Only in San Francisco

Onlynsf Depuis plus de deux ans, Gene et Line, qui cumulent à elles deux 20 ans de vie à San Francisco, nous font visiter en mots et en images les recoins de la perle de la côte ouest avec poésie souvent, avec enthousiasme toujours. Leur blog a été et reste pour moi un vrai bol d'air et un constant rappel qu'il me faudra absolument revoir avec leurs yeux San Francisco.

Leur passion a été communicative. L'éditeur PIPPA vient de sortir une version livre de leur blog. Leur regard sur la ville est une véritable invitation à découvrir ou redécouvrir San Francisco. Bravo GeneLine!

America's birth name

Cela fait 500 ans aujourd'hui que le nom "America" fit son apparition pour la première fois sur une carte pour désigner le continent qui porte aujourd'hui ce nom. Elle est l'oeuvre du catographe allemand Martin Waldseemüller et fut publiée a Saint Dié, en France. Tirée à plus de 1000 exemplaires, un fait en soi remarquable pour l'époque, il n'en resterait plus qu'un, acquis par la Librairie du Congrès en 2003.

"America" servit d'abord à désigner la partie sud du Continent. L'histoire veut que Waldseemüller aurait cherché par la suite à corriger son erreur d'avoir attribué à Amerigo Vespucci la découverte de l'Amérique plutôt qu'à Christophe Colomb. Mais l'insistance de Colomb à penser qu'il avait atteint la côté Est de l'Asie et non un nouveau continent aurait joué en faveur de Vespucci. Dans des cartes successives, Waldseemüller aurait même éliminé le nom America. C'était visiblement trop tard.

Waldseemullermap

It will be 500 years today, that the first map of the world with the name "America"on it was published in Saint Dié, France. The map, work of the German cartographer, Martin Waldseemüller, is also known to be the first map to outline the continents in a way close to what we know today.

It is said that Waldseemüller tried, years after his impressive work, to correct the assumption that Amerigo Vespucci discovered America. He even published successive maps without the name America. It was obviously too late. Not that Waldseemüller ignored Columbus findings, but Vespucci was the first to insist on the fact that those new discovered lands were indeed part of a new continent and not the East Coast of Asia, as Columbus long believed.

Sarkozy Président à New York

On savait les Français de New York à droite. Mais là, ils ont fait fort. S'il n'en tenait qu'à eux, Nicolas Sarkozy, avec un score de 52,2%, aurait été élu au premier tour. Ségolène Royal arrive bien deuxième, mais loin à la traîne, à 22, 9%, suivie par François Bayrou à 18, 8%. La bonne surprise, c'est Jean Marie LePen, relegué ici à seulement 1,9%.

La petite foule rassemblée au café Opia, sur la 57e Rue, reflètait bien le vote de ces expats. Il fallait chercher les royalistes. Curieusement, chez tous ces sarkozistes expatriés qui réclament le changement, ils ne s'en trouvent pas un seul pour louer le système social à l'Américaine. Triangulation difficile, ils aiment aussi bien la dérégulation économique américaine qu'ils chérissent les acquis sociaux français. Y a comme un problème. 

Chose intéressante, les Français de Montreal ont placé Ségolène en tête autour de 35% devant Sarkozy à une trentaine de pourcent. A croire que l'environnement social exerce une influence sur le choix des candidats. Le filet social canadien est l'un des plus généreux qui soient.

Enfin, si vous voulez quelques avis d'Américains sur la question

ps: les résultats définitifs des Français de l'étranger:

Nicolas Sarkozy:  38,49%
Ségolène Royal:  29,92%
François Bayrou:  21,54%
Jean Marie LePen:  3,27%
Dominique Voynet:  1,98%
Olivier Besancenot:  1,33%
José Bové:  1,20%
Philippe de Villiers:  0,89%
Marie-George Buffet:  0,56%
Arlette Laguiller:  0,49%
Frédéric Nihous:  0,21%
Gérard Schivardi:  0,12%

Participation: 40,3%            

blacksburg diaries

Il est des coïncidences ironiques! Je m’étais rendue en 2002 sur le campus retiré et bucolique de Virginia Tech, à Blacksburg, dans les Appalaches, pour y interviewer Stephen Prince , professeur de cinéma, spécialiste de la violence sur les écrans et auteur de plusieurs ouvrages sur la question, pour un documentaire sur l’impact de la violence à la télévision sur les jeunes spectateurs. Dans un email reçu peu après la tragique tuerie qui a causé 33 morts à Blacksburg hier, le professeur Prince ne manquait pas de relever à quel point notre conversation théorique d’alors le ramenait « littéralement » au cœur de sa réalité.   

