Fin de partie pour Clinton?
Hillary Clinton avait espéré conserver le momentum gagné après l'Ohio et la Pennsylvanie. Elle comptait sur une victoire nette en Indiana et une défaite serreé en Caroline du Nord voire même une victoire suprise sur le fil. C'est le contraire qui s'est produit. Barack Obama a décroché la Caroline du Nord par 56% des voix contre 42%, et il a n'a concédé la défaite Indiana que de quelques voix. (A l'heure où je me couche, l'écart n'est plus que de 20 000 voix sur 95% des bulletins dépouillés 51%-49%).
Sans attendre les résultats définitifs de l'Indiana, Hillary Clinton a fait un discours toute en défiance, annonçant qu'elle allait "aller à grande vitesse vers la Maison-Blanche". Mais le coeur ne semblait pas y être. Il lui sera difficile de convaincre les superdélégués de la soutenir contre le verdict des urnes. Même l'argument du vote populaire, qu'elle espérait pouvoir faire valoir ne fonctionne plus.
Avec sa victoire en Caroline du Nord, Barack Obama a en effet effacé le nombre de voix que la sénatrice de New York avait engrangées en Pennsylvanie. Même en comptant la Floride et le Michigan, il paraît désormais impossible pour l'ancienne First Lady de dépasser Barack Obama dans le vote populaire (je rappelle que ce sont de toute façon les délégués qui comptent et non les voix). Hier soir encore, Hillary Clinton s'accrochait à cette hypothèse: "Comment peut-on choisir notre nominé dans 48 états seulement?", allusion bien sûr aux deux états dont les résultats ont été annulés pour avoir avancé la date de leurs primaires contre l'avis du parti national.
Pour Obama, la victoire était savourée. Ces deux scrutins ont montré que la controverse sur son pasteur n'a pas complètement entamé sa crédibilité auprès des démocrates. Ce sera bien sûr une autre affaire à l'automne. Les républicains se feront un plaisir de rappeler les propos incendiaires du réverend Jeremiah Wright. Mais comme l'a montré le duel avec Hillary Clinton, les Américains ont d'autres soucis en tête: l'économie au premier rang. Et sur ce point, Obama a refait son retard hier. 47% des électeurs préoccupés par la situation économique ont voté pour lui contre 53% pour Hillary Clinton. Ces électeurs lui avaient été nettement moins favorables en Pennsylvanie et Ohio.
Hillary Clinton n'a pas encore jeté l'éponge. Mais la rumeur hier voulait que sa campagne soit à nouveau en difficulté financière, qu'elle aurait, comme à la fin janvier, puiser dans sa fortune personnelle pour rester à flots. Une poursuite de cette campagne sonnerait à ce stade davantage comme une volonté de détruire Barack Obama, pour l'affaiblir en novembre et garder ensuite toutes ses chances pour 2012.
Je doute de ce scénario. Je pense davantage à un retrait dans les les prochains jours, voire après les deux prochains scrutins, les 13 et 20 mai, histoire de terminer sur deux victoires (au Kentucky et en Virginie occidentale), ce qui lui permet de terminer non seulement la tête haute mais en position de force pour négocier un poste dans la prochaine administration ou au Sénat.
Affaire à suivre, je vais me coucher, à demain!








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