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Les mots des autres

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les coulisses (sonores) de la campagne

Vous vouliez savoir à quoi ressemblent (parfois) les conférences téléphoniques auxquelles les journalistes sont invités. En voilà un bel exemple. La conférence a été convoquée par le camp Clinton pour se plaindre de certaines irrégularités lors des caucus du Texas. Surprise, un avocat de Barack Obama, Bob Bauer, s'y invite. C'est celui qu'on entend au début. Son interlocuteur, Howard Wolfson, est le directeur de la communication de Hillary Clinton. Certains jours, nous sommes invités à trois ou quatre de ces conférences, et elles peuvent durer jusqu'à une heure.

Les neocons sous le charme d'Obama

C'est presque une épidémie. Les conservateurs les plus ultras ne trouvent pas de mots assez forts pour louer les vertus de Barack Obama. Dimanche, à Manchester dans le New Hampshire, je tombe sur Michael Gerson, ancien conseiller de George Bush et ancien auteur de ses principaux discours ("l'axe du mal", c'est lui). Parlant du discours d'Obama lors de sa victoire en Iowa le 3 janvier, il me dit: "C'était un discours digne d'une convention, un des plus beaux discours politiques que j'aie jamais entendus". Un reproche? Si tout de même: "il n'a toujours pas détaillé des politiques créatives qui reflètent son appel à l'inclusion".

Dans la même journée, je croise Bob Novak à la sortie d'un meeting de John McCain. Ce chroniqueur passionné de la politique américaine depuis près de 50 ans est sous le charme: "Je n'avais pas vu quelqu'un générer un pareil enthousiasme depuis Bobby Kennedy". Les raisons du succès d'Obama à son avis? "Il est jeune, nouveau, frais, métis ce qui est très inhabituel en politique, c'est un grand orateur, je connais peu de gens qui parlent aussi bien que lui, la plupart des autres candidats ne savent pas parler et Hillary assommerait même un chien".

Obama n'est pourtant pas exactement un modèle pour la droite ultra, qui aura tôt fait de le peindre comme un "libéral" s'il devait remporter la nomination (William Kristol a déjà commencé dans le New York Times, dans une chronique qui sonne tellement démodée). Ou alors faut-il y voir un calcul sournois, une volonté de le faire passer comme acceptable pour les républicains histoire de faire douter les démocrates les plus à gauche et donner ainsi la victoire à Hillary?

Quand je demande à Bob Novak s'il pense qu'Obama a la moindre de chance de remporter l'élection générale face un républicain, j'ai eu droit à un grand. "YEAH! les républicains sont terrorisés à l'idée d'Obama. Toute la stratégie républicaine est axée sur la nomination d'Hillary".


trublion républicain

Ron Paul, le député texan candidat à la nomination républicaine, continue de surprendre son monde. S'il ne décolle pas vraiment dans les sondages, ses supporters font suffisamment de bruitRonpaul pour qu'on les entende. Ils se sont ainsi déplacés en nombre ce soir pour le débat républicain tenu à Manchester, dans le New Hampshire, le petit état de Nouvelle Angleterre où se tiendra la première primaire des deux partis en janvier prochain.

Le discours anti-guerre et libertarien fait des émules. Ron Paul affirme surtout qu'on peut être républicain ET anti-guerre. "Il défend les libertés individuelles, il est responsable fiscalement, socialement tolérant. Et il nous rappelle qu'on peut être de droite et contre cette guerre", affirme Bonnie Seott, un analyste-programmateur de 35 ans qui a fait le déplacement de Burlington, la capitale du Vermont voisin, quand bien même il n'a pas décroché de ticket pour la salle du débat.Supportersronpaul_2

Le candidat savoure l'attention qu'on lui porte, il a eu droit aux louanges de l'animateur satirique Bill Maher et à une invitation remarquée au daily show de Jon Stewart. Tout à l'heure, les journalistes ne le lâchaient plus à la fin du débat. J'ai pu lui poser quelques questions dans la mêlée.

Q:Pensez-vous pouvoir changer la donne du débat au sein du parti républicain par votre opposition à la guerre en Irak?

Ron Paul: Je l'espère. C'est certainement une position qu'on écoute. Une question (pendant le débat) portait sur la façon d'élargir l'influence du parti républicain, dommage qu'elle ne m'ait pas été adressée, parce que les soutiens que je reçois viennent d'indépendants et de démocrates et de beaucoup de républicains. Au moins un tiers des républicains sont très opposés à cette guerre. Ici, au New Hampshire, tout le monde me dit que nous avons perdu (les législatives) en novembre dernier à cause de la guerre.

Q: vous dites vouloir changer la politique étrangère des Etats-Unis, comment?

Ron Paul:Nous avons développé une politique isolationniste, nous nous sommes isolés du reste du monde, nous avons plus d'ennemis que d'amis qu'à n'importe quel moment de notre histoire et c'est pourquoi j'appelle à une révision totale de notre politique étrangère, à la conversion de notre interventionnisme en non interventionnisme, ce qui est notre tradition, ce qui correspond d'ailleurs à notre Constitution et qui correspond à ce qu'avaient préconisé nos pères fondateurs. 

Q:que répondez-vous à la stratégie actuelle sur la dépendance au pétrole?

Ron Paul: Le pétrole? que font les Japonais, est-ce qu'ils lancent des guerres au Moyen-Orient? Non, ils vont juste à Amsterdam et l'achètent sur les marchés. Nous avons moins de pétrole en raison de nos actions, le prix du baril n'a fait qu'augmenter depuis que nous sommes impliqués en Irak et depuis que nous menaçons l'Iran, alors que si nous avions une politique non interventionniste, ils seraient entrain de produire du pétrole, et chercheraient à nous le vendre. Cette idée que nous devons posséder le pétrole est une idée vieillie, c'est du mercantilisme, du protectionnisme. Il n'est pas nécessaire de posséder toutes les ressources. Nous vivons dans une économie mondiale, il y a des marchés et le degré de liberté de chaque pays n'a pas de réelle importance, car les motivations sont les mêmes. Le but c'est de vendre du pétrole. 

Q. vous dites que l'Iran n'est pas une menace ?

Ron Paul: Cette idée que nous devons placer des missiles en Europe de l'Est et antagoniser la Russie parce que l'Iran pourrait envoyer un missile qui survolerait l'Europe et arriverait aux Etats-Unis est groteque. Ils ne sont pas plus une menace que ne l'étaient les Irakiens.  J'étais dans l'armée pendant cinq ans quand les Soviétiques avaient 40000 de ces missiles pointés vers nous et vous me dites que nous ne pouvons pas règler notre différend avec les Iraniens.


les moulins

J'ai été frappée aujourd'hui par l'absence de sécurité pour accéder à la salle du Sheraton à Manhattan où Barack Obama donnait un discours. Je m'étais certes inscrite. Mais par un simple email au service de presse de la National Action Network qui tenait ses assises annuelles. Arrivée à l'hôtel, on me demande de remplir une feuille, personne ne me demande un papier d'identité, personne ne vérifie si mon nom figure sur une liste de journalistes préinscrits. Personne ne s'avise de fouiller mon sac.

Pareil dans la salle. J'ai alors pensé à Bob Kennedy. Puisque c'est le candidat auquel mes confrères américains font le plus souvent allusion lorsqu'ils cherchent à comparer (c'est une obsession chez eux de chercher un modèle) Barack Obama à un candidat du passé.

Maria Pia Mascaro

West Wing dans la presse

Candidats démocrates

candidat républicain

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