Dans cet entretien, Stephen Prince disait déjà sa conviction sur l’effet de la violence au cinéma sur les spectateurs, les plus jeunes en particulier. Le matraquage d’images fortes – un Américain moyen verrait près de 20 000 morts violentes simulées sur écran au cours de sa vie – désensibilise le spectateur, expliquait Prince, « raison pour laquelle les cinéastes travaillent tellement leurs scènes de violence, toujours plus longues, plus étoffées et sophistiquées dans leur mise en scène et leur montage, avec gros plans, ralentis, mouvements de caméras inattendus, pour à chaque fois, capter l’attention ».

Il avait analysé pour nous plusieurs films, dont Bonnie and Clyde d’Arthur Penn
, Orange Mécanique de Stanley Kubrik et le désormais incontournable « Basketball Diaries », avec Leonard di Caprio dans le rôle de l’étudiant psychopathe et tueur. C’est ce film qui aurait, croit-on, inspiré les deux jeunes tueurs de l’école Columbine, l’autre tragédie qui avait secoué l’Amérique, le 19 avril 1999, à Denver, au Colorado. On avait beaucoup glosé alors sur « l’effet copycat », l’effet d’imitation, que ces films induisent sur des jeunes gens perturbés, mal dans leur peau, rejetés parfois par leurs pairs.

Rien n’indique qu’une situation similaire ait été à l’œuvre à Blacksburg, mais cette tragédie, comme les précédentes à Columbine (15 morts), Jonesboro en 1998 (5 morts, les tueurs avaient 11 et 13 ans) ou plus près dans le temps, l’automne dernier dans la petite communauté Amish de Bart Township (5 morts), ramène à ces mêmes questions. Pour d’autres spécialistes, la violence sur les écrans ne serait que le reflet de la violence inhérente à la société américaine, et non l’inverse. Et de citer pêle-mêle, l’origine violente des premières années de l’histoire du pays, la mentalité des pionniers de l’ouest ne pouvant compter que sur eux-mêmes dans un environnement hostile, et plus près de nous, la violence des ghettos.

Ce qui surprend surtout à chacune de ces tragédies de masse, c’est, malgré le choc, le degré d’acceptation de cette brutalité. Les confrères américains, lors de la première conférence de presse de la police, quelques heures après la tuerie, s’étonnaient des faibles mesures de sécurité autour du campus, s’inquiétaient du manque de préparation de l’Université face à un tel événement, comme si il était évident qu’une école ou une université devaient désormais compter avec ce type de raptus homicide.

En filigrane bien sûr, l’éternel débat qui ne manquera pas de rebondir sur la libre circulation des armes à feu aux Etats-Unis, intouchable au nom du sacro-saint deuxième amendement de la Constitution qui garantit le droit à la libre défense et au port d’arme. Le tueur se serait servi de deux armes, un 9mm et un 22 calibre. Depuis Columbine pourtant, et malgré l’onde choc qu’avait créé ce massacre, aucune nouvelle législation sur le port d’arme n’a été déposée au Congrès. Pire, le moratoire de dix ans sur la vente des armes d’assaut semi-automatiques, adopté au début du mandat de Bill Clinton en 1994, n’a pas été reconduit en 2004.

 

 

Envie d'Amérique?

Angelinaandmaddox05 Envie de vous expatrier aux Etats-Unis? Les écoles de la Nouvelle Orléans manquent cruellement d'enseignants en général, de francophones en particulier. Via le blog de Sandrine et Tantely, tous deux expatriés et enseignants dans la Crescent City, voici deux annonces qui pourraient intéresser les candidats au départ.

Qui sait, si ça marche, vous pourriez même devenir potes avec Angelina et Brad. Ils viennent d'inscrire le petit Maddox dans une école d'immersion de la ville.
Pour le coup, si ça marche, je demande à être invitée au BBQ de fin d'année.
Bonne chance!

Obama goes south

Img_2556 Je n'ai pas le souvenir d'une campagne présidentielle américaine ayant démarré si tôt et nous sommes encore à un an de la primaire du New Hampshire. (Ok, je n'en ai couvert que trois...). Time Magazine relevait la semaine dernière que le champs n'avait plus été aussi ouvert depuis 1928 en raison de l'absence d'un président sortant ou d'un vice-président sur les rangs (tiens, Time a donc éliminé Al Gore. Sa nomination aux Oscars et celle au Nobel de la paix pourraient pourtant lui servir de joli tremplin et il peut faire valoir son opposition de toujours à la guerre en Irak et son engagement pour la sauvegarde de l'environnement).

