne de Barack Obama me disait que les candidats démocrates cette année sont "top notch". Même mes amis les plus désabusés, qui s'étaient faits priés d'aller voter Kerry pour barrer la route à Bush en 2004, passent déjà des heures à lire et relire les programmes des candidats.

Je remarque surtout que les démocrates ne sont plus dans l'"anti-républicain" mais dans le pro. Pro-education publique, pro-assurance santé, pro réouverture du dialogue avec la communauté internationale, et bien sûr tous pour un retrait d'Irak. Même la lutte contre les changements climatiques fait lentement mais sûrement partie des priorités. C'est de bon augure pour le débat politique  à venir.

Sexy, i don't know yet. But what seems sure this time around, for what i saw in South Carolina last week, is that the democratic base is really enthusiastic about its candidates.  "I am so excited by the choice we have", said a young student in Columbia, wearing a sign for John Edwards, but not certain at all she will vote for him. An Obama supporter told me, the candidates are "top notch" this year.

We are far away from the anti-Bush crowd of 2004. The democrats seems to have overcome the "anti" republican syndrome and they are finally talking about what they stand for and not what they stand against, which was a recipe for disaster. All of them talk about education, health care, dialogue with the international community, and yes even climate changes is slowly but surely making to the top list. And of course, they all want to get, one way or the other, out of Iraq. Looks that we are finally heading towards a real political debate.

les yeux dans les yeux

Et dire que j'ai failli commettre un post très critique récemment sur mes confrères photographes américains. J'étais en effet ulcérée par la manie systématique des médias, ici ,à publier des photos très peu flatteuses d'Hillary Clinton.  En revanche, Barack Obama, lui, toujours impeccable, classe, pour ne pas dire sexy. J'essaie d'être objective là. Et puis, après deux jours en Caroline du Sud, à suivre les candidats démocrates en campagne, j'ai bien dû me rendre à l'évidence.

Hillary n'est pas photogénique, mais alors PAS DU TOUT! Et je vous assure que je l'ai mitraillée, sans succès. Surtout, si quelqu'un a le bras long, qu'il dise au plus vite à ses conseillers en images de la sommer de cesser immédiatement d'écarquiller les yeux à chaque fois qu'elle salue quelqu'un!


Hillary_2


A few weeks ago, i almost wrote a post to condemn my colleagues photographers who keep publishing very unflattering pictures of Hillary Clinton. As if they have an agenda. In comparison, Barack Obama alway comes out as a perfect, classy, handsome, and well, sexy, man. After a couple of days spent in South Carolina to cover the democratic campaign, i can only admit that Ms Clinton is not photogenic.

As hard as i tried, i couldn't come up with a better picture. So if anyone knows anyone close to her image consultants, please pass the word out. She has to stop making that eyes thing whenever she shakes a hand. And she does shake a lot of hands these days.

60000$ les dix minutes

Hillary Hillary Clinton était de passage à New York ce soir pour un fundraising event (collecte de fonds). L'évènement avait lieu au Pier 94, un centre de convention sur les bords de l'Hudson. Hillary est arrivée sur scène un peu après 20h20, après avoir été présentée comme "le prochain président des Etats-Unis" par son ex- président de mari. Chelsea, leur fille, était là aussi.

Hillary est restée sur scène, montre en main, 18 minutes, dont deux au moins, à se bagarrer avec un micro qui avait décidé de se taire et six ensuite pour trouver la sortie en serrant quelques pinces. La salle n'était pas comble, loin de là. A vue de nez, j'aurais dit 600 personnes, un collègue pense qu'ils étaient au moins 1000. Peu importe. A 100 dollars la soirée, ça fait tout de même un minimum de 60 000 $ les 10 minutes. Pas mal pour un passage éclair.

Hillary Clinton was in town tonight for a fundraising event, at Pier 94, on the West Side. She was accompanied by Bill and Chelsea. She finally got on stage at around 8.20 pm, when she left it was 8.38 pm. Of those 18 minutes, 2 at least where spent trying to get some sound trough the mic, and six to shake hands on her way out.

The room was far from filled. But still, i guessed about 600 people, a colleague of mine put it at 1000. Knowing that each person paid 100 $ to get in, you do the maths.

la politique, une affaire de sexe?

Je n'avais vu Barack Obama qu'à la Convention démocrate de 2004, à Boston, où j'avais pu constater, comme la foule en délire, le charisme du personnage et ses excellences oratoires et plus récemment, à la Nouvelle Orléans, dans un environnement trop politico-journalistique pour que je puisse franchement juger de son impact sur l'électeur moyen. Cet après-midi, il était à NewObama1_2 York devant un parterre rassemblé par la National Action Network d'Al Sharpton, composé à 90% d'Afro-Américains.

Obama a fait un tabac. Son discours est convaincant, surtout lorsqu'il parle d'éducation, son humour corrosif, son charme...(bon je passe). L'audience, qui ne lui était pas acquise, a répondu chaleureusement. Un petit sondage rapide à la fin de son speech m'a pourtant laissée songeuse. Les femmes étaient conquises. Il sera leur candidat. Il a touché une corde en parlant de santé publique, d'éducation et de la place de l'homme dans l'éducation des enfants. 

J'ai senti en revanche beaucoup plus de résistance chez les hommes. Certains pensent que l'Amérique n'est tout simplement pas prête pour un président noir. D'autres, à ma grande surprise, ont parlé d'Hillary. "On ne peut pas la lâcher après ce que Bill a fait pour les noirs en général, pour Harlem en particulier Les Clintons ont une histoire d'amour avec les Noirs". Je n'avais pas pensé à ça. En revanche, pas un seul de mes interlocuteurs n'a relevé le fait qu'Obama n'était pas assez "afro-américain", comme la presse américaine a un instant voulu le faire croire.

Racontant cette dichotomie homme-femme à mon coiffeur, un activiste de gauche très impliqué dans les questions sociales à New York, il m'a répondu d'une traite: "il est temps que les hommes noirs aient plus confiance en eux, ils feraient mieux d'écouter leurs femmes, elles ont compris, elles". Pour info, mon coiffeur votera Obama aux primaires démocrates. "Du sang neuf, marre de ces dynasties qu'on veut nous imposer".

Grosplan_2 I had seen Barack Obama only twice before. The first time at the Democratic national convention in Boston in 2004, where i had to agree that he has charisma and excellent oratory skills. The second time was in New Orleans, more recently, for a senate hearing, which didn't allow me to really measure his impact on regular Joes and Janes. Today, i saw him at an event organized by the National action Network, of Al Sharpton, in front of an audience composed by of 90% of African-American.

The crowd was more than charmed, he obviously scored points. Whether he talked about the war (he opposed it), health care (he wants an universal coverage plan) or the education (he wants to reform the property taxing system that pays for public schools), he got nods, applauses and, at time, standing ovations. At the end of his speech, though, a quick survey left me wondering.

The women i spoke too were all unanimous. Obama will be their candidate in the primaries. He brought issues home. The men, surprisingly, though fairly pleased by his speech, felt ambiguous. One told me: "America is not ready for a black man". Another, a reverend from Harlem, said that Hillary would be hard to beat in the African-American community. "The Clintons did so much for black people in the US, and especially in Harlem. They have a love story with black America", he told me. No one though brought the issue that Obama is not "African-American" enough, a storyline that made headlines back in january, and which i think, is totally fabricated by a certain press.

Later on, when i told the story to my hairdresser, a leftist activist in New York, he wasn't surprised at all. "It's time for black men to finally start trusting themselves, they would be better off listening to their wives". He has made his choice. Obama will be his candidate for the primaries.

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