Je vois dans cette frénésie précoce le besoin d'occuper le terrain au plus vite à un moment où le pays est en profonde quête d'identité et a en grande majorité lâché Bush, républicains compris. La guerre contre le terrorisme ne prend plus, les dépenses astronomiques qu'elle impose ne justifient plus, pour nombre d'Américains, les coupes sévères dans le budget social. D'où la nécessité pour les wannabe présidents de se présenter rapidement pour forcer, d'une certaine manière, les dossiers de 2008. (et aussi pour lever suffisamment de fonds, histoire de tenir la route. La dernière présidentielle avait déjà été la plus chère de l'histoire; celle-ci battra sûrement ce record.). Ils sont déjà une vingtaine en lice.

Obama Parmi eux, Barack Obama. Le sénateur-candidat de I'Illinois était la semaine dernière à la Nouvelle Orléans pour des auditions du Sénat sur le "terrain" (fields auditions). La nuée de journalistes débarqués de Washington (et de l'étranger, j'ai repéré une collègue allemande en pamoison à chaque fois que le bel Obama prenait la parole)* n'en avait que pour lui. "Monsieur Obama, si vous étiez Président que feriez-vous pour aider la Nouvelle Orléans?" Monsieur Obama, si vous aviez été Président pendant Katrina, qu'auriez-vous fait?". Elégant, Obama répond toujours, mais évite le "si j'étais président". Il lâche tout de même qu'il n'aurait pas attendu 3 jours pour venir voir de lui-même et certainement pas par un survol à bord d'Air Force One.

Sa venue en Louisiane n'était pas anodine. Il y a d'abord l'électorat noir à convaincre qu'il est bien un des leurs. Certains en doutent, car né de père africain et de mère blanche du Kansas, il ne partagerait pas l'histoire et les souffrances des Afro-Américains. Mais surtout, il y a un état à prendre. La Louisiane avait brièvement fait partie des fameux "swing states" (Etats indécis) en 2004, pour tomber assez vite dans le camp républicain. Il en ira autrement en 2008. Le ras-le-bol contre l'administration Bush est ici assourdissant.

Il y a évidemment les laissés-pour-compte pendant Katrina, noirs et pauvres dans leur majorité, mais il y a surtout l'ensemble de la population du Sud de la Louisiane, toute race confondue, qui ne comprend pas que l'aide fédérale mette tant de temps à arriver, qui comprend encore moins les chicaneries de la FEMA (l'agence fédérale de gestion des catastrophes), qui menace tous les six mois de ne pas prolonger le droit à l'assistance au logement, qui ne supporte plus les différences de traitement entre le Mississippi (républicain) et la Louisiane (dont les élus locaux sont en majorité démocrates). L'omission de Katrina par Bush dans son dernier discours de l'Union a été le pompon.

M. Obama a osé quelques propositions qui ne sont pas tombées dans les oreilles d'abstentionnistes. S'il convainc le Congrès de voter une rallonge pour la Louisiane, on se souviendra de lui dans ce coin de pays.

*FGO (For girls only): oui, il est vraiment canon.

paroles, paroles

C'était pourtant sa promesse de campagne. le sénateur Joe Lieberman, indépendant, anciennement démocrate, avait promis de lancer une vaste enquête sur les manquements du gouvernement pendant et immédiatement après Katrina et de forcer l'administration Bush à publier des documents internes potentiellement explosifs. Réélu comme indépendant - il avait perdu la primaire démocrate mais n'avait pas hésité à se représenter pour l'élection générale sans bannière - Joe Lieberman a été nommé Président de la toute puissante commission de la Sécurité nationale (Homeland Security).

Les démocrates sont obligés de le caresser dans le sens du poil, car Lieberman leur permet, en faisant caucus avec eux, de maintenir la courte majorité d'une voix qu'ils détiennent au Sénat. Partisan de la première heure de la guerre en Irak, Lieberman, qui n'est plus en odeur de sainteté chez ses anciens amis démocrates, cherche à jouer désormais la carte de la réconciliation entre les partis et opte donc pour un répit sur Katrina. On l'imagine, sa décision est malvenue en Louisiane et plusieurs parlementaires de cet état ont déjà fait savoir qu'ils forceraient l'idée d'une enquête à la Chambre des réprésentants.

Though he promised to launch an investigation into the government wrongdoings during and after Katrina during his campaign, Senator Joe Lieberman, as new President of the Homeland security Committee, is now downplaying the whole inquiry thing. The democrats might be angry, but they also know they need the former-democrat-turned-independent-to-get-reelect in his State of Connecticut, in order to keep the tiny majority of one they hold in the Senate. Lieberman promised to caucus with the democrats in exchange of the high position he now occupies.

Being seen as a renegade by most rank and file democrats, Lieberman has bet to play a new role: master of bipartisanship. Will he get anything from the president for letting the failures of Katrina go? At this point, one thing is sure: no one is pleased in Louisiana. Several members of the Louisiana delegation in Congress have already made clear they will push for a full investigation, probably through the House of representatives.

New kid on the block

A vos blogrolls, Philippe Coste, le correspondant US de l'Express, reprend du service blogosphérique. Après un blog audio durant la campagne présidentielle 2004, il nous revient pour raconter sa New York Coast.



le sixième quartier/the 6th borough

PhiladelphiaticketC'était d'abord comme une plaisanterie. "Déménageons à Philly!", se disait-on quand le prix des appartements a commencé à flamber à la fin des années90, même à Brooklyn. Puis, il y a eu les premiers départs, il y a deux ou trois ans. Des potes de potes, artistes, web designers, restaurateurs. Ils avaient trouvé qui un loft dans une vieille usine du Nord de Philadelphie, qui un local sympa à reconvertir en resto dans la vieille ville près de la rivière Delaware, un autre encore un appartement de trois pièces avec jardin et terrasse au prix d'un minable studio à New York. Même la navette reste supportable, de gare à gare, Philly n'est jamais qu'à 1h15 de Pennstation.

Et puis ce week-end, c'était au tour d'un couple d'amis proches de m'annoncer qu'ils envisageaient sérieusement de déménager dans la ville de l'amour fraternel. Les artistes à New york ont toujours été les premiers à redonner vie à des quartiers oubliés, abandonnés ou sommeillant. L'East Village dans les années 60, Soho dans les années 70, suivis plus tard par le Lower East Side, et parce que Manhattan devenait trop étriqué, ils ont ensuite bougé à Brooklyn, vers Williamsburg, DUMBO, Red Hook. Autant d'endroits déjà branchés et souvent hors de prix.

Alors Philly? le prochain quartier?. L'idée paraissait improbable, et pourtant. Une étude de la New York University vient de confirmer ce que tout New Yorkais censé subodorait. Le prix moyen des loyers non subventionnés a augmenté de 20% en trois ans alors que le salaire moyen du New Yorkais est passé de 42 700 à 40 000 $ pendant la même période. Alors Philly? une vue de l'esprit? Les convertis assurent que la vie culturelle y est débordante de vitalité. Des petits malins ont déjà lancé des tours guidés sur mesure.

add: qu'est ce que je vous disais

Love_medThe old joke "let's move to Philly" looks like no joke anymore. At first, they were just a few of them. Artists in need of huge space for their work. Lofts are plenty in Philly and still affordable. Then, just regular Joe's and Jane's, sick of paying ridiculous amount of money for shoebox apartments, start making the move too. For the price of a studio you can find a three bedrooms in the City of Brotherly love. Sometimes even with a rooftop or a garden.

Last week, a very good friend told me about her plan to move to Philadelphia too. What could become of Philly in a few years? After all, the East Village, Soho, Dumbo and now Red Hook got their fame once the artists moved there. Will Philly become the next hip city in the country? Some already praised its very lively musical scene. Other did not loose time smelling a good opportunity.

le savoir des aïeules

Au moment de quitter mon acupunctrice tout à l'heure, elle me lance: "couvrez-vous bien!", avant de sourire en voyant l'épais chandail en laine que j'enfilais sur le pas de la porte. "Evidemment, ce n'est à une Européenne que je dois dire ça". Je surenchéris en y allant de mon petit commentaire sur les épaules très vide dénudées des Américaines au moindre rayon de soleil. Sur ma lancée, j'en profite pour m'étonner toujours et encore de l'insupportable rugissement de l'air climatisé dès le mois de mai arrivé même quand le mercure se prend pour du plomb.

Et mon acupunctrice, philosophe, de rajouter: "Nous avons perdu notre bon sens ici, parce qu'on nous a coupés de nos grands-mères". J'ai aimé cette idée de l'Amérique perdant son bon sens parce que séparée de ses aïeux.

I was about to leave the office of my acupuncturist when she told me: "and don't forget to cover your shoulders".  She had to laugh though when she saw my thick wool jacket. "Of course, i shouldn't say that to an European, you are not like us Americans, going out with naked shoulders". I couldn't agree more. And I told her how surprised I have always been in spring to see how fast Americans trade their boots for tongs and their coats for small sleeveless tank tops.

She snapped back: "Yeah, we lost our common sense, since we were separated from our grand-mothers". I stayed with that thought the entire night.

My Photo

au fait